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L’Ukraine, ce pays détruit que le pape François veut sauver

An armed pro-Russian separatist of the self-proclaimed Donetsk People's Republic (DNR) walks in front of the destroyed Donetsk International Airport on June 1, 2016. Ukraine's pro-Russian eastern insurgents on June 1 accused Kiev's soldiers of launching a new blitz near a prized but long-obliterated airport in the separatists' de facto capital of Donetsk. The claim appears to fit with a mounting death toll reported by the pro-Western leadership in Kiev and foreign monitors from the Organization for Security and Co-operation in Europe (OSCE). / AFP PHOTO / Aleksey Filippov

Isabelle Cousturié - Publié le 17/06/16

Le secrétaire d’État du Saint-Siège, est l'envoyé spécial du Saint-Père au cœur d'un drame humanitaire qui se déroule sous nos yeux.

« Étant donné la gravité de la situation actuelle, je me rendrai moi-même sur place le mois prochain, pour exprimer la solidarité du Saint-Père à tous ceux qui souffrent », avait annoncé le secrétaire d’État Pietro Parolin, lors de sa visite en Estonie en mai dernier. En Ukraine, la situation est en effet catastrophique et l’attention médiatique n’y est pas du tout, reproche le Vatican.

Le conflit entre séparatistes pro-Russes et l’armée ukrainienne peine à s’arrêter malgré les accords de Minsk, signés en 2015, prévoyant un cessez-le-feu et la reconnaissance par Kiev d’un statut particulier au Donbass. Il a fait selon l’ONU près de 10 000 morts, 21 000 blessés et plus de 1,5 million de déplacés depuis avril 2014, date de son déclenchement après l’annexion de la Crimée par la Russie un mois auparavant. À quelques semaines du Sommet de l’OTAN, prévu début juillet à Varsovie, la tension est remontée d’un cran entre les forces du gouvernement de Kiev et les séparatistes du Donbass, et donc automatiquement entre la Russie et les pays occidentaux, marquée par une augmentation des « exercices » militaires dans la région.

Sensibiliser les européens

Cela n’a donc pas empêché le Secrétaire d’État du Saint-Siège de partir en visite officielle de cinq jours en Ukraine (15-20 juin). Sa mission : transmettre la solidarité du pape François à tous ceux qui souffrent des conséquences de ce conflit, et qui « tiennent une place particulière et constante dans son cœur et ses prières », comme le Saint-Père ne cesse de répéter dès qu’il en a l’occasion.

Le 24 avril dernier, les paroisses d’Europe étaient invitées à une quête spéciale pour récolter des fonds à l’intention « du peuple ukrainien sans distinction ». Une initiative que le François souhaitait « personnellement » pour sensibiliser les Européens au drame humanitaire de tout le peuple ukrainien qui « ne cesse de s’aggraver », soulignait à cette occasion à Aleteia Mgr Borys Gudziak, évêque des gréco-catholiques d’Ukraine pour la France.

Sur place, un comité technique a été mis en place pour répartir les dons. Son mandat est prévu pour une période d’un an « renouvelable si nécessaire », et a pour siège social la curie du diocèse de Kharkiv-Zaporijia, proche de la zone de conflit. Les référents du projet sont : la Secrétairerie d’État et le Conseil pontifical Cor Unum. Ce jeudi 16 juin, le cardinal Parolin y fait une halte pour rencontrer le comité présidé par l’évêque auxiliaire, Mgr Jan Sobilo, et un groupe de réfugiés ayant du fuir leurs villes ou villages à moitié détruits par le conflit, le manque de nourriture et de soins médicaux ; 2 millions d’Ukrainiens du Donbass et de la Crimée ont fui leur région et ont été accueillis par 40 millions d’Ukrainiens.

Séjour du cardinal Parolin

Pendant son séjour en Ukraine, le Secrétaire d’État doit également rencontrer le président Petro Porochenko ainsi que le ministre des Affaires étrangères et le président du Parlement, à Kiev. Il déposera une gerbe de fleurs sur la place Maïdan, d’où est partie la violente révolte de 2014 et visitera le musée d’Holodomor, en mémoire des victimes de la grande famine des années 1930, dont la responsabilité est attribuée à l’Union soviétique, fait savoir Radio Vatican.

Le cardinal doit par ailleurs bénir une place où doit être érigée une nouvelle église dédiée à saint Jean Paul II. À Lviv, le dimanche 19 juin, il assistera à la Divine liturgie de la Pentecôte en la cathédrale grecque-catholique de Saint-Georges, et le lendemain prononcera un discours devant le Conseil pan-ukrainien des Églises et des organisations religieuses.

Oecuménisme et diplomatie

Après la rencontre à Cuba entre le patriarche de Moscou Cyrille et le pape François, le 12 février dernier, les gréco-catholiques, minoritaire en Ukraine, se sont sentis « trahis » par le Saint-Siège, et avaient critiqué leur déclaration commune, la considérant « comme une sorte de soutien indirect à l’agression russe contre l’Ukraine ». En même temps, dans une longue interview diffusée le 14 février, le Primat de l’Église grecque catholique en Ukraine, Mgr Sviatoslav Schevchuk, avait invité sa communauté à « ne pas dramatiser cette déclaration et ne pas exagérer son importance dans la vie de l’Église ».

Une semaine plus tard, le pape François s’était exprimé à son tour sur la question: « En un tel moment de guerre et de souffrance, toutes les interprétations sont compréhensibles », avait-il souligné à bord de l’avion le ramenant du Mexique à Rome. Et il avait ajouté : « Sur cette question de l’Ukraine, on peut discuter. Dans le document, on dit qu’il faut stopper la guerre et aller aux négociations mais il faut aussi y voir un désir d’unité, d’avancer, un désir d’œcuménisme », fortement souligné par le Primat. « Cet homme est œcuménique… Avant la rencontre, il m’a écrit, mais comme un frère, en me donnant son opinion de frère », avait conclu le Saint-Père.

La visite du cardinal Parolin sera certainement une nouvelle occasion pour le Saint-Siège de réaffirmer sa neutralité et ses liens avec eux, tout en soutenant les 5,5 millions de fidèles ukrainiens catholiques de rite byzantin qui lui sont rattachés, et poursuivant son rapprochement avec l’Église orthodoxe russe.

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