Aleteia
Mercredi 21 octobre |
Sainte Céline
Spiritualité

Soins palliatifs : rester vivant jusqu’au dernier moment

© Sophie Le Noen.

Sœur Roxane.

Sophie Le Noën - Publié le 29/08/17

Au sein de son unité de soins palliatifs, la clinique des Augustines de Malestroit (Morbihan) accueille des patients atteints d'une maladie grave à un stade avancé ou terminal. Là, vie et mort s’entremêlent dans une paix profonde, insufflée par sœur Roxane, la responsable.

Réunion de transmission matinale à l’unité des soins palliatifs de la clinique des Augustines de Malestroit. Café et petits gâteaux, l’ambiance est détendue en évoquant chacun des huit patients qui bénéficient d’une prise en charge à la clinique. On rit et on travaille. Ici c’est la « maison de la vie » confie Soeur Roxane.

Dans ce qui était jusqu’en 2003 la maternité de la clinique, seuls les patients ont changé de visage. Les portes et les rebords de fenêtre sont restés roses, et finalement « ‘on y accouche encore… de la mort », explique la religieuse. C’est long et douloureux, l’issue est incertaine. L’établissement des Augustines est l’unique unité de soins palliatifs pour les 350 000 habitants des alentours. Les places sont rares.

« C’est le service où on est le plus vivant ! »

Infirmière de formation, sœur Roxane retrouve sous son voile et sa blouse blanche ses « deux poumons » : ses vocations, religieuse et soignante, sont complémentaires. Autour d’elle, une équipe pluridisciplinaire composée de plusieurs infirmières, d’un aide-soignant et d’un psychologue. Tous ont signé une charte d’adhésion aux valeurs éthiques de la communauté religieuse à qui appartient la clinique. « Nous ne mettons pas un terme et nous ne prolongeons pas la vie. Nous respectons la nature », explique la religieuse. Tous ont cette « juste proximité » qui permet d’aimer le patient. On prend le temps d’écouter, de s’asseoir. « Nous ne considérons pas l’être humain comme un seul organe malade, mais dans toute sa personne. »

Isabelle, infirmière, savoure le rythme apaisé de l’unité. « C’est le service où on est le plus vivant ! », s’exclame la jeune femme en préparant son chariot. L’attention du personnel médical est apaisante pour les patients. Fabienne, 65 ans, dans un souffle difficile, le murmure : « Je suis bien là. J’ai trouvé une écoute ». Elle s’apprête à rentrer à son domicile, pour quelques jours dans la perspective du prochain mariage de son fils.

« Apaiser les corps et les âmes »

Les patients ici ne sont pas appelés à rester pour des séjours de longue durée. « Nous les recevons pour apaiser leur douleur, mais ils ont tous un projet : c’est la vie ! Il faut rester vivants jusqu’au bout. » Fabienne, elle, compose avec un sentiment cruel : « J’ai un cancer du poumon alors que je n’ai jamais fumé. Je trouve ça très injuste ». Une injustice à laquelle il n’y a pas de réponse. « La maladie n’est pas une punition », dit sœur Roxane qui apaise avec son équipe les corps et les âmes tourmentées.

La noblesse de la mission des soignants s’inscrit dans un livre d’or où les remerciements des familles noircissent des pages entières. « Nous n’avons pas de masque. Nous sommes dans le vrai, » dit la responsable pour expliquer combien face à la mort, c’est l’humanité qui rejaillit en chacun.

Dans les couloirs roses de ce lieu de passage, la mort n’est plus taboue et les vivants ont eux aussi besoin des mourants. On allume une bougie à la fenêtre d’une salle après chaque décès. Et puis parfois, les patients font mentir le diagnostic des médecins. Comme cet homme en insuffisance rénale qui a fait ses adieux aux équipes avant leurs congés d’été et qui s’apprête à les retrouver, trois semaines plus tard…  




Lire aussi :
Comment les Augustines de Malestroit voient Jésus dans chaque malade

Soutenez Aleteia !
A travers le monde, vous êtes des millions à lire Aleteia, pour y trouver quelque chose d'unique : une vision du monde et de votre vie inspirée par l’Évangile. On prétend qu'il est de plus en plus difficile de transmettre les valeurs chrétiennes aux jeunes d'aujourd'hui.
Et pourtant, savez-vous que plus de la moitié des lecteurs d'Aleteia sont des jeunes de 18 à 35 ans ? C'est pourquoi il est si important que Aleteia demeure un service quotidien, gratuit et accessible à tous. Cependant, un journalisme de qualité a un coût que la publicité est loin de couvrir. Alors, pour qu'Aleteia puisse continuer à transmettre les valeurs chrétiennes au cœur de l'univers digital, votre soutien financier demeure indispensable.
*avec déduction fiscale
Tags:
religieusessoins palliatifs
Le coin prière
La fête du jour






Top 10
Domitille Farret d'Astiès
Elles ont appris à les aimer : ces ...
Edifa
Sexualité : comment raviver le désir quand il...
WEB2-SAMUEL PATY-AFP-000_8TB6FJ.jpg
Agnès Pinard Legry
Professeur décapité : des intentions de prièr...
Domitille Farret d'Astiès
Une famille missionnaire sur le plateau de "L...
Edifa
Connaissez-vous vraiment toutes les missions ...
WEB2-ERIC DUPOND-MORETTI-AFP-080_HL_NORCHARD_1209116.jpg
Agnès Pinard Legry
La discrète visite d’Éric Dupond-Moretti à la...
RÓŻANIEC DZIECI
La rédaction d'Aleteia
Un million d'enfants vont prier le chapelet e...
Afficher La Suite
Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous gratuitement