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Vendredi saint : Le pape François confesse publiquement sa honte

Rafael Chaves / Flickr / CC
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Après la médiation du Chemin de croix au Colisée du Vendredi saint, le Souverain pontife s'est tourné vers le Christ et a confessé sa "honte".

C’est « les yeux baissés de honte et le cœur plein d’espérance » que « nous nous agenouillons, honteux et dans l’espérance », a prononcé solennellement le pape François devant le Christ crucifié, au terme du Chemin de croix qu’il a présidé vendredi soir, au Colisée, à Rome. En conclusion des quatorze stations composées par la théologienne française Anne-Marie Pelletier, le Saint-Père a récité une prière confessant une « honte » collective, pour «toutes les images de dévastations, de destructions et de naufrages qui sont devenues ordinaires dans notre vie. » Pour « le sang innocent versé quotidiennement par les personnes persécutées pour la couleur de leur peau, ou pour leur foi ». « Honte » également pour toutes les fois où «évêques, prêtres, consacrées et consacrés ont scandalisé et blessé » son corps, l’Église, a-t-il récité du haut de la colline du Palatin, devant les quelque 20 000 fidèles réunis pour ce Chemin de croix traditionnel.

« Combien nous avons honte Seigneur, mais notre cœur – a poursuivi le Pape – est également nostalgique de l’Espérance confiante que tu ne nous traites pas en fonction de nos mérites mais uniquement en fonction de l’abondance de ta miséricorde ». L’espérance que « Ta croix rende plus tendres nos cœurs endurcis et rendent capables de pardonner et d’aimer » ; que « Ta fidélité ne se base pas sur la nôtre » ; et que « le bien vaincra en dépit de sa défaite apparente ».

Au cœur des méditations des 14 stations du Chemin de croix, une place privilégiée a été accordée aux femmes, mais aussi aux moines de Tibhirine et aux victimes du nazisme, souligne l’agence I.Media.

Découvrez à votre tour, la prière du pape François en intégralité :

Ô Christ laissé seul trahi même par les tiens.
Ô Christ jugé par les pécheurs et livrés par les chefs.
Ô Christ meurtri dans sa chair,  couronné d’épines et vêtu de pourpre, Ô Christ giflé et atrocement crucifié.
Ô Christ transpercé par la lance,
Ô Christ mort et enterré, Toi qui es le Dieu de la vie et de l’existence.
Ô Christ notre unique Sauveur nous revenons à Toi cette année encore avec les yeux baissés de honte et avec le cœur plein d’Espérance.
De honte pour toutes les images de destructions et de naufrages qui sont devenus ordinaires dans notre vie.
Honte pour le sang innocent qui quotidiennement est versé par les femmes, les enfants, les immigrés et les personnes persécutées pour leur couleur de leur peau, ou bien pour leur appartenance ethnique ou sociale, et pour leur foi en toi.
Honte pour les trop nombreuses fois où comme Judas et Pierre nous t’avons vendu et trahi et laissé seul mourir pour nos péchés, prenant la fuite comme des lâches loin de nos responsabilités.
Honte pour notre silence et pour les injustices, pour nos mains paresseuses et avides, pour notre voix faible pour parler des autres et forte pour défendre nos intérêts.
Honte pour toutes les fois où nous, évêques, prêtres, personnes consacrées avons scandalisé et blessé l’Église.
Nous avons oublié notre premier amour, notre premier enthousiasme et notre totale disponibilité en laissant rouiller notre cœur et notre consécration.
Combien nous avons honte Seigneur, mais notre cœur est également nostalgique de l’Espérance confiante que tu nous traites pas en fonction de nos mérites mais uniquement en fonction de l’abondance de ta miséricorde.
Que nos trahisons ne font pas disparaître l’immensité de Ton amour, que Ton cœur maternel et paternel ne nous oublie pas pour la dureté de nos entrailles.
Espérance certaine que nos noms soient gravés dans Ton cœur et que nous sommes reliés à la pupille de Tes yeux.
Espérance que Ta croix rende plus tendres nos cœurs endurcis et rendent capables de pardonner et d’aimer.
Transforme cette nuit ténébreuse de Ta croix en aube fulgurante de Ta résurrection
L’Espérance que Ta fidélité ne se base pas sur la nôtre.
L’Espérance que la fidélité d’hommes et de femmes à Ta croix se poursuivra comme le levain qui donne la saveur et comme la lumière qui éclaire les horizons au cœur de notre humanité blessée.
L’Espérance que Ton Église tentera d’être la voix dans le désert de l’humanité pour préparer le chemin de Ton retour, quand Tu reviendras nous juger.
L’Espérance que le bien vaincra en dépit de sa défaite apparente.
Ô seigneur Jésus, Fils de Dieu, victime innocente de notre rachat, face à Ta crucifixion nous sommes dans l’espoir, nous Te demandons de nous laver par la pureté du sang et de l’eau, de nous pardonner nos péchés et nos erreurs.
Nous Te demandons de te rappeler de nos frères, déchirés par la violence, l’indifférence et par la guerre.
Nous Te demandons de briser les chaînes qui nous retiennent prisonniers de notre égoïsme, de notre aveuglement volontaire dans la vanité de nos calculs mondains.
Ô Christ, nous Te demandons de nous enseigner à ne jamais avoir honte de Ta croix, à ne jamais l’instrumentaliser mais à l’honorer et à l’adorer.
Car Tu nous as montré la monstruosité de nos péchés, la grandeur de Ton amour, l’injustice de nos jugements et la puissance de la miséricorde.

Amen.

 

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