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Politique : impasses, fausses pistes et diversions

SPAIN CATALONIA
JORGE GUERRERO / AFP
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L’indépendance de la Catalogne, l’attaque des Insoumis contre le drapeau européen, l’écriture inclusive, le procès fait à Sens commun… autant de fausses pistes ou de diversions.

Dans le conflit opposant les indépendantistes catalans et les partisans de l’unité de l’Espagne, c’est l’impasse, constate Le Monde : « La tension ne retombe pas entre Madrid et la Catalogne. Après les manifestations pro-unité qui ont succédé au référendum sur l’indépendance de la province, refusé et réprimé par Madrid, l’exécutif catalan est désormais soumis à un ultimatum. Le Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, a demandé une clarification à la province : a-t-elle vraiment proclamé son indépendance ? Si oui, la maintient-elle ? Si c’est le cas d’ici le jeudi 19 octobre, Madrid prendra des mesures coercitives et reprenant littéralement le contrôle de la région autonome. »

Quel avenir pour une Catalogne indépendante ?

Nombre de nos médias « ont pris parti pour les gentils “indépendantistes” qualifiés de “pacifistes” » constate Ingrid Riocreux, chercheur associé à l’Université Paris IV, dans Causeur (13 octobre). Mais, remarque-t-elle, « pacifistes » n’est pas synonyme de « pacifiques » : « Un pacifiste milite en faveur de la paix, il refuse de prendre parti dans un conflit et appelle seulement de ses vœux l’arrêt des hostilités. (…) Un pacifiste authentique est toujours, puisqu’il ne prend pas parti, l’allié objectif du plus fort, c’est-à-dire potentiellement du moins pacifique. Les premiers collabos, à leur corps défendant, sont toujours les pacifistes. N’importe quelle paix, mais par pitié, la paix. » En conséquence, « Une “manifestation anti-indépendance” peut être pacifique mais certainement pas pacifiste. On peut appeler “à l’unité et au dialogue” mais il arrive un moment où l’on doit choisir : au nom de l’unité, est-on prêt à renoncer au dialogue ? Au nom du dialogue est-on prêt à renoncer à l’unité ? Car contrairement à ce que l’on dit communément, le dialogue n’est pas la solution: il doit aboutir à une solution. »

Mais quel avenir aurait une Catalogne indépendante ? « Elle devrait faire face à de nombreux obstacles » souligne Les Échos : « Perte de substance économique, fardeau de la dette, incertitude monétaire… ». Certes, la Catalogne, qui rassemble 16 % de la population de l’Espagne, représente près de « 20 % du PIB du pays, 25 % de ses exportations, et surtout près de 40 % de ses entreprises de plus de 200 salariés. (…) Pourtant, ce poids lourd est fragile. Tout d’abord parce que les principaux clients des entreprises catalanes sont situés en Espagne, en France et en Allemagne. Qu’adviendrait-il en cas de période de transition hors de l’Union européenne, (…) compte tenu de la nécessité d’un accord de tous les pays membres – y compris donc de l’Espagne – pour valider une adhésion à l’UE ?» Qui plus est, « la dette de la Catalogne représente à ce jour environ 35 % de son PIB, ce qui est un chiffre important pour une collectivité régionale » et son éventuelle sécession entraînant de facto une répartition de la dette de l’Espagne et de la Catalogne, la dette de celle-ci « dépasserait alors allègrement les 110 % du PIB » Enfin, « le cas le plus épineux pourrait bien être celui de la monnaie et de la supervision du système bancaire ».

Le drapeau européen, « symbole religieux »

Dans un registre plus anecdotique, la charge de Jean-Luc Mélenchon contre le drapeau européen et sa « symbolique chrétienne » a distrait l’Assemblée nationale. « La demande des députés “insoumis” de retirer le drapeau européen de l’Assemblée nationale, pour le remplacer par celui de l’ONU, a été une nouvelle fois retoquée mercredi soir au Palais Bourbon, après un vif débat dans un hémicycle clairsemé », rapporte Libération. « Les élus de la majorité présidentielle défendent “un symbole de paix”, tandis qu’Alexis Corbière, le porteur de l’amendement des élus de son groupe, pointe un “symbole religieux” dans un moment où “plus que jamais nous avons besoin de laïcité”. Après cette requête de l’opposition, Emmanuel Macron a annoncé mardi qu’il allait reconnaître formellement le drapeau bleu étoilé la semaine prochaine, afin qu’il ne puisse plus être “enlevé de l’hémicycle”. “Monsieur le président vous n’avez pas le droit d’imposer à la France un emblème européen confessionnel (…)”, écrit Jean-Luc Mélenchon dans un communiqué. Le 20 juin, fraîchement élu député, Mélenchon s’était déjà plaint d’un drapeau pas assez républicain à son goût. “On est obligés de supporter ça ? C’est la République française ici, c’est pas… la Vierge Marie”, poursuit le chef de file de la France insoumise, avant de faire référence au créateur du drapeau européen, Arsène Heitz. » De fait, ce fervent catholique s’était inspiré de l’Apocalypse (12, 1) : « Un grand signe apparut dans le ciel : une femme vêtue du soleil, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles ». « Le drapeau européen c’est la Vierge Marie. Et les 12 étoiles ce sont les 12 apôtres », s’insurge Clémentine Autain au micro de Jean-Jacques Bourdin sur RMC/BFMTV… le vendredi 13 octobre. Quelqu’un lui a-t-il dit que ce jour marquait le centenaire du « miracle du soleil » à Fatima ?

