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Connaissez-vous les grandes figures catholiques de la France ?

Charles de Gaulle © Afp
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François Huguenin nous expose les personnages qui ont contribué au rayonnement de la religion catholique.

Ce livre, rédigé par François Huguenin, n’est pas un essai suivi mais une galerie de figures juxtaposées, chacune douée d’autonomie. Ces figures remontent les âges, de Clovis à Charles de Gaulle. Il y en a environ 15, une par siècle (du Ve au XXe), mais inégalement réparties.

Le propos de l’auteur, c’est de justifier le mot « figure », c’est-à-dire de montrer comment, dans sa vie personnelle et dans son œuvre, tel personnage historique a contribué au rayonnement de la religion catholique en France et, par là même, à celui de la France dont le baptême de Clovis a fait la fille aînée de l’Église. Beau propos, qui vient bien à son heure, mais qui ne va pas de soi. Certains personnages sont assez bien connus, d’autres plutôt mal, sur fond d’histoire complexe : Clovis, Charlemagne par exemple, et même Suger, le moine de Saint-Denis, et saint Bernard, dont les vies furent si intenses qu’on ignore une bonne part de leur immense tâche. La mise en place initiale de l’homme en son temps, souvent fort épineuse, est cependant exemplaire de clarté.

Le lecteur est très vite gagné par le récit, il entre dans le propos et, même, « en propos » avec l’auteur, qu’il aimerait avoir en face de lui pour passer du monologue au dialogue. Par exemple : l’article défini du titre n’est-il pas fâcheux ? Il laisse entendre que la liste est exhaustive et définitive même si cela n’est pas le cas et que d’autres exemples existent. Pour celle-ci, les choix sont indiscutables concernant les saints : saint Louis, saint Vincent de Paul, sainte Jeanne d’Arc et sainte Thérèse de Lisieux, les deux seules femmes. Indiscutables pour les rois : Philippe le Bel, Henri IV, Louis XVI. Ajoutons un cardinal : Richelieu.

Mais deux personnages de grande envergure sont plus problématiques : Louis XIV et de Gaulle, et, dirais-je, pour des raisons symétriquement inverses. Chez Louis XIV, c’est le roi qui est fidèle catholique comme le veut la monarchie, un peu moins l’homme, à la réserve de ses dernières années. Chez de Gaulle, c’est l’homme privé qui est fidèle catholique, nullement le chef d’État, et plus d’une fois l’auteur « se retire sur la pointe des pieds » devant le problème de conscience que cela lui pose.

Autre chose enfin : l’absence béante de Péguy, d’autant plus inexplicable que le livre s’achève sur une citation du Porche du mystère de la deuxième vertu (« La foi que j’aime le mieux, dit Dieu, c’est l’espérance ») destinée à justifier l’inévitable présence de de Gaulle, et aussi à assurer le mot de la fin. La littérature ne fournit donc qu’une figure, et c’est Pascal, qui est bien autre chose qu’un auteur, et qui d’ailleurs n’est pas le mieux saisi. Il faudra penser à Claudel et Bernanos.

L’écriture est ici ou là un peu bousculée : inadvertances ou familiarités. Mais, comme on dit, le lecteur rétablit de lui-même le bon usage. En définitive, il s’agit d’une lecture interactive pour le fond, participative pour la forme. Voilà un livre moderne !

 

Les grandes figures catholiques de la France, par François Huguenin, Perrin, 384 pages, 23 euros.

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