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Père René-Luc : la parabole du boulet ou comment évangéliser sans s’imposer ?

3 min de lecture
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Crédit : shutterstock

Récits allégoriques, les paraboles s'avèrent de puissants moyens d'annoncer la parole. Fondateur avec Mgr Carré de CapMissio, l'école de Mission de Montpellier, le Père René-Luc a décidé d'utiliser le même moyen pour évangéliser.

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Récits allégoriques, les paraboles s’avèrent de puissants moyens d’annoncer la parole. Fondateur avec Mgr Carré de CapMissio, l’école de Mission de Montpellier, le Père René-Luc a décidé d’utiliser le même moyen pour évangéliser.

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Dans sa parabole du boulet, le père René-Luc se demande : « Pourquoi oser témoigner de sa foi ? » Le prédicateur commence en citant un passage du Youcat, le catéchisme de l’Église catholique pour les jeunes, qui l’a « interpelé ». Il s’agit d’une phrase de Paul Claudel : « Ne parle du Christ que si on te le demande, mais vis de telle manière qu’on te le demande ! ». « Je ne suis désolé, je ne suis pas tout à fait d’accord avec », lance le père René-Luc. Selon lui, il ne faut pas « attendre qu’on nous pose des questions ». Car aujourd’hui, dans notre société laïque, « les gens sont (…) dans l’indifférence totale ». « Même si tu vis pleinement ta foi, les gens ne vont pas venir te poser des questions », explique-t-il.

Le devoir d’annoncer la foi

Il évoque alors l’Évangile de Matthieu, chapitre 28, verset 19 : « Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. » Le prédicateur cite alors Jean Paul II, qui « rebondit d’une autre manière », dans l’encyclique Redemptoris Missio publiée en 1990. Pour l’ancien Pape : « Il faut annoncer notre amour de Dieu. » « L’évangélisation, déclare le père René-Luc, c’est le premier service que l’on rend aux hommes. » Mais, c’est aussi un service à soi-même : « Lorsque que tu missionnes tu te fortifies. » Car, pour Jean Paul II, « la foi s’affermit lorsqu’on la donne. » Il ne faut pas avoir peur de passer pour un « fanatique dans un monde laïc », qui prône la tolérance et l’ouverture, ou pour un témoin de Jéhovah. 

Un homme attaché à un boulet

Il raconte alors la parabole du boulet. Il demande au public d’imaginer un homme qui éprouve des difficultés à marcher, car il a un boulet attaché à la jambe. Celui qui ne témoigne pas de sa foi à ceux qui ne l’ont pas est alors semblable à celui qui aurait la clé et passe à côté de cet homme attaché à un boulet, en sifflotant et lui disant : « Mais moi, je te respecte, chacun sa life mon gars. » Celui qui témoigne de sa foi agit au contraire comme celui qui déclare : « Tu sais quoi ? j’ai la clé ! ».

L’homme au boulet a alors le droit de refuser. « Tu n’imposes pas ta clé, tu la proposes », souligne le père. Pour lui, nous avons le « devoir de proposer notre foi de manière délicate » et les autres ont « le droit qu’on la propose ». Il cite alors le dominicain anglais Timothy Radcliffe : « Un chrétien qui évangélise, c’est un crucifié (…), mais un chrétien qui n’évangélise pas, qui ne parle pas de sa foi, il est déjà mort. »