La guerre entre Mélenchon et Valls prend de l’ampleur. « Après sa courte défaite face à Manuel Valls aux législatives, la candidate de la France insoumise Farida Amrani a porté plainte contre X pour “fraude électorale” le 4 octobre auprès du parquet d’Évry, en supplément du recours déjà déposé devant le Conseil constitutionnel », annonce Sud Ouest. Dénoncé par Valls comme « islamo-gauchiste », Mélenchon aurait répliqué en le traitant de « nazi » dans la salle de la commission des lois de l’Assemblée, le 3 octobre, selon le Canard enchaîné (ce que dément le leader de La France insoumise). « L’ancien Premier ministre et l’ancien candidat à la présidentielle de La France insoumise multiplient les joutes verbales depuis quelques jours, avec en toile de fond l’élection de justesse, contestée, du premier aux législatives » constate France Info.

Sens commun, bouc émissaire de la droite ?

À droite, si l’élection de Laurent Wauquiez à la présidence des Républicains semble acquise, selon Le Point, on est loin de la paix et de l’unité. « Wauquiez pousse les ministres LR et les Constructifs vers la sortie » alors que « l’ultimatum lancé la semaine dernière par Les Républicains à Édouard Philippe, Gérald Darmanin, Sébastien Lecornu ainsi qu’aux Constructifs Thierry Solère et Frank Riester expire ce mercredi » rappelait BFMTV (11 octobre). « “C’est un mauvais feuilleton qui doit s’achever”, estimait Laurent Wauquiez mercredi sur RTL. “Jusqu’au bout j’ai voulu leur tendre la main, maintenant il faut arrêter avec le cynisme. Certains comme Thierry Solère disent que LR est mort, mais qu’ils veulent y rester ? Je trouve assez petit qu’ils n’aient pas le courage d’aller jusqu’au bout. Ce sont les tristes sires de la politique et il est temps que cela s’arrête”. » Mais « Gérald Darmanin et Sébastien Lecornu, respectivement ministre et secrétaire d’État, ont annoncé leur refus de quitter le parti. Ils demandent désormais à être entendus et n’excluent pas de saisir la commission des recours de LR. »

Mais c’est Sens commun qui a une nouvelle fois servi de bouc émissaire aux difficultés des LR. Dans un entretien publié par le nouveau magazine L’Incorrect, Christophe Billan, le président de ce mouvement issu de la Manif pour tous, avait évoqué la possibilité d’une « plateforme » avec Marion Maréchal-Le Pen — dans la double hypothèse de son retour en politique et d’une prise de distance avec le Front national, car il faut, disait-il, « aller au-delà des appareils ». Cris d’orfraie chez Les Républicains, dont le secrétaire général Bernard Accoyer, rappelait dans un communiqué mardi « qu’il n’y a jamais eu et qu’il n’y aura jamais d’accord politique, programmatique ou d’autre nature avec l’extrême-droite ou leurs élus ». Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau ont décommandé leur participation à la « Journée de la France silencieuse », que Sens commun devait tenir dimanche 15 octobre à Asnières-sur-Seine, annonce Europe 1 – journée que le mouvement a depuis annulée…

« Fausse querelle », analyse Guillaume Tabard dans Le Figaro (11 octobre) : comme après la défaite de Fillon, Sens commun est pointé du doigt pour ses idées « réactionnaires » — un « alibi pour répondre au reproche de revirement (… ) de la quasi-totalité des dirigeants LR sur les questions du mariage [homosexuel] et de l’adoption. « Parce que Sens commun a parlé, les uns vont justifier leur prise de distance ; parce que Sens commun a été tancé, les autres [les « constructifs »] vont justifier leur rejet de LR. C’est l’impasse pour tous ».

L’écriture inclusive pour « délester sa communication »

Autre soupçon de diversion, dans le camp gouvernemental, cette fois : la promotion de « l’écriture inclusive » par les ministres du Travail et de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Murielle Pénicaud et Marlène Schiappa. Elles ont dévoilé « un guide de bonnes pratiques à l’intention des TPE et les PME. Objectif: les inciter à promouvoir l’égalité entre les sexes par une série de recommandations, dont celle de “délester sa communication des stéréotypes de sexe” » annonce le Huffigton Post : « Concrètement, l’exécutif encourage les entreprises à éviter les formulations sexistes (du type “chef de famille” ou “mademoiselle”), d’accorder au féminin les noms de métiers ou les grades (“cheffe d’équipe”, “ingénieure”…) et de recourir à l’écriture dite “inclusive” qui promeut de citer simultanément les genres féminins et masculins. » Mais il y a un hic : « Le gouvernement semble lui même assez peu enclin à suivre ces recommandations. En épluchant les communiqués et comptes rendus diffusés depuis mardi par Matignon et les différents ministères, aucun ou presque n’a fait l’effort d’user du féminin en même temps que du masculin. (…) Ces “oublis” témoignent autant du poids des habitudes que des résistances grammaticales à l’œuvre.» Heureusement, assure Jacques Billard, agrégé et docteur en philosophie, dans Causeur (12 octobre) : « L’échec est assuré, car la langue, y compris la langue écrite, qui n’est nullement un simple redoublement de la langue orale, est une réalité vivante qui n’évolue que selon ses propres lois et non par décret. Lui ajouter, de l’extérieur, des sophistications alambiquées est impossible. » Mais pendant ce temps-là, on ne parle pas du chômage, de la faillite de l’enseignement, du matraquage fiscal des classes moyennes ou des ratés de la lutte anti-terroriste…

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