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Pourquoi les patronages reviennent-ils à la mode ?

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Mathilde de Robien - Publié le 21/11/17

Savez-vous qu'un « patro » ouvre à Paris tous les 6 mois ?! Depuis la réforme des rythmes scolaires dans l’enseignement primaire en 2013, les patronages, délaissés depuis les années 50, ont de nouveau le vent en poupe. Comment expliquer un tel succès ?

« Depuis 5 ans, 10 lieux d’accueil ont été créés à Paris, soit une ouverture tous les 6 mois », explique Marie-Christine Aubert, secrétaire général de la Facel (Fédération des Associations culturelles, éducatives, et de loisirs). La Facel fédère 50 associations parisiennes, qui accueillent en moyenne 10 000 enfants chaque année. La majorité d’entre elles fonctionne le mercredi et/ou le samedi, les soirs de semaine en période scolaire, une semaine durant les petites vacances et en juillet. L’été, certains patronages proposent également des mini-camps ou des séjours de vacances. La clé de leur réussite ? Les « patro » répondent simultanément à une demande des parents et des paroisses.


ENFANTS QUI JOUENT ENSEMBLE

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Les patronages répondent au désir éducatif des familles

Vraie alternative aux centres de loisirs municipaux, les patronages proposent aux familles une offre « complète » : ramassage scolaire après l’école, aide aux devoirs, activités sportives et ludiques, temps de réflexion ou catéchisme pour ceux qui le souhaitent. Ils représentent une offre de qualité pour les parents qui souhaitent faire grandir leur enfant dans toutes ses dimensions : physique, intellectuelle, affective, spirituelle.

Une mère de famille, dont les enfants sont inscrits au patronage Saint Jean XXIII, à Meyzieu, dans la banlieue lyonnaise, confie : « C’est donner à l’Église l’occasion de participer à l’éducation de mes enfants. »

Marie-Christine Aubert précise : « Les patronages correspondent bien au désir éducatif des familles. C’est un lieu où l’enfant peut grandir, où il se sent en sécurité. Un lieu où les parents ont toute leur place dans le projet éducatif porté par les éducateurs. »

Si les parents inscrivent d’abord leurs enfants pour qu’ils soient pris en charge pendant leur temps libre, cela permet aux paroisses de leur offrir beaucoup plus : d’être un soutien à l’éducation, de répondre à leurs doutes et leurs questionnements, de rendre concrète la présence de l’Église, et de Dieu, dans leur vie.

Les patronages, un lieu à part pour grandir en humanité

Le succès des « patro » réside aussi dans le fait que chaque patronage a un projet éducatif et spirituel bien défini.

Le Chalet Cotentin, le patronage de la paroisse Saint Jean-Baptiste de La Salle, dans le 15ème, à Paris, a pris pour devise : « Ici on joue, ici on prie, ici on grandit. ». Inspirée de la devise de Don Bosco : Ici on joue, ici on prie, la paroisse a ajouté Ici on grandit, convaincue de l’importance de considérer l’enfant dans sa globalité : corps, cœur et âme. Il propose, en rapport avec un thème lié à l’imaginaire, des activités manuelles, sportives et culturelles, enracinées dans la foi et à même de développer les talents des enfants.

Le patronage du Bon Conseil, dans le 7ème arrondissement de Paris, a pour vocation première d’être un lieu éducatif par le jeu et par le sport, et a à cœur d’éduquer « l’homme tout entier ». Il propose une éducation qui s’emploie, dans toutes ses activités de loisirs, à « éveiller, appeler, stimuler l’homme tout entier ». Il veut être un soutien à la mission éducative des parents, et un lieu de vie spirituelle.

Le patronage Saint Jean XXIII, à Meyzieu (69), tenu par la Communauté Saint Martin, a pour projet pédagogique de transmettre les valeurs fondamentales de respect, d’accueil, et de politesse, de contribuer à apporter à l’enfant les ressources dont il a besoin pour réussir sa scolarité, de développer son imagination et sa créativité, et de lui permettre de grandir dans sa dimension spirituelle.

Les patronages, outils d’évangélisation et d’accompagnement des jeunes

En créant la Facel il y a 23 ans, le cardinal Jean-Marie Lustiger a signifié le regain d’intérêt de l’Eglise pour ces structures. Les patronages sont des outils d’évangélisation, et permettent de toucher une population mixte. Les enfants expérimentent une foi vivante, qui s’insère naturellement dans leur journée.

L’intérêt porté à la jeunesse est également soutenu par le Pape François. En continuité avec les dernières assemblées synodales sur la famille en 2014 et 2015, le pape François a annoncé la convocation, en octobre 2018, d’une nouvelle assemblée générale du Synode des évêques sur le thème : « La jeunesse, la foi et le discernement vocationnel », ayant pour but se pencher sur l’ « expression de la sollicitude pastorale de l’Église pour les jeunes ». Dans le document préparatoire au synode, il est spécifié qu’ « accompagner les jeunes exige de sortir des schémas préétablis, en les rencontrant là où ils sont, en s’adaptant à leurs temps et à leurs rythmes. »

Les patronages répondent pleinement à ce besoin. Ils offrent aux jeunes et aux paroisses un lieu idéal de rencontre et de formation, d’éducation et d’évangélisation, de célébration et de service.

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