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L’étonnant pugilat d’un catholique et d’un musulman

@ Shutterstock
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Une rencontre sur le ring qui aurait pu mal tourner.

Mohammed contre Thomas. L’affiche ne fait pas forcément rêver : deux petits gabarits de 65 kilos, avec seulement 3 ans de savate au compteur. Pourtant les deux combattants se souviendront longtemps de ce match amical. L’un est converti à l’islam, l’autre est catholique. Les deux s’interrogent sur la religion de l’autre et tentent de pousser l’autre dans les cordes. Contrairement aux idées reçues, en boxe, on ne cherche pas à mettre KO son adversaire, il faut surtout éviter de prendre un mauvais coup, bouger tout le temps. S’abandonner à l’agressivité, c’est perdre ! C’est pourquoi la première attaque de Thomas est prudente, pas de côté et fouetté bas de la jambe avant : « Tu dis que tu as choisi l’islam parce que tu as rencontré une communauté accueillante, mais si tu avais rencontré des chrétiens, tu serais devenu chrétien ! »

Mohammed contre-attaque

Mohammed reçoit le coup sans broncher : « Oui, c’est possible, mais il se trouve que ce sont des musulmans qui étaient là à ce moment-là ». Il répond par un pas de côté et un coup chassé pour éloigner son adversaire. « Tu crois au destin ? ». Difficile de se dépêtrer d’une défense comme celle-là, en répondant : « oui ». Thomas donne raison à son adversaire, en répondant : « non ». Il risquerait de passer pour un mécréant, il tente d’esquiver « Je crois en la Providence ».

Tendre la joue gauche ?

Mohammed enchaîne : « Les musulmans m’ont défendu à un moment où j’en avais besoin, le problème des chrétiens c’est que vous êtes trop gentils, vous ne savez pas vous défendre ». Attaque franche : cette fois se sont les poings qui parlent, avec ce crochet qui arrive, il vaut mieux prendre la direction du coup et esquiver. « Tu fais référence à cette histoire de joue droite et de joue gauche… Comprends bien que si tu ne réponds pas à l’offense par l’offense, tu évites l’engrenage de la violence. C’est le contraire de la lâcheté ! Et ça n’empêche pas de se défendre quand c’est nécessaire, vous, vous avez réactivé la loi du Talion que Jésus avait rendue caduque ».

Poing pour poing

Mohammed esquive lui aussi dans le sens du coup : « C’est sûr, le monde serait merveilleux s’il n’y avait que des gentils chrétiens ou des bouddhistes pacifistes. Moi-même, j’étais intéressé par le bouddhisme, mais la vie s’est chargée de me montrer que les doux ne gagnent pas. Les musulmans, eux ils se défendent entre eux ». Thomas repart à l’attaque, avec un revers jambe avant auquel succède un petit direct vicieux : « Mais les tarés de Daesh et consort massacrent encore plus de musulmans que de chrétiens, pourtant est-ce que tu pourrais les contredire avec la seule base du Coran ? ». « Non », mais alors que le gant s’écrase sur la tête, la réponse fuse, comme un coup direct : »Et tes croisés, on aurait pu les contredire avec les Évangiles ? » Toujours les croisades… « Tu ne trouveras pas dans les Évangiles un texte qui suggère de massacrer les ennemis de la foi », une parade qui demanderait à être argumentée, mais c’est de la boxe, pas une discussion de salon, alors Thomas reprend : « Même la vie de ton modèle, Mohammed, est celle d’un guerrier, un homme très habile et charismatique, sans doute, mais on est loin de Jésus, le Prince de la paix ».

« Les musulmans doivent aimer Jésus »

Un coup dans le vide : « Mais les Musulmans doivent aimer Jésus », assure Mohammed. C’est un prophète, donc un bon musulman, on ne peut pas ne pas l’aimer. « Quant à Mohammed, il n’a tué qu’une personne de ses propres mains », une parade faiblarde, là aussi, les adversaires fatiguent ! Il n’y aura pas de vainqueur, seulement deux transpirants qui finissent de causer dans les vestiaires. « Tu sais, Thomas, ce qu’il y a de bizarre avec la période des croisades, c’est qu’on en retient les pires moments, mais il y a eu de belles choses, de grands hommes, Saladin, Baudouin IV le lépreux ». « Mais il y en a eu d’autres », conclut Thomas. « Oui, mais à cette époque, les chrétiens et les musulmans ont appris à se connaître sur le champ de bataille. Il y a eu des mariages entre chrétiens et musulmans, du respect des uns pour les autres ».

– « Ce serait bien d’apprendre à se connaître en dehors du champ de bataille. Peut-être que les bons combattants des deux camps se retrouveront au paradis ?!
– Aucune chance, rigole Mohammed. Les associateurs ne vont pas au Paradis.
– Même les saints ?.
– Le pire assassin a plus de chance d’aller au paradis qu’un associateur, mais au Jugement dernier, Dieu fera ce qu’il voudra.
– De notre côté, on pense que tout homme peut accéder au Paradis.
– Je te le disais bien, le problème des chrétiens c’est que vous êtes trop gentils ».

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