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Le grand retour du Carême à la russe

© Oleg Elena Tovkach/Shutterstock
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C’est encore le Carême pour l’Église orthodoxe. En Russie, les strictes traditions ancestrales du jeûne reviennent en force.

Jean-François Colosimo, auteur et éditeur spécialiste du christianisme orthodoxe, explique : « Chez les Orthodoxes, la Résurrection est la plus grande fête de l’année ». Une fête préparée traditionnellement par un jeûne précis : aucun produit d’origine animale, ni viande, ni lait, ni œufs. L’huile et le vin ne sont autorisés que les samedis et dimanches. Le nombre des rites et des offices augmente, et pendant la Semaine Sainte, ils occupent toute la journée ! L’économie réalisée sur les achats de nourriture sert traditionnellement à alimenter la caisse des pauvres. Ce Carême investit l’espace public : les restaurants proposent des « menus de Carême ». Pendant le « dimanche des Palmes » que nous appelons le dimanche des Rameaux, les ornements sont payés par la municipalité.

Le Grand Carême

Le « Grand Carême », en opposition aux autres Carêmes préconisés par l’Église orthodoxe avant Noël et avant d’autres fêtes chrétiennes, a débuté cette année le lundi 14 mars et s’achèvera le mardi 12 avril. Outre les privations de nourriture et l’abstinence, il s’accompagne de recommandation comme de nettoyer sa maison. C’est « le printemps de l’âme », pour reprendre une expression de la tradition orthodoxe, qui insiste sur l’importance de la prière pendant cette période. La prière de saint Éphrem le Syrien, dite deux fois à la fin de chaque office du Carême, se conclut par : « Ô Dieu, purifie ton pécheur ». Un rappel de la raison de suivre ces jeûnes et ses rituels : préparer son âme à Pâques.

Retour des traditions en Russie

Le Carême orthodoxe se traduit par un temps de vie collective, où le cultuel et le culturel sont mêlés. Il a tendance à péricliter en Grèce, mais connaît au contraire un retour en force en Russie. Le Centre d’étude de l’opinion publique russe (VTsIOM) constate que pour les seules années 2011 et 2012, le nombre d’observant du Carême orthodoxe strict est passé de 11% à 17%. « L’Église russe sort des décombres », constate Jean-François Colosimo : De fait, aucune autre église, dans les pays de l’ex Union Soviétique, n’a connu comme elle les persécutions de 1917 à 1942″. 600 évêques, 40 000 prêtres, 120 000 moines et moniales ont été éliminés pendant cette période… Lénine l’exprimait clairement dans une lettre, le 19 mars 1922 : « Plus nous pourrons exécuter des représentants de la bourgeoisie réactionnaire et de prêtres à cette occasion [lors des confiscations des biens de l’Église russe, ndlr], mieux ce sera ».

Pâques au Goulag

Certains récits de cette période rapportent la résistance de chrétiens russes à l’oppression communiste. Le témoignage d’une communauté de moniales qui a continué à fêter Pâques dans le Goulag nous est traduit par Anastasia, la fille de Jean-François Colosimo. Le livre Prisonniers du communisme de K. Petrus aux éditions Saint-Ignace Briantchaninov, évêque de Stavropol (Moscou, 1996), révèle que les moniales chantaient l’hymne orthodoxe « Le Christ est ressuscité des morts », malgré les invectives des gardiens.

« Parmi les gardiens, certains criaient qu’elles étaient folles, mais d’autres cachaient leurs larmes d’émotion », traduit Anastasia Colosimo. Emmenée, battue, l’une d’entre elles, Sœur Marie, manifestait une paix de l’âme qui exaspérait les membres du NKVD (police politique de l’URSS) les plus durs. Le père Georgij Mitrofanov, prêtre orthodoxe russe, professeur d’Histoire à l’Académie théologique orthodoxe de Saint-Pétersbourg, conclut dans Zenit, que le peuple russe a révélé à la fois le caractère utopiste et stérile du communisme et « le caractère invincible de l’Église dans son combat spirituel contre une des idéologies les plus terribles de l’histoire de l’humanité. »

Retour des vocations

Les Russes, attachés à leur pays, font de l’Église orthodoxe une composante essentielle de « l’âme russe ». À l’heure actuelle, la Russie compte 30 000 prêtres, souvent jeunes, signes vivants de la renaissance d’une Église que l’on a tenté d’enfouir par tous les moyens, pendant soixante-dix ans.

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