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Max Gallo : le bouleversant récit de son retour à la foi

Stéphane OUZOUNOFF | CIRIC
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L'académicien, décédé ce 19 juillet à l'âge de 85 ans, était un catholique convaincu, assumé et discret. Il était pleinement revenu à la foi en 2001.

De Max Gallo, on retiendra l’historien, le journaliste, le romancier, l’homme politique, l’académicien, mais aussi le catholique. Pourtant, celui qui fut un communiste militant jusqu’à la mort de Staline, avant d’évoluer vers la gauche modérée puis vers le souverainisme, fut longtemps éloigné de Dieu. Élevé dans une famille non pratiquante, seule sa grand-mère italienne allait encore régulièrement à l’église.

Son retour vers Dieu se fait en deux étapes, séparées de près de trente ans. La première, tragique, remonte à 1972 et au suicide de sa fille Mathilde, âgée de 16 ans. Dévasté, il racontera plus tard s’être alors rué dans la première église rencontrée, en l’occurence Saint-Sulpice, au cœur de Paris. Tombant à genoux, les prières qu’il avait vaguement apprises dans son enfance, reviennent immédiatement sur ses lèvres. La conviction de l’existence de Dieu s’empare alors de lui : c’est une certitude. Pourtant, peu après cette révélation, Max Gallo — définitivement blessé par ce deuil dont il s’impute la responsabilité — s’efforce d’évacuer Dieu de son esprit.

Près de trois décennies plus tard, le 22 octobre 2001, il est de retour à Saint-Sulpice pour assister au baptême du fils d’un ami. Les paroles du dominicain qui officie lui vont droit au cœur. Bouleversé, les yeux baignés de larmes, il s’éloigne du baptistère dès la fin de la cérémonie et s’éclipse dans la nef pour absorber ce véritable choc spirituel. Le prêtre finit par le rejoindre. Les deux hommes conversent jusqu’à la tombée de la nuit. Puis tous les deux tombent à genoux et Max Gallo se met à prier pour la première fois depuis la mort de Mathilde. La foi ne le quittera plus. Max Gallo avait raconté cette expérience dans le prologue de sa suite romanesque en trois tomes : Les Chrétiens.

Citations de Max Gallo sur la foi :

« Le message du Christ est tout à la fois un message d’amour et de fraternité et un appel à la responsabilité individuelle. Il invite chacun de nous à choisir d’être Judas ou Pierre » (Prier, 16 décembre 2010).

« Je me refuse à admettre que la vie, avec toute la charge d’affectivité que l’on donne et que l’on reçoit, puisse être brusquement annihilée par la mort » (France Catholique, 25 octobre 2002).

« Je crois que le catholicisme a joué un rôle décisif dans la genèse de l’histoire française. Mais, pour moi, le baptême de Clovis représente en même temps l’origine de la laïcité, avec la séparation entre le pouvoir religieux — Rémi, évêque de Reims — et le pouvoir politique » (Le Point, 14 juillet 2011).

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