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Un Pape au service de l’amour, de l’espérance et de la vérité : Benoît XVI

© vipflash / Shutterstock.com

Jules Germain - Publié le 24/03/16

En huit ans de pontificat, Benoît XVI a marqué l'Église catholique d'une profonde empreinte.

Les trois encycliques du pape Benoît constituent une œuvre fondamentale toujours à redécouvrir pour comprendre ce que dit et ce que pense aujourd’hui l’Église Catholique, au sujet de Dieu, de l’amour, de l’espérance et de la vérité, comme le soulignent nos confrères de la revue de la conférence episcopale allemande katholisch.de. L’encyclique Lumen Fidei commencée par Benoît et achevée par François, évoquait ainsi, après la Charité et l’Espérance, la dernière vertu théologale, la Foi. Revenir sur ces encycliques est donc un moyen de comprendre dans quel prolongement se trouve aujourd’hui le pontificat du pape François.

Deus caritas est

Le 25 février 2006, le pape Benoît publie sa première encyclique intitulée « Deus caritas est » (Dieu est amour). Le Pape a mis en lumière une dimension fondamentale du Christianisme : l’amour de Dieu et l’amour pour le prochain constituent les deux faces d’une seule et même médaille et qui sont inséparables. L’Église ne peut en aucun cas renoncer à servir les hommes en détresse dans les actes de la vie les plus concrets, de même qu’elle ne peut pas renoncer à annoncer l’Évangile et à encourager à vivre les sacrements. Le Pape appelle également les œuvres issues de la solidarité chrétienne à présenter un profil qui mette au cœur de leur démarche l’acte de foi, permettant à l’action de ne pas se transformer en un activisme uniquement centré sur les résultats chiffrés.

Le Pape explique ensuite la spécificité chrétienne de l’amour du prochain. Il rappelle ainsi que cet amour qui découle de l’amour de Dieu est une mission de l’individu qui doit ensuite rayonner dans toute la communauté ecclésiale. L’amour du prochain et la charité seront d’après Benoît XVI toujours aussi nécessaire, quand bien même la société serait plus juste ou plus égalitaire. La solution ne peut être uniquement une solution bureaucratique et étatique : l’homme qui souffre a besoin d’une attention personnelle et gratuite et pas simplement d’une aide dispensée par une administration. D’après le principe de subsidiarité, il est primordial que l’État encourage les initiatives de solidarité privées tout en répondant à sa propre mission.

L’encyclique avait été reçu très positivement, autant dans l’Église que par les hommes politiques et les scientifiques. Jan Heiner Tück, journaliste à la Neuen Zürcher Zeitung, avait remarqué : « contrairement à ses prédécesseurs, le Pape ne s’appuie pas uniquement sur les Écritures et la Tradition mais il entre dans un véritable dialogue avec la philosophie : Platon et Aristote sont autant cités que Nietzsche et Marx. »

Spe salvi

« Spe salvi » – « sauvés dans l’espérance » : voilà le titre de la deuxième encyclique publiée par Benoît XVI le 30 novembre 2007. Il aborde un thème central du Christianisme : l’espérance, et montre les limites des promesses de lendemains qui chantent des diverses idéologies d’un progrès qui reste purement terrestre et matérialiste. Au fil des quatre-vingts pages, le Pape insiste sur le fait que seul Dieu peut donner un fondement solide et viable à l’espérance et montre dans quelle mesure cette espérance est un des points fondamentaux de la foi chrétienne.

Le Pape se confronte ensuite avec les idées de la révolution française, avec Kant, Marx et Engels ainsi qu’avec des philosophes critiques comme Adorno et Horkheimer. Il montre ainsi en quoi la science et les théories politiques n’ont pas su répondre aux attentes de l’homme en ce qui concerne les fins dernières de l’homme et du sens de l’histoire. On y découvre également le caractère néfaste d’une représentation impersonnelle de l’au-delà. « Car le ciel n’est pas vide » et la vie n’est pas simplement le produit du hasard de la matière.

C’est à chaque génération que les hommes doivent se confronter au monde et repenser leurs liens à la société. De bonnes structures peuvent contribuer au bien du monde, quand bien même elles ne suffisent jamais en elles-mêmes. Si l’on ne laisse pas Dieu ordonner le monde à sa puissance de vie, le monde finit toujours emporté par une puissance de destruction, comme l’ont été les grandes civilisations simplement terrestres, alors que des structures plus humbles et fragiles comme l’Église catholique ou le peuple juif ont traversées les siècles et seront toujours debout à la fin des temps.

Caritas in veritate

C’est en tant que complément à la doctrine sociale de l’Église que fut publiée le 7 juillet 2009 la troisième encyclique du Pape Benoît XVI : il s’agit d’une encyclique visant à promouvoir le « développement intégral des hommes dans l’amour et la vérité ». Dans cette encyclique, le pape propose la création d’une fiscalité internationale. Une autorité fiscale internationale, dans le contexte de la crise économique globale, apparait nécessaire pour cadrer et contrôler l’économie mondiale.

La crise économique et financière révèle ainsi de graves dysfonctionnements et des abus dans le fonctionnement actuel de l’économie : des transformations structurelles fortes sont donc indispensables. Si la richesse d’un point de vue global augmente, les inégalités augmentent notamment dans les pays riches où de nouvelles formes de pauvreté font leur apparition. Dans les pays en développement, le contraste entre des groupes qui connaissent une transformation vers un consumérisme exacerbé et le scandale de l’effroyable misère de larges parts de leurs populations suscite de nombreuses interrogations.

Benoît XVI évoquait également déjà la protection de l’environnement et du climat comme une priorité : il est primordial de développer une attitude responsable vis-à-vis de la nature, en vue de mettre en place de nouveaux projets qui soient soutenables et viables à long terme et permettent à la population de se nourrir et de se loger convenablement. Il évoquait également la menace d’une idolâtrie de la nature : elle ne peut en aucun cas être considérée plus importante que l’homme, même si c’est bien l’homme qui doit transformer son style de vie.

Enfin Benoît XVI mettait en garde avec insistance ses lecteurs sur le développement d’une « culture de mort » en pointant du doigt la banalisation de l’avortement, les menaces de l’euthanasie et le développement de l’eugénisme dans la planification des naissances. Ces injustices et ces inégalités sont des actes effroyables et il ne faut pas selon Benoît XVI hésiter à s’en indigner comme toutes les injustices à très juste titre.

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