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Elle est belle et mène la vie parisienne idéale, mais…

© louise.delage / Instagram
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Retour sur une campagne virale rondement menée sur Instagram.

En août dernier, Louise Delage ouvrait son compte Instagram pour partager ses longues après-midi plage, journées bateau et déjeuners familiaux : le roman photo parfaitement mis en scène d’un été à la française (quand on a beaucoup beaucoup d’argent ne le nions pas). À  coups de hashtags savamment choisis pour leur potentiel fédérateur (#Parisjetaime, #ParisianGirl, #InstaDaily…) et de poses dignes d’une blogueuse mode, elle fédère très vite une belle communauté autour d’elle. Mais ses followers se sont-ils posés la question de ce qu’ils likaient ?

Plus sa galerie se remplit, plus on devine un lien dérangeant entre tous les clichés : l’alcool y est omniprésent. Parfois sujets de la photo, parfois presque hors champs ou savamment relégués en arrière plan, verres de vin, coupettes et cocktails se succèdent. Chaque moment de vie devient prétexte à la consommation. On finit par ne plus voir que cela.

© Instagram
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Fin septembre, un journaliste de Libération repère que quelque chose cloche dans ce compte déjà bien suivi par des influenceurs et membres des médias, et sonne l’alerte sur Twitter. L’agence BETC dévoile alors le pot-aux-roses : Louise Delage est un personnage fictif créé dans le cadre d’une campagne de sensibilisation contre l’addiction à l’alcool organisée par le Fond Action Addictions, qui déclare dans son communiqué de presse : « Louise est une addict à l’alcool.  Addict. L’anglicisme de ce mot lui donnerait presque un côté cool, sympathique, comme d’une apparente innocuité. Pourtant, on estime qu’en France les addictions sont responsables d’un mort sur cinq, et d’un acte de délinquance sur deux, principalement chez les jeunes, selon le Fonds Actions Addictions. »

Le but de la campagne ? Sensibiliser les jeunes aux comportements addictifs dans leur entourage pour mieux prendre en charge les victimes. Car tous ont déjà plus ou plus moins croisé la route d’une Louise Delage, comme l’explique  le communiqué de presse : « Le film de révélation (…) nous fait enfin prendre conscience de la difficulté de déceler l’addiction de quelqu’un, même quand on le côtoie tous les jours (comme dans le fil Instagram) et de la nécessité de se faire aider ».

Difficile en effet de déceler un problème quand l’alcool fait partie d’un rituel de socialisation bien implanté dans un mode de vie qui donne le tournis. Maurice, 32 ans, a accepté de livrer un témoignage sur son comportement addictif face à l’alcool : « C’est probablement lié au rituel de décompression que notre rythme impose. La récompense vient le vendredi où l’alcool prend toute sa place. On s’abandonne comme pour se soulager des souffrances, en cherchant l’ivresse et l’aspect anxiolytique de ce médicament culturellement accepté et se fondant parfaitement dans l’esprit de fête de nos sociétés occidentales. Progressivement la bouteille prend le contrôle ».

© Instagram
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Il devient vite facile de trouver des prétextes pour consommer. Fêter un départ ou un succès professionnel, décompresser après une journée difficile, retrouver ses amis, tout simplement. On finit par trouver une occasion aussi minime soit elle pour consommer. Tout pour se convaincre qu’on a absolument aucun problème avec l’alcool, qu’on se contente de profiter de la vie. Maurice ajoute : « On a l’image stéréotypée du mec qui se lève et qui boit sa vodka le matin, mais la consommation quotidienne avec le besoin de boire travestit en prétexte ou en occasion c’est déjà un début. Puis on finit par commencer a boire seul en se disant qu’une bière seul ça fait justement pas de moi le même mec que le vieux gars qui se réveille pour boire le matin. Puis une bière ne suffit plus alors on se fait un pack de six seul. L’alcool commence alors son travail de sape, l’addiction prend racine et le manque se manifeste aux dites heures qui avant étaient les heures attribuées à l’apéro ou aux sorties. »

