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Gentil malgré moi

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Parce que les autres ne sont pas les figurants de ma propre existence.

Quand je l’ai rencontrée, elle m’a regardé comme si j’étais la pire personne qui soit, même si elle ne m’avait jamais vu auparavant. Je ne l’ai pas aimée non plus. Nous nous croisions parfois car nous avions des amis en commun, des gens qui avaient accepté la tâche d’être amis avec elle. Elle regardait tout le monde de la même manière y compris moi. C’était vraiment difficile de l’aimer. Elle pouvait ouvrir un cadeau et le jeter à la poubelle devant la personne qui lui avait offert.

J’essayais d’être gentil car je pensais que c’était le comportement a adopter. Je savais que Jésus attendait de moi que je sois sympathique à son égard car c’est ainsi que sont les chrétiens. (J’étais épiscopalien à l’époque, une forme de chrétienté basée sur la gentillesse) mais je ne parvenais pas à dépasser mon aversion instinctive devant tant de méchanceté. C’était une gentillesse forcée et je suis certain qu’elle le voyait.

Puis, quelqu’un qui la connaissait depuis toujours m’a raconté qu’elle avait été maltraitée durant son enfance. En réaction, elle dressait un mur entre elle et le monde. Elle semblait se détester autant que ses parents l’avaient détestée.

Je n’avais pas plus de sympathie pour autant car elle n’était vraiment pas très engageante. Je ressentais de la pitié mêlée d’empathie, quoique de courte durée, mais pas d’enthousiasme ou d’affection pour elle. Mais je pouvais dorénavant voir à travers les failles de ce mur qu’elle dressait entre elle et les autres.

J’avais donc une raison d’essayer d’être gentil avec elle au-delà de la simple obligation morale, du « sois gentil » ou du « Fais aux autres ce que tu voudrais qu’il fasse pour toi » proposé par Jésus. Je pouvais lui sourire sincèrement, ou presque.

En théorie, nous devons nous aimer les uns les autres parce que nous aimons Dieu. Nous devrions être de Bons Samaritains car Jésus est mort pour nous. C’est ce que les prêtres nous disent tout le temps. Chaque pas de plus nous rapproche dans la sainteté et amplifie la charité. Plus vous aimez Dieu, plus vous aimez les gens.

Mais il est difficile de comprendre suffisamment les histoires des autres pour parvenir à changer de sentiments à leur égard. Nous sommes surtout intéressés par nos propres histoires. Pourtant, pour les non-saints que nous sommes, il devient tellement plus simple de devenir un Bon Samaritain quand nous connaissons les souffrances de notre prochain ! Nous devrions aimer autrui comme notre Père du Ciel, et croyez-moi, connaitre son histoire peut nous faciliter la tâche.

C’est en tout cas mon expérience. Je repense aux jugements que j’ai portés sur les autres dans ma jeunesse et je les regrette. Il s’agissait de personnes blessées, mais je ne le comprenais pas. Je ne les envisageais uniquement que par rapport à moi-même. Comme les figurants de ma propre existence.

Si connaître l’histoire des gens nous aide à nous soucier d’eux, cela nous pousse à agir. Voici ce que j’ai essayé de faire :

  • Tout d’abord, en savoir plus sur eux. Les histoires qui vous aident à comprendre les gens sont délicates et douloureuses, rares sont donc ceux qui vous en parleront de prime abord. Mais nous pouvons écouter et rassembler les fragments d’une histoire. Ceux qui reçoivent une oreille attentive dévoilent bien plus de choses qu’ils ne le pensent.
  • Ensuite, ne pas juger comme le disait Jésus, car les gens vous raconteront rarement leur véritable histoire, surtout lorsqu’elle est douloureuse. Apprendre à penser que cette personne sans intérêt voir détestable (à vos yeux) a une histoire qui, si vous la connaissiez, cela vous rendrait plus indulgent et bienveillant. Pensez aux autres comme vous voudriez qu’ils pensent à vous.

Je pense parfois encore à cette pauvre femme. Il est plus facile d’éprouver de la compassion trente ans plus tard car elle ne me fixe plus avec mépris. Je suis content qu’on m’ait raconté son histoire car j’ai pu éprouver de l’empathie pour elle, et devenir plus gentil à son égard.

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