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Pédophilie, Amoris Laetitia, vocations : bilan de l’assemblée des évêques de France

© Jean-Matthieu GAUTIER/CIRIC
4 novembre 2015 : Assemblée plénière des évêques de France. Lourdes (65), France.
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Une réunion sous le signe de l’écoute, du dialogue et de la reconnaissance des fragilités.

Du 4 au 9 novembre 2016, les évêques de France se sont réunis à Lourdes pour l’assemblée plénière d’automne. En l’absence du président de la Conférence des évêques de France, Mgr Pontier, ce sont Mgr Delannoy et Mgr Carré, tous deux vice-présidents, qui ont eu la charge d’animer l’assemblée. Les 129 évêques français ont abordé l’actualité de l’Église catholique dans son ensemble : les vocations sacerdotales, l’évolution de la mission en monde rural et en monde populaire, les implications pastorales de l’exhortation apostolique Amoris laetitia, le rapport entre société et religion dans la France contemporaine et le dialogue avec les musulmans.

Journée de pénitence pour les victimes d’abus sexuels

Mais le thème qui a sans doute le plus marqué ces quelques jours est celui de la pédophilie. La journée du 7 novembre a été consacrée à une démarche de demande de pardon, de prière et de jeûne pour les victimes d’abus sexuels.

Un bilan a été dressé des mesures à prendre et sur ce qui a déjà été réalisé six mois après la décision des évêques de trouver de nouvelles solutions. L’accent a été mis sur l’écoute et l’accompagnement des victimes ou des proches pour commencer. Une cellule permanente de lutte contre la pédophilie s’est mise en place, pour une action au sein de l’Église dans son ensemble. Pour finir, la Commission nationale d’expertise indépendante, créée en avril dernier et installée en septembre, a pour mission de conseiller les évêques dans l’évaluation des situations. Elle est composée de quatre médecins, d’une ancienne défenseur des enfants, d’une parent d’élèves et d’un référent pour le droit canon.

Les vocations sacerdotales des jeunes

Le Congrès international des vocations s’achevait au Vatican quand les évêques français se sont saisis du sujet de la vocation du prêtre diocésain. S’ils ont évoqué leur responsabilité et la nécessité de mettre en valeur le diocèse comme lieu de sacerdoce, ils ont rappelé l’importance du rôle de la famille et des communautés dans l’appel des jeunes. Ils ont redit « combien la vocation sacerdotale est un chemin d’épanouissement et de joie dans le don de soi-même, alors même qu’il est illusoire de l’imaginer sans épreuves comme dans toute vocation ».

La figure de prêtre et les lieux de l’appel ont aussi soulevé leurs questions pour répondre au mieux aux besoins des jeunes.

L’amour dans la famille

Les évêques ont ensuite réfléchi aux implications et aux enjeux de l’exhortation Amoris laetitia dans l’accompagnement des familles, sans distinction de leurs fragilités et de leur complexité. Ils ont mis en commun leurs expériences pour apporter des réponses adaptées aux personnes vivant des situations difficiles. Pour eux, l’enjeu est aussi de « savoir substituer à l’application stricte de normes, la proposition d’un cheminement vers l’intégration passant par l’accompagnement et le discernement de chacun ».

Le dialogue interreligieux

Le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, est venu s’entretenir avec les évêques sur les conditions de ce dialogue. Il rappelle que « l’Église regarde avec estime les musulmans » et qu’un des fruits du dialogue doit être de « favoriser la paix et la collaboration entre les peuples ». Bien connaître sa religion est un présupposé indispensable à un dialogue « au service de la société ». Le cardinal a salué la traduction en langue farsi du Catéchisme de l’Église catholique par des musulmans chiites et la reprise de contact avec l’université al-Azhar au Caire après onze ans sans contact. En revanche, il évoque la disparition des chrétiens d’Orient dans ses préoccupations, en analysant que « le Moyen-Orient n’existe plus, l’Occident est désormais en contact direct avec l’Orient ».

S’il invite l’islam à « soumettre le Coran à l’herméneutique moderne », il déplore la vision de l’Islam « déformée » par les terroristes qui est « une grande humiliation » pour les musulmans.

En plus de ce programme chargé, les évêques ont dressé un bilan des JMJ de Cracovie et abordé l’évolution de la catéchèse dans un monde et une Église marqués par de nombreux événements. Et l’Assemblée s’est conclue le 9 novembre par la projection d’un film destiné à sensibiliser sur ce que vivent les prêtres aînés aujourd’hui.

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