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La grande illusion des fashionistas d'Instagram

© Capture d'écran / Instagram

Marie Lorne - Publié le 14/11/15

Poses à répétition, désir marketé, rêve retouché et sourire forcé pour des "likes", des "views", des "followers"...

La fille a l’air parfaite. On dirait qu’elle sort d’une boîte. Magnifique. Ce qu’on ne sait pas toujours, c’est que ces clichés, en apparence très naturels, cachent parfois une réalité autrement plus trouble. C’est le cas d’Essena O’Neill, une jolie Australienne de 18 ans seulement. Elle affichait le chiffre insolent de 700 000 followers sur Instagram. Habituée des poses en bikini et des clichés de rêve, elle vivait dans un corps de déesse. Du yoga aux cocktails dans la piscine en passant par les paysages bucoliques, elle incarnait la perfection.

« Des images arrangées et des extraits de vie édités puis classés les uns par rapport aux autres »

Un jour, dans une vidéo pas comme les autres, elle a voulu montrer l’envers de cette perfection-là : « Je postais avec pour seul but la reconnaissance. Les réseaux sociaux m’ont permis de faire du profit en trompant les gens. J’ai bâti une image de moi à la perfection forcée. Après tout, ce n’était qu’une illusion. Une performance. Un show pour tous les autres. Vous vous rendez compte que j’ai failli oublier que je jouais un rôle ? », raconte-t-elle.

Et la star d’Instagram d’expliquer l’engrenage : « Les réseaux sociaux, surtout quand on les utilise comme je le faisais, n’ont rien à voir avec le réel. Ce ne sont que des images arrangées et des extraits de vie édités puis classés les uns par rapport aux autres. C’est un système basé sur la reconnaissance sociale, le nombre de ‘likes’. Tout cela m’a consumée à petit feu. ».

Devant ce constat, Essena O’Neill décide d’apposer de nouvelles légendes sur ses photos, celles qui attestent la vérité sur la prise de vues. Exemple ? Cette photo d’elle en maillot de bain sur la plage : « Ce n’est pas la vraie vie (…). J’ai crié sur ma petite sœur pour qu’elle continue de me photographier jusqu’à ce que le résultat me convienne ».

« Je n’étais pas aimée »

Paradoxalement, alors « adulée » par sa communauté de fans, Essena O’Neill ressent une immense solitude et un vide d’amour : « Pendant un temps, moi aussi j’ai vécu dans le rêve. J’avais la gloire et la reconnaissance sociale. (…) Mais je n’étais pas en sécurité, j’étais emprisonnée. Je me faisais belle, comme une poupée, prête à être cajolée par les gens. Je n’étais pas aimée, car qui pourrait aimer une façade ? Alors que je finissais mes études, je suis tombée amoureuse de l’idée que je pouvais valoir quelque chose aux yeux des autres ».

Révélations pleinement sincères ou pas, ces confidences en disent long sur l’aspect trouble des publications de fashionistas sur Internet. Sitôt après avoir annoncé son départ des réseaux sociaux, la star s’est empressée d’y revenir. Addiction ? Mensonges organisés ? Ruses de femme d’affaire ? Les raisons peuvent être multiples.

Quoi qu’il en soit, le système dénoncé par Essena O’Neil existe et elle n’est pas la seule à démystifier le pouvoir de l’image. Au moment où la star d’Instagram prenait la parole, une jeune femme, Darby Cisneros, annonçait mettre fin à son compte parodique « Socality Barbie« . Pour se moquer des nombreux comportements narcissiques du réseau social, elle mettait en scène régulièrement une poupée Barbie dans des poses ressemblant à celles des fashionistas.

Seulement, la parodie lui a échappé car, très vite, la Barbie s’est retrouvée à la tête d’une communauté de plus d’1,3 million d’abonnés. Et ce, en l’espace de seulement 22 semaines ! Agacée par ce succès décalé par rapport à la satire qu’elle avait voulu en faire, Darby Cisneros ferme son compte et réexplique son idée de départ : « J’ai commencé [Sociality Barbie], dans le but de me moquer de toutes les tendances Instagram que je trouvais ridicule. Jamais je n’aurais pensé que ce compte recevrait autant d’attention ».

La Barbie la plus populaire du Web s’est évaporée aussi vite qu’elle était venue, dans un immense succès. Fugace.

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