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Être apte à garder le silence

Joanne McPortland - Publié le 04/05/16

Se taire est parfois bénéfique !

Dans la controverse entourant la récente exhortation apostolique du pape François, Amoris Laetitia, une section extraordinaire a été oubliée. Au chapitre 4, « L’amour dans le mariage », le Saint-Père propose une exégèse émouvante d’une lecture très courante pendant les mariages, l’hymne de Saint-Paul à l’amour.

Cela va plus loin que le mariage pour englober la miséricorde dans l’action. L’amour que saint Paul célèbre comme la vertu la plus grande et la plus durable devrait imprégner toute relation humaine. C’est pourquoi j’ai été frappé par les réflexions du Pape sur la phrase « l’amour supporte tout « .

La parole est d’argent, le silence est d’or

Paul dit que l’amour supporte tout. Cela ne signifie pas seulement tolérer le mal ; cela concerne l’utilisation même de la langue. Le verbe peut signifier « garder le silence » sur ce qui ne va pas chez une autre personne. … En cherchant à faire respecter la loi de Dieu, nous ne devons jamais oublier cette exigence particulière de l’amour.

La suggestion de la semaine en cette année du jubilé – pratiquer la miséricorde – n’est pas une option, mais « une exigence spécifique de l’amour » : tenir sa langue. L’amour, la miséricorde, impliquent plus souvent que je ne l’admets de savoir se taire.

Cette notion n’est pas nouvelle. La lettre de Jacques ne cache pas le pouvoir destructeur des discours cruels chez les premiers chrétiens.

« Voici comme un petit feu peut embraser une grande forêt. La langue aussi est un feu. C’est un monde de mal placé parmi nos membres, souillant tout le corps, et enflammant le cours de la vie, étant elle-même enflammée par la géhenne.  » (Jacques 3 : 5-6)

De nos jours, nous ajouterions les doigts et les pouces qui tapotent sur le clavier et peuvent mettre le feu de la même façon.

Les situations où il est préférable de tenir ma langue

  • Lorsque je dois avoir le dernier mot. Que ce soit une querelle familiale ou politique, je sais rarement quand me taire. Mais dans l’amour et la miséricorde, on n’inscrit pas les points. Personne n’a totalement raison, et les sujets de nos disputes sont souvent peu importants. Nous disons de certains qu’ils sont bons perdants : ils privilégient l’harmonie en gardant le silence.
  • Lorsque j’entends un ragot croustillant. Le pape François qualifie cela de « jubilation sinistre ». Parler mal des autres c’est mettre le feu aux poudres. Tenir ma langue implique souvent de refuser d’écouter ou de lire les ragots.
  • Lorsque je suis intelligent. J’ai grandi dans une famille irlandaise où le sarcasme était un langage d’amour. Nous devions nous endurcir face aux moqueries. Mon esprit comporte une part d’acidité qui a pesé sur certaines de mes relations.
  • Lorsque que j’essaye simplement d’être serviable ! C’est un piège dans lequel nous sommes nombreux à tomber, en nous précipitant devant le silence ou la tristesse des autres, en offrant un flot de conseils non sollicités. Dans pratiquement chacune de ces situations, la réponse réellement utile et miséricordieuse serait un silence réceptif, une présence à l’écoute. Trop souvent, je réagis en envoyant des liens avec des sites médicaux, en faisant de la psychanalyse d’amateur, ou pire encore en racontant mon expérience bien pire. Chacune de ces réponses est un manque de respect envers la personne que je dis vouloir aider. Il me faut un rappel, peut-être sur mon bureau : Tais-toi et prie. Oui, toi. Maintenant.

En cette année de jubilé et après, je m’exercerai à tenir ma langue, et à me taire au nom de la miséricorde. Prierez-vous pour moi ? Oui, vous. Maintenant.

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MiséricordeSaint Paulsilence
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