Recevez la newsletter d'Aleteia chaque jour!
Chaque jour, du beau, du bon et du vrai avec la newsletter d'Aleteia!
Je m'abonne gratuitement!

Vous ne souhaitez pas faire de don ?

Voici cinq façons d'aider Aleteia:

  1. Prier pour notre équipe et le succès de notre mission
  2. Parler d'Aleteia dans votre paroisse
  3. Partager les articles d'Aleteia avec vos amis et votre famille
  4. Désactiver votre bloqueur de pub quand vous êtes sur Aleteia
  5. S'abonner à notre newsletter gratuite et la lire tous les jours

Je vous remercie!
L'équipe d'Aleteia

 

Souscrire

Aleteia

En Bretagne, il lance la confession pour les sourds

Partager

À Rennes, un prêtre dominicain propose la confession en langue des signes. Une forme « d’innovation » pastorale pour aller aux périphéries.

« Le sacrement est un droit ! ». C’est le credo du frère Xavier Loppinet, dominicain à Rennes qui ouvre depuis deux ans la porte de son confessionnal aux personnes sourdes : « Les accueillir à la réconciliation est un devoir et une joie pour l’Église ! », confie-t-il à Aleteia. Tous les quinze jours, le lundi, à l’église Saint-Sauveur, il se tient donc à la disposition de ceux qui attendent le sacrement de la réconciliation, parfois depuis des années.

Concrètement, comment cela se passe ? Le frère Xavier et la personne venue se confesser se mettent à l’écart, parfois dans une pièce dédiée. « Il faut être dans un endroit lumineux ou isolé, pour permettre de lire sur les lèvres ou de pouvoir parler sans avoir peur d’être entendu », nous explique le frère Xavier qui rappelle qu’il est également possible qu’un interprète professionnel soit présent. Et pour la formule d’absolution, pas de mains sur une tête baissée ! Elle est dite en regardant le pénitent et en articulant lentement pour qu’il puisse lire sur les lèvres. Dans certains cas, la confession peut même se faire par écrit, ce que prônait saint Thomas d’Aquin en son temps.

Une messe qui peut virer au « cauchemar »

Pour le frère Xavier, l’apostolat auprès des sourds a presque été une évidence. Quand il s’occupait du noviciat des dominicains, il avait accueilli un jeune homme sourd qui voulait entrer au couvent. « Nous avons dû lui dire non, car il aurait été trop isolé en communauté. Cela m’a bouleversé », raconte-t-il. Arrivé à Rennes, son désir d’aller aux périphéries s’est fait plus fort et il a proposé à l’évêque de s’engager dans la pastorale des sourds. Avec son accord, le frère Xavier est parti dans une grande aventure : il s’est inscrit à des cours et apprend la langue des signes.

Avec près de 4 000 sourds dans le département de l’Île-et-Vilaine, il y a là un terreau d’évangélisation : « Les jeunes sourds ne viennent pas très nombreux à l’église, il y a une catéchèse à retrouver », explique le frère Xavier Loppinet. « Les anciens “oralisent” beaucoup et lisent sur les lèvres, on leur a peu appris à signer. » Si bien que désormais, il propose quatre messes par an en langue des signes. Et c’est un gros travail de traduire la prière eucharistique n°2 en signes ! Mais qui en vaut la peine selon lui : « Les sourds me disent souvent : la messe pour nous, c’est : debout-assis-debout-assis ! C’est un cauchemar ! ».

Cette pastorale vers les sourds peut aussi avoir des effets inattendus. Ainsi, le frère Xavier Loppinet nous explique comment il s’intéresse désormais de beaucoup plus près à l’éclairage pendant les offices : « Car, pour lire sur les lèvres, il faut qu’une personne voit bien ».  Une démarche qui peut aussi permettre à certaines personnes âgées de mieux suivre une messe. En France, ils sont 15 prêtres comme le frère Xavier à être au service de la communauté chrétienne sourde.

Tous les quinze jours, à l’église Saint-Sauveur de Rennes, confession en langue des signes le lundi de 15h à 17h.

Aleteia vous offre cet espace pour commenter ses articles. Cet espace doit toujours demeurer en cohérence avec les valeurs d’Aleteia. Notre témoignage de chrétiens portera d’autant mieux que notre expression sera empreinte de bienveillance et de charité.
[Voir la Charte des commentaires]