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JO 1968 : la France à l’unisson derrière ses champions

GOITSCHEL KILLY
STAFF I AFP
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Le mouvement olympique français célèbre cette année les 50 ans des JO d’hiver de Grenoble 68, les deuxièmes de ce type organisés en France après ceux de Chamonix en 1924. L’occasion de se replonger sur les douze jours de compétition durant lesquels le pays tout entier s’est fédéré autour de ses champions, suivant et célébrant leurs performances avec ferveur.

Parmi les médaillés tricolores ayant conquis le cœur des Français, deux noms se sont nettement distingués des autres. Ceux de Jean-Claude Killy, triple médaillé olympique à Grenoble, et Marielle Goitschel, médaille d’or en slalom, devenus dans un espace-temps très réduit de véritables « héros » nationaux passé aujourd’hui à la postérité.

« Dans l’esprit des gens qui ne suivent plus le ski, les champions français restent Killy et les sœurs Goitschel (Christine avait enlevé l’or olympique en slalom déjà, lors des Jeux d’Innsbruck 1964). Nous avons été les premières médaillées olympiques françaises aux JO d’hiver et nous avons été décorées de l’Ordre national du Mérite par le général De Gaulle en personne », expliquait récemment à France Bleu Marielle Goitschel. Tout au long de cette olympiade, Killy et Goitschel ont vampirisé l’espace médiatique et particulièrement les unes de presse écrite. « Marielle : classe + expérience = médaille d’or » titrait l’Équipe au lendemain du succès de la skieuse. « Killy réussit le grand chelem » saluait pour sa part le Dauphiné Libéré.

« On pensait que ça n’existait qu’en Autriche… »

Des médias séduits et un public français qui s’est prêté « aux Jeux », fêtant parfois avec excès, les performances de ses champions. « Pendant dix jours, nous n’avons pas fermé. Il y avait d’abord les petits déjeuners à partir de 6 heures du matin. Et puis le soir, vous aviez des gens qui faisaient un petit peu la fête et qui traînaient. Les derniers clients partaient vers trois ou quatre heures du matin. Sachant qu’à six heures, il fallait être prêt… On avait juste le temps de faire un petit peu de ménage et approvisionner les frigos », témoigne à France Bleu Patrice Goy, dont les parents tenaient alors un restaurant situé au pied des pistes de la station de Chamrousse qui accueillait les épreuves de ski alpin.

« Les Français étaient venus en masse. On pensait que ça n’existait qu’en Autriche… Eh bien pas du tout ! Ça existait en France ! », atteste Marielle Goitschel. Selon les chiffres de l’époque, plus de 10 000 personnes ont ainsi été logées à Grenoble tout au long des Jeux Olympiques. Outre la chaleur de ses supporters, qui tranchait alors avec les températures négatives relevées dans l’air, les champions français ont pu compter sur la mobilisation de nombreuses personnalités issues du milieu musical de l’époque. Johnny Hallyday, Claude François, Dalida, Charles Aznavour, Sylvie Vartan… Les stars du moment ont effectué le trajet Paris-Grenoble pour afficher leur soutien à la délégation française. L’idole des jeunes est même allée jusqu’à donner un concert pour encourager les troupes nationales.

« Te fais pas tant d’souci, c’est gagné mon Killy ! »

L’été précédant l’ouverture des Jeux, Hugues Aufray chantait carrément sur les plateaux de télévision « C’est tout bon », véritable hymne à la gloire de Killy. « Le grand Jean-Claude Killy un jour à Chamonix, Se f’sait bien du souci en chaussant ses beaux skis, Il se dit : “Sapristi ! Quel fichu temps pourri ! C’est pas joli joli pour courir aujourd’hui” Petit gars du pays s’approcha et lui dit “Te fais pas tant d’souci, c’est gagné mon Killy !” », disait notamment les paroles.

Une fois le rideau des JO tiré, l’enthousiasme n’a pas pour autant désempli. À leur retour à Val d’Isère, la station savoyarde dont ils sont issus, Jean-Claude Killy et Marielle Goitschel ont été reçus en véritable héros. Devant plusieurs centaines de personnes, dont certaines arboraient des masques à la gloire de Killy, ils ont défilé sur un char dans les rues de la ville où, symboliquement, une flamme olympique factice avait été installée devant la mairie. Les champions ont ainsi reçu des mains de Noël Machet, édile local, la médaille d’honneur de la ville avant d’assister à un feu d’artifices tiré en leur honneur. De quoi prolonger la joie née de leur performance grenobloise.

L’abbé Chauvin, supporter de l’ombre

Bien avant de susciter l’engouement national lors des JO, Jean-Claude Killy et Marielle Goitschel avaient pu compter, à Val d’Isère, sur un compagnon d’entraînement inattendu, un supporter de l’ombre, sans doute pas étranger à leur réussite. En l’espèce, l’abbé Chauvin, le curé de la station. « Le jeudi, il y avait catéchisme mais pour Marielle et et moi, le caté n’était pas ma tasse de thé, alors on se tirait au ski. Il nous pourchassait à skis sur les pistes – qui n’avaient rien à voir avec le domaine skiable actuel – pour nous ramener. C’était un excellent skieur. Il fondait sur nous la soutane au vent et, quand il nous rattrapait, il nous tirait les cheveux. Le jeu était de crier plus fort que la douleur qu’on ressentait », racontait, en février 1998, Jean-Claude Killy au quotidien du soir Le Monde.

Une querelle de bonne guère puisque, pas rancunier pour un sou, le même abbé Chauvin avait décidé, le jour de la descente remportée par « Toutoune » (surnom donné à Killy), de remplacer la séance de catéchisme initialement prévue par… la diffusion en direct de la prestation du champion à la télévision !

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