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Mère Yvonne-Aimée, pourvoyeuse de grâces

© GrandCoq CC / Public Domain
Mère Yvonne-Aimée de Jésus.
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À Malestroit, dans le Morbihan, repose une religieuse dont la vie fut bouleversante et fascinante : Mère Yvonne-Aimée, morte à l'âge de 49 ans, au début des années 50. Cette figure exceptionnelle — qui pourrait être béatifiée — est paradoxalement méconnue.

Au cimetière du monastère des Augustines, à l’orée de l’accueil de la clinique et de la clôture, ils sont nombreux à venir  se recueillir chaque jour sur la tombe de Mère Yvonne-Aimée, répondant à l’invitation du père Paul Labutte, aujourd’hui décédé, qui fut son ami et son fils spirituel : « Il n’y aura jamais qu’un moyen de connaître Mère Yvonne-Aimée, c’est de l’invoquer. L’expérience le montre : sitôt qu’on s’adresse à elle, elle se dévoile en répondant. »

De fait, depuis la mort de cette religieuse augustine en 1951, les grâces reçues — vocations, guérisons, consolations… — affluent, nourrissant le dossier de béatification déposé au Vatican, qui a connu un parcours singulièrement sinueux.

Yvonne Beauvais naît à Cossé-en-Champagne (Mayenne) le 16 juillet 1901. Après une jeunesse citadine, elle entre au monastère de Malestroit en 1927. Très vite, elle fait construire la clinique et donne un nouvel élan à la communauté, dont elle devient la supérieure, à seulement 34 ans et en dépit d’une santé très fragile. Elle donne alors à la clinique une envergure et un rayonnement nouveau, y soulageant les corps et les âmes.

Pendant la Seconde guerre mondiale, elle cache et sauve des centaines de soldats et de résistants. « Nous avons seulement pratiqué la charité », répète-t-elle. De passage à Paris, elle est arrêtée par la Gestapo, torturée, mais parvient à s’évader de manière inexplicable, sinon miraculeuse. C’est le général de Gaulle, lui-même, qui lui remettra la Légion d’Honneur à l’issue du conflit. 

Tout au long de sa vie, Mère Yvonne-Aimée a subi de grandes souffrances physiques. »Elle était très malade et cela ne se voyait pas. Elle a beaucoup souffert, pour le Christ » confie Soeur Marie-Paul, la prieure actuelle. Dans le secret de sa chambre, on dit aussi qu’elle fut la cible  nombreux assauts du démon. Mais sa résolution est inébranlable : à l’âge de 9 ans, ne disait-elle pas  : « Je te supplie de me faire devenir une sainte, une très grande sainte, une martyr. »

Après sa mort, on se presse autour de son tombeau, les témoignages de miracles et de grâces abondent. En 1957, Mère Yvonne-Aimée est exhumée et retrouvée intacte. On la dit alors en odeur de sainteté. Mais les phénomènes surnaturels constatés de son vivant — extases, stigmates, bilocations, xénoglossie — ou après sa mort, incitent les autorités ecclésiales à la plus grande prudence. Le dossier est placé sous le boisseau en 1960, trois ans plus tard. Interdiction, est faite, d’écrire le moindre ouvrage sur la religieuse bretonne.

Jusqu’à ce que sœur Nicole, prieure, parte à Rome en 1980 demander l’autorisation d’écrire sur elle. Ce qu’elle obtient. C’est l’abbé René Laurentin qui rédige alors la première biographie de Mère Yvonne-Aimée. Après un long cheminement, son travail reçoit l’imprimatur de l’évêque de Vannes en 1985, après la levée de l’interdiction de 1960 par le cardinal Ratzinger, futur Benoît XVI. Le livre de l’abbé Laurentin est alors publié sous le titre Yvonne-Aimée de Malestroit – Un amour extraordinaire (ed. OEIL)

En 2004, Mgr Gourvès, évêque de Vannes, qui semblait plutôt hostile à l’engouement autour de Mère Yvonne-Aimée est victime d’un infarctus. Il demande à être hospitalisé à la clinique de Malestroit, où il constate la renommée de sainteté de la religieuse et relance sa cause en béatification. Cause que soutiendra son successeur, Mgr Centène.

Treize ans plus tard, le dossier attend toujours. Sœur Odile, qui a connu Mère Yvonne-Aimée, et qui s’occupe de récolter les témoignages, espère pouvoir la voir béatifiée : « Les années passent… et je crois que je pourrai dire des choses ! » En attendant, la communauté continue à la prier, reprenant à chaque office des Laudes la prière de leur « re-fondatrice » : « Ô Jésus Roi d’amour, j’ai confiance en ta miséricordieuse bonté. »

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