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Comment être le père d'un enfant handicapé ?

© Florent Benard-OCH

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Violaine Plagnol - Publié le 18/01/17

Lille organise un "week-end des pères" pour partager des temps d'échange et de recueillement.

Du 28 au 29 janvier a lieu, à Lille, le week-end des pères d’une personne malade ou handicapée, quelque soit son âge et son handicap.

« À toi, père d’un enfant handicapé, si tu penses que tout va bien et que tu n’as pas besoin de prendre du temps pour toi, inscris-toi ! » Tel un cri du cœur, Stéphane Paing, lance cette invitation aux pères, comme lui, d’enfants « différents ». Une invitation à se retirer le temps d’un week-end pour passer deux jours entre hommes, entre pères. Car « être père d’un enfant handicapé, c’est tellement dur, tellement fatigant, qu’aller toujours bien, c’est impossible ! » poursuit-il.

Alors au programme : des temps d’échange, de réflexion, de recueillement, de détente, de repos, de convivialité autour d’un bon apéro… « Nos vies sont singulières avec nos enfants. On a tendance à leur mettre sur le dos nos fatigues et nos privations. Ces week-ends me permettent de réfléchir à ces sentiments complexes que je ressens vis-à-vis de mon fils », témoigne Stéphane, père de quatre enfants, dont le dernier Aymeric, 17 ans, souffre d’un important retard intellectuel.

Le père est souvent désorienté

L’arrivée d’un enfant handicapé bouleverse toute la famille. Elle remet en cause les équilibres professionnels, conjugaux, parentaux. « Si la mère est en première ligne car elle gère le quotidien, le père est souvent désorienté », explique Marie-Vincente Puiseux, responsable de la communication à l’Office chrétien des personnes handicapées (OCH), organisateur du week-end. D’autant plus que les hommes ont du mal à exprimer leur désarroi. Ils gardent leur souffrance pour eux, plus par réflexe que par véritable choix. Et cela les rend malheureux.

Une écoute bienveillante et secrète

Lors du week-end, les pères ne sont jamais jugés, ils sont même vite compris car « ils sont tous sur la même longueur d’ondes », précise Marie-Vincente Puiseux. Chacun bénéficie de l’écoute bienveillante, et tenue secrète, des autres ainsi que de l’accompagnement de professionnels. « Entre hommes, c’est beaucoup plus cool avoue Stéphane Paing. Nous avons la même psychologie, c’est plus simple. Il n’y a pas le regard de nos femmes. » Même si, reconnaît-il, elles ne sont jamais loin car la vie conjugale fait partie des sujets de discussions. Avec parfois l’aide d’une psychothérapeute de couple. Chaque fois, depuis 13 ans, un thème différent irrigue le week-end. Cette année : enfant différent, père différent. Est-on un père à part quand on a un enfant handicapé ?

Une petite flamme active tout au long de l’année

« Ces deux jours sont un temps pour moi. Je me mets sous la couette, je prends soin de moi », raconte Stéphane qui vient depuis 10 ans. « Tous les ans, je vois des hommes qui arrivent un genou à terre et trouvent ici le lieu du ressourcement. Ils repartent debout. » Emmanuel Mainbourg, quant à lui, hésitait depuis quelques années. Les contraintes d’organisation et les agendas chargés ont souvent bon dos ! Pourtant, l’année dernière il s’est lancé et a participé pour la première fois. « C’est un week-end dont on se souvient ! Il est comme une petite flamme active tout au long de l’année », témoigne-t-il (Voir son témoignage vidéo ici.)

« Ces week-ends de pères m’ont aidé à prendre conscience de l’expérience que je vis au quotidien », insiste Stéphane Paing. « C’est grâce à cette prise de conscience que j’ai compris la vocation de mon fils. Et sa vocation, c’est de changer les cœurs ! »

Alors, partant ? Le week-end est ouvert à tous, chrétiens ou pas, croyants ou pas. Rendez-vous du 28 au 29 janvier au centre spirituel du Hautmont à Mouvaux près de Lille.

Pour s’inscrire, c’est par ici !

Pour approfondir le sujet, découvrez  le très beau texte de Cyril Douillet du magazine Ombres et Lumière ! 

Tags:
EnfantshandicapLillepères
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