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L’Église passe à l’heure de l’ouverture aux divorcés remariés

© Marcin Mazur / catholicnews.org.uk

Andrea Tornielli - Vatican Insider - Publié le 27/10/15

Le synode s'achève sur l'approbation d'un rapport final entre tradition et modernité : pour la doctrine et le salut de