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Aleteia ressuscite le code de chevalerie (10/10). Tu croiras à tout ce qu'enseigne l'Église

© José Daniel Cabrera

Arthur Herlin - Bruno de Mas Latrie - Publié le 12/06/16

Uni avec lui-même, uni avec les autres, uni avec l'Église, uni avec le Christ, le chevalier est alors conscient qu'il peut soulever des montagnes.

À quoi peut bien ressembler le chevalier des temps modernes ? Pour répondre à cette épineuse question, Aleteia a remis au goût du jour un ancien code de chevalerie en vigueur au XIIesiècle. Ces dix commandements, à l’image du décalogue de l’Église catholique, dictaient la conduite des chevaliers désireux de cultiver les saintes vertus et d’éveiller en eux les sentiments les plus nobles. Répondant aux problématiques médiévales, un tel code peut à première vue sembler désuet ou inapproprié à l’époque moderne. Vraiment ? Largement imprégnés par la morale chrétienne, ce seront des prêtres, bien dans leur époque, qui revisiteront et réactualiseront pour vous les préceptes de ce code dont notre société moderne gagnerait beaucoup à s’inspirer. Faisons naître ensemble un nouvel esprit chevaleresque ! 

Cette semaine Bruno de Mas Latrie, diacre de la paroisse Sainte-Marie des Batignolles à Paris, qui sera ordonné prêtre le 25 juin prochain, s’est penché sur l’ultime commandement de notre code de chevalerie. 

Tu croiras à tout ce qu’enseigne l’Église et observeras tous ses commandements

En tant que chevalier, tu crois en des valeurs et tu considères qu’elles sont le combat de ta vie. Quand il est dit : « Tu défendras la veuve et l’orphelin », le chevalier en fait automatiquement son objectif de vie. L’Église aussi a ses valeurs, qui sont pleinement adaptées à la noblesse d’âme du chevalier. Comme lui, elle est tournée d’abord vers les plus fragiles, c’est ce qu’on appelle en sociologie « l’option préférentielle pour les pauvres ». C’est donc le rôle du chevalier que de s’y conformer et de donner sa vie pour les autres et pour sa mère l’Église.

Le chevalier ne doit pas recevoir les commandements de l’Église comme extérieurs à lui-même. Ils sont déjà bien présents au plus profond de lui et se révèlent dans l’obéissance. De la sorte, à aucun moment il ne subit les règles émanant de l’Église. Tout au contraire, il les vit et les incarne pleinement. Les règles sont un cadre, tel un peintre qui se fixe pour limites les bords de sa toile afin de donner libre cours à son inspiration en son centre. Le chevalier perçoit le cadre de l’Église comme un outil lui permettant de placer les fondements de sa liberté.

Obéir (ob-audire) dans la foi, c’est se soumettre librement à la parole écoutée, parce que sa vérité est garantie par Dieu, la Vérité même. De cette obéissance, Abraham est le modèle que nous propose l’Écriture Sainte. La Vierge Marie en est la réalisation la plus parfaite.
Catéchisme de l’Église catholique chap 3, article 1, 144

Voilà pourquoi notre chevalier doit obéir à son Église. Beaucoup voient l’enseignement de l’Église comme un amoncellement de permissions et d’interdictions. Il n’est pas question de s’exécuter de manière servile, mais au contraire de faire preuve d’obéissance filiale, comme envers sa propre mère, parce que chacun sait qu’elle ne nous veut que du bien. Dans son rapport à la loi, saint Paul distingue ceux qui vont la vivre de manière servile comme des esclaves et ceux qui vont la vivre comme des fils. Ce dernier à accès à l’héritage, pas l’autre.

Pour atteindre cet état de fait, il est d’abord essentiel de comprendre les règles comme l’enseigne saint Augustin : « Croire pour comprendre et comprendre pour croire ».  Quand une mère dit à son enfant d’éloigner sa main de la flamme, ce dernier doit parfois faire l’expérience de la brûlure pour comprendre une fois pour toute la justesse de la bienveillance maternelle.

Comprendre les enseignements de l’Église impose aussi de s’affranchir de ses idées reçues pour se former dans les textes et auprès des vrais hommes de foi ; seule voie valable pour prendre conscience de la sagesse de la spiritualité catholique. L’essentiel se manifeste alors dans l’esprit du chevalier : respecter les plus pauvres et les protéger, l’un des premiers commandements chevaleresque.

« Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? »
Jésus lui répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le grand, le premier commandement. Et le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépend toute la Loi, ainsi que les Prophètes ». (Mt 22, 36-40)

Lorsqu’un pharisien demande à Jésus : « Quel est le grand commandement ? », le pharisien n’en demande qu’un seul, pourtant Jésus lui répond par deux commandements. En réalité, ils ne font qu’un, car « aimer ton prochain » c’est « aimer Dieu ». Jésus ne dit-Il pas : « Le second lui est semblable ? ». Donc le premier commandement du chevalier est : « Tu aimeras ton Dieu et ton prochain de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit ». Viennent ensuite les cinq préceptes de l’Église tels qu’ils sont présentés dans le Catéchisme de l’Église catholique (CEC) :

Le premier commandement : « Les dimanches et les autres jours de fête de précepte, les fidèles sont tenus par l’obligation de participer à la Sainte Messe et de s’abstenir des œuvres serviles ». Ce commandement enjoint aux fidèles de sanctifier le jour où l’on commémore la Résurrection du Seigneur, ainsi que les principales fêtes liturgiques où l’on honore les mystères du Seigneur, de la Bienheureuse Vierge Marie et des Saints, avant tout en participant à la célébration eucharistique qui rassemble la Communauté chrétienne, et de se libérer de tous ces travaux et de ces affaires qui sont de nature à empêcher la sanctification de ces jours.
Le deuxième commandement : « Tout fidèle est tenu par l’obligation de confesser ses péchés au moins une fois par an ». Il est proposé de se préparer ainsi à l’Eucharistie par la réception du sacrement de la Réconciliation, qui continue l’œuvre de conversion et de pardon du Baptême.
Le troisième commandement : « Tout fidèle est tenu par l’obligation de recevoir la Sainte Communion au moins chaque année à Pâques ». Il garantit un minimum dans la réception du Corps et du Sang du Seigneur en liaison avec les fêtes Pascales : origine et centre de la liturgie chrétienne.
Le quatrième commandement : « Aux jours de pénitence fixés par l’Église, les fidèles sont tenus par l’obligation de s’abstenir de viande et d’observer le jeûne ». Ce commandement assure des temps d’ascèse et de pénitence qui nous préparent aux fêtes liturgiques et nous disposent à acquérir la maîtrise sur nos instincts et la liberté du cœur.
Le cinquième commandement « Les fidèles sont tenus par l’obligation de subvenir aux besoins de l’Église », énonce que les fidèles sont tenus de subvenir aux nécessités matérielles de l’Église, chacun selon ses possibilités.
(CEC 2014-2043)

Le chevalier doit par ailleurs poser un acte afin de marquer son obéissance : comme avec sa femme, chacun peut répéter « je t’aime », mais s’il ne manifeste pas son amour par des actes, ses mots n’ont aucune valeur. L’acte le plus démonstratif du chevalier envers son Église est sans aucun doute le sacrement du baptême, par lequel nous prêtons serment. Par la communion et la confirmation, chacun est amené à renouveler cet engagement en toute conscience. Le chevalier doit manifester son attachement à l’Église en se mobilisant : en se mettant au service des plus pauvres, en se formant, en rendant un quelconque service, le chevalier pose alors une preuve concrète de sa confiance.

En désobéissant le chevalier court le risque de s’isoler et de tomber dans le subjectivisme en suivant ses propres buts. Il devient de facto un chevalier errant, esclave de sa vanité. Le chevalier doit se prémunir de cet écueil en veillant à vivre concrètement les valeurs qu’il défend. Les scouts appellent cela « l’unité de vie »: ce que je pense et ce que je réalise ne doivent faire qu’un.

L’obéissance filiale revient à œuvrer pour son bien et au nom de l’amour que l’on porte à l’autre. Dans un tel rapport, nous nous oublions et ne faisons plus qu’un avec lui et sa volonté. Tels les hoplites grecs qui font corps, conscients que de leur obéissance dépend la survie du groupe tout entier. Dès lors le chevalier contribue au principe d’Unité si cher au Christ. Uni avec lui-même, uni avec les autres, uni avec l’Église, uni avec le Christ, le chevalier est alors conscient qu’il peut soulever des montagnes.

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