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Béatification d’un catholique italien qui a refusé de prêter allégeance à Hitler

© OTFW CC Via Wikipedia COMP
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Josef Mayr-Nusser a été fidèle au 1er commandement : "Tu n’auras pas d’autres dieux que moi".

J’aime beaucoup feuilleter les livres de saints et de futurs bienheureux. Un jour, j’ai lu l’histoire de Josef Mayr-Nusser. Son nom a attiré mon attention parce qu’il était membre de la Société de Saint-Vincent-de-Paul, tout comme moi. Josef et moi avions quelque chose en commun, en plus d’être catholiques. Bien que nous n’ayons pas vécu à la même époque, nous avons trouvé notre voie dans le même ministère.Il y a cependant une grosse différence entre nous : en 1945, il est mort en martyr aux mains des nazis. Il sera béatifié en mars 2017.

La Société de Saint-Vincent-de-Paul

Il est né en 1910 à Bolzano (Italie). Ses parents étaient de fervents catholiques : ils ont éduqué Josef et son frère Jakob dans l’Amour du Christ et de Son Église. Jakob est devenu prêtre et Josef est resté très fidèle à la foi catholique. Depuis tout petit, il s’est passionné pour la vie du bienheureux Frederick Ozanam (le fondateur de la Société) et celle de Saint-Vincent-de-Paul. À 22 ans, il a rejoint la Conférence Bolzano de la Société. Cinq ans plus tard, il est devenu le président de la Conférence. Notre lien est devenu plus fort : j’ai moi-même été le président pendant sept ans.

La Société est dotée d’une Règle approuvée par le Vatican, qui s’applique aux Vincentiens du monde entier depuis 1937. C’est un réseau de charité qui se déplace auprès des personnes dans le besoin : leur action phare est la visite à domicile, et ce depuis la fondation de la Société.Rien n’est plus terrible que de ne pas pouvoir fournir l’aide dont les gens ont besoin, et que des familles soient mises à la rue sous vos yeux. Je suis sûr que ces expériences ont marqué Josef Mayr-Nusser, car il est devenu un ardent défenseur des pauvres à Bolzano. En tant que président de la Conférence, je peux comprendre ce qu’il a dû endurer. Cela a consolidé la connexion que je ressens avec lui. Je ne peux pas imaginer ce que cela a dû être de vivre pendant le nazisme.

« Je ne peux pas prêter allégeance à Hitler au nom de Dieu »

En 1942, Josef a épousé Hildegard Straub, qui a donné naissance à Alberto en 1943. Mais les circonstances désastreuses de la Seconde Guerre mondiale ont scindé la famille. Les nazis avaient pris le contrôle de Bolzano, et Josef a été mobilisé et envoyé en Prusse pour y suivre un entraînement militaire. Josef haïssait Hitler et son idéologie : il était membre d’un groupe anti-nazi, « Andreas Hofer Bund ». Lorsqu’il a été appelé à prêter allégeance à Hitler, son sort a été scellé.

C’était le 4 octobre 1944. Il s’est avancé et a déclaré : « Je ne peux pas prêter allégeance à Hitler au nom de Dieu. Je ne peux pas, parce que ma foi et ma conscience m’en empêchent ». Ses amis ont tenté de le pousser à se rétracter. Il a refusé. Ils se sont fâché et l’ont secoué, mais il a campé sur sa position et a refusé de porter le serment S.S. Il pensait que le nazisme ne pourrait jamais être conciliable avec le christianisme, cette idéologie étant entièrement opposée à la loi divine. En février 1945, il a été condamné à mort pour trahison. Mais le Christ l’a appelé auprès de lui plus tôt : il est mort d’une dysenterie sur le chemin vers le camp de concentration de Dachau. Quand son corps a été retrouvé, il tenait dans sa main une bible et un chapelet. Il avait 34 ans.

Le 1er commandement que la Seigneur a donné à Moïse était : « Tu n’auras pas d’autres dieux que moi ». Josef Mayr-Nusser a refusé de remplacer le Seigneur par Adolf Hitler. Cela lui a coûté la vie. Il est maintenant connu pour être « le martyr du 1er commandement ».La prochaine béatification de Josef Mayr-Nusser a été approuvée par le Saint-Siège le 8 juillet 2016, et aura le lieu le 18 mars 2017 à Bolzano.

Je demande à mon frère Vincentien, le bienheureux Josef Mayr-Nusser, de prier pour nous.

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