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Votre âme est malade ? Suivez les conseils de ce moine du IVe siècle

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Quand on n’a rien envie de faire, qu’on se sent mélancolique ou désespéré, c’est que notre âme souffre peut-être d’une forte dépression que l'Église appelle « acédie », un mal spirituel qui peut se révéler très dangereux.

L’acédie est « une sorte de torpeur, de mélancolie de l’âme », expliquait le pape François dans une de ses homélies du matin à Sainte-Marthe. Et pour ceux qui l’ignorent, c’est un péché, a-t-il ajouté, qui paralyse la foi et doit être combattu. Oui, mais comment ? Évagre le Pontique, un moine vivant en Égypte au IVe siècle s’est beaucoup intéressé à la question, rangeant effectivement cette « maladie spirituelle » parmi les huit « mauvaises pensées » qui viennent perturber insidieusement la vie psychique du chrétien. Plus tard, le pape Grégoire le Grand remaniera cette liste et en réduira le nombre à sept, donnant naissance aux fameux « sept péchés capitaux ». 

L’acédie, selon Évagre le Pontique, n’est pas une simple paresse comme on a tendance à penser et comme on l’entend aujourd’hui, mais la manifestation d’un « dégoût » profond pour ce que l’on est en train de faire, qui éteint la joie de vivre et amène souvent à penser « je suis bien comme ça, je me suis habituée… La vie a été injuste avec moi », mais le cœur plein de ressentiment et d’amertume. Bref, tout le contraire de l’état d’esprit que le Seigneur attend du croyant : « Une vie, quelle qu’elle soit, conduite avec joie, sans se plaindre et tomber dans l’acédie qui paralyse », souligne le pape François.

Évagre le Pontique (346-399) est reconnu comme un fin psychologue. Les professionnels du fonctionnement psychique, s’en sont inspirés et s’en inspirent encore aujourd’hui pour reconnaître les symptômes de la maladie et trouver les bons remèdes pour les combattre. Voici ces symptômes et remèdes :

Les dix symptômes

1) Peur exagérée des obstacles rencontrés sur le chemin de la vie : « Il y a comme une paralysie, décrit Évagre le Pontique. La personne a peur, s’affole, et se paralyse devant n’importe quelle difficulté… ».

2) Aversion pour tout ce qui demande un effort. La personne sent comme une vraie « répulsion » et refuse de s’engager dans une chose qui, il le sait, lui demandera des efforts.

3) Difficulté à respecter l’ordre, les règles. Ou inconstance, instabilité continue, dans les actions entreprises. Elles sont bonnes mais la personne ne s’y tient pas.

4) Incapacité à résister aux tentations. Et du coup aversion pour les personnes zélées qui, à ses yeux, sont « odieuses » car elles font tout bien, savent observer les règles.

5) Perte d’un temps précieux pour apprécier ce que nous renvoient nos sens. Se fermer à la curiosité, au plaisir de s’amuser…

6) Inquiétude excessive pour la santé physique jusqu’à devenir une obsession.

7) Recherche des causes extérieures au malaise ressenti, à la maladie détectée : cela peut être le travail, vécu jusqu’ici avec tant de sérénité. Celui-ci devient un poids, oppressant, insupportable. La personne atteinte d’acédie a du mal à se lever le matin. Supérieurs et collègues deviennent « odieux » à ses yeux.

8) Sentiment d’injustices sans aucune objectivité ou si elles sont réellement subies, ressassées en permanence, comme une obsession. Elles deviennent son souffre-douleur.

9) Recherche de boucs émissaire, sentiment de ne plus être aimé. Tout s’écroule : plus personne n’est là pour vous consoler.  Déception… Par exemple, dans les communautés paroissiales, on entend parfois dire certains : « J’étais venu croyant trouver qui sait quel climat, mais ici il n’y a rien ».

10) Hyperactivité pour calmer l’inquiétude.

La personne atteinte d’acédie multiplie ses gestes de générosité à l’égard d’autrui comme un devoir, toujours prête à servir, à faire quelque chose pour l’autre, à satisfaire une bonne intention, un désir, mais qui n’est que la sienne ou le sien. Son inquiétude, ce sentiment de vide qui l’accompagne, lourd à porter, le rend hyperactif. Il croit que c’est le chemin de la vertu chrétienne de l’amour, mais cela n’a rien à voir avec l’amour.

Contre ces maux, Évagre le Pontique propose cinq remèdes :

1) Discernement

Discerner la vraie intention qui est à la base de ce que nous faisons ou négligeons. Voir si nous faisons le bien pour nous-mêmes ou s’il s’agit d’une instrumentalisation, pour servir des buts égoïstes. L’égoïsme, qui n’est autre que l’amour de soi, porte à la longue au découragement, à la perte de l’espérance, au doute. Jusqu’à remettre en question sa vocation : « Ce n’était peut-être pas ma voie, je me suis trompé ». Le remède est donc de bloquer absolument ces doutes insidieux, avant qu’ils ne rongent totalement notre confiance.

2) Patience

La patience en tant que capacité à résister. Comme l’inquiétude porte à changer de lieu, de situation, il faut que la personne atteinte d’acédie s’accroche à quelque chose qui va contre cet état d’esprit et l’empêche d’évoluer jusqu’au délire. Pour Évagre le Pontique, ce quelque chose est la vertu de la « pierre », rester accroché au « me voici » fondamental de la Bible, qui signifie « je suis là, je ne fuis pas, je ne souhaite pas d’autre situation que celle que je vis ». Ce n’est pas se dire : « Ah si j’avais une autre famille, une autre paroisse, d’autres amis, d’autres relations, qui sait ce que que je pourrais faire », qui serait une tromperie, une illusion.

3) Stabilité

Travailler sur la stabilité en tant que stabilité intérieure surtout, qui favorisera une stabilité physique dans le temps et dont le moteur sera la « patience ».

4) Prière

Avoir recours à la prière. Au début à une prière toute simple, qui s’accompagnera peut-être de larmes de tristesse. Récitée dans le silence de la nuit, sans que personne ne s’en aperçoive, « tu trouveras la grâce », assure Évagre le Pontique. Quant aux larmes, elles sont salutaires. Les larmes sont en effet la manifestation d’un passage d’un état de tristesse négative à une tristesse selon Dieu, souligne le moine. Car il y a deux types de tristesse : celle de celui qui est vraiment découragé, sans espérance, dans une dépression la plus noire, et puis celle de ceux qui ont conscience de leurs limites, mais croient en la miséricorde et en l’amour de Dieu. La première est sans Dieu, la deuxième selon Lui. C’est la fameuse contrition du cœur, une expérience spirituelle très forte.

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