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À son tour, le Cambodge interdit les mères porteuses

© SAJJAD HUSSAIN / AFP

To go with story 'India-politics-health-surrogacy,FOCUS' by Trudy HARRIS In this photograph taken on November 3, 2015, twenty eight year-old Indian surrogate mother, Manu Kani poses after an interview with AFP at The Surrogacy Centre India (SCI) clinic in New Delhi. Childless couples from around the world have been left in limbo after the Indian government revealed plans to ban them from the country's booming multi-million dollar surrogacy industry. AFP PHOTO/ SAJJAD HUSSAIN / AFP PHOTO / SAJJAD HUSSAIN

Sylvain Dorient - Publié le 12/11/16

Les pays asiatiques produisent des législations de plus en plus contraignantes face au "trafic d'êtres humains".

À la suite des restrictions législatives adoptées en Thaïlande, en Inde, puis au Népal, une partie du « marché » de la Gestation pour autrui (GPA) tarifée s’était reportée vers le Cambodge. Inquiet devant l’afflux de demandes, le gouvernement cambodgien a interdit tout recours à la GPA, qui a été assimilée à du trafic d’être humain, en attendant qu’une loi régulant cette pratique soit écrite et votée.

Un sursis…

Cette interdiction ne devrait donc pas être définitive, mais elle inquiète déjà la cinquantaine d’entreprises investies sur ce créneau juteux. Sur ce marché, l’une d’entre elle détaille qu’un bébé coûte entre 32 000 et 45 000 dollars, dont 10 000 sont reversés à la mère porteuse. Un ratio choquant, mais bien plus favorable pour les mères que dans d’autres pays asiatiques, notamment l’Inde, où les mères touchent 5000 dollars.

Volte-face des pays asiatiques

L’Inde qui était le pays le plus permissif en la matière, a commencé par interdire le recours à la GPA pour les célibataires et les couples homosexuels en 2012, provoquant un boom de la GPA tarifée en Thaïlande. Puis le cas de Gammy a révolté les Thaïs, mettant un coup de frein à la pratique. Quand les « parents adoptifs » de Gammy ont découvert qu’il était trisomique, ils ont demandé à sa mère d’avorter, scandalisant l’opinion publique thaïe. La mère s’y est refusée et a adopté le bébé. A présent, seuls les couples mariés peuvent recourir à la GPA, et sans contreparties. En Thaïlande, comme en Inde, la loi, qui était du côté des cliniques commence à changer de cap. A titre d’exemple, il faut se souvenir que les premières lois votées sur le sujet, en Inde, en 2008 servaient au contraire à contraindre les mères porteuses à se séparer de leur enfant ! Ce pays a pris de grosses « part du marché » de la Gestation pour autrui. Il y avait un grand nombre de femmes pauvres, prêtes à « louer leurs ventres » et un corps médical de qualité. Rien ne semblait s’opposer à l’explosion de la GPA, jusqu’à ce que le gouvernement promulgue des lois de plus en plus restrictives. Et ce, malgré les retombées économiques, estimées à un milliard de dollars par an, par le gouvernement indien.

Trafics en tous genres

Il semble bien que les pays qui expérimentent la GPA tarifée, décident de faire cesser cette pratique, en la restreignant considérablement. Au Cambodge, les institutions médicales n’étaient pas préparées à faire face à la multiplication des demandes. Et les autorités peuvent prendre la mesure du phénomène en voyant l’évolution de la législation dans les pays voisins. En 2016, le champion toute catégorie de ce marché, l’Inde, envisage d’interdire le recours à la GPA pour les étrangers, coupant théoriquement court au trafic.

La loi ne peut pas tout

Ces évolutions législatives ne seront toutefois pas suffisantes pour couper court à la marchandisation des corps, tant les agences spécialisées dans ce trafic sont passées maître dans l’art de contourner les lois de corrompre etc. On se souvient du séisme au Népal, qui avait révélé un vaste trafic de bébés vers Israël. Mais le fait qu’elles n’aient pas la loi de leur côté, demeure un démenti réjouissant du « sens de l’Histoire », qui irait dans le sens d’une extension continue du Marché, sans frontière éthique

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