© Instagram
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Autre phénomène très présent chez les jeunes, celui du « binge drinking », qui prend souvent racine dans les beuveries étudiantes d’école de commerce, de medecine ou d’ingénieur. Tout est dans la démesure. On s’alcoolise d’un coup, par effet d’entraînement avec les copains, la capacité à « tenir l’alcool » devenant synonyme de virilité. Chacun justifie sa consommation et entraîne l’autre plus loin, comme le décrit Maurice : « Tu est cerné par ce qui est socialement accepté et vu comme cool aussi : bien encaisser l’alcool et avoir la gueule de bois le lendemain ».

Le phénomène ne date pas d’hier selon Daniel Bailly, professeur de psychologie. « C’est un phénomène de mode apparu dès les années 1980, période durant laquelle existait déjà cette consommation sur un mode toxicomaniaque. » Sylvain Balester-Mouret, toxicologue et addictologue, ajoute : « Avant, ce n’était pas seulement les jeunes, mais tout le village qui s’alcoolisait dans les fêtes ou lors de rites de passage ».

© Instagram
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On pourrait citer d’autres types d’alcoolisme, chaque alcoolique étant différent. Mais ce qui ressort de cette campagne, comme de l’expérience de Maurice ou du « binge drinking », c’est que ne pas savoir poser de limites à sa consommation lors de soirées ou d’événements festifs, c’est déjà être alcoolique. Boire uniquement en groupe ne signifie pas qu’il n’y a pas de problème. Être « alcoolique mondain », c’est déjà être alcoolique. Savoir poser ses limites demande une aide construite que l’on pourra rechercher en consultant un addictologue (c’est le cas de Maurice). Pour aider un proche, on pourra commencer par se tourner vers le portail d’information créé par le Fond Action Addictions : Addic’t Aide, le village des addictions.

Bien sûr, en tant que chrétien, l’aide aux proches rencontrant des difficultés avec l’alcool passe aussi par la prière. On pourra notamment les confier à saint Michel, terrasseur du dragon, ou faire pour soi une prière de demande de libération à l’addiction :

Seigneur Jésus, à toi tout est possible et ma confiance en toi est totale. Seigneur n’as-tu pas dit, dans la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (1Co 6, 19), que le corps est le Temple du Saint Esprit ? Par conséquent, nous ne devons pas l’abîmer et il ne peut pas y avoir de cohabitation entre cette addiction (la nommer) et le Saint-Esprit.

Seigneur, je dépose … (nommer l’addiction) en esprit au pied de ta Croix. Je te demande le pardon de tous mes péchés, et en particulier ceux liés à cette addiction.

Fais couler ton Précieux Sang sur moi pour me laver et me purifier de tous mes péchés.

Dans le Nom puissant de Jésus, je brise toutes les chaînes de … (nommer l’addiction) et au Nom de Jésus, je détruis toutes malédictions prononcées contre moi.

Seigneur Jésus, fais que je retrouve toutes mes facultés physiques et intellectuelles.

Guéris-moi Seigneur dans mon esprit, dans mon âme et dans mon corps de toutes mes blessures intérieures liées directement ou indirectement à cette dépendance de … (la nommer).

Seigneur Jésus, sois un refuge puissant qui me protège contre tout mal.

Envoie ton Archange saint Michel et ses légions d’anges auprès de moi pour me protéger jour et nuit.

Sainte Vierge Marie, je te demande de prier et d’intercéder pour moi afin que le Seigneur, me libère définitivement de … (nommer l’addiction)

Je te rends grâce Seigneur Jésus, pour tout ce que tu as fait pour moi à travers cette prière que j’ai fait monter vers toi.

A toi Seigneur toute la gloire, l’honneur, la puissance pour les siècles des siècles.

Amen

Retrouvez ici d’autres exemples de prières et de chapelets contre les addictions.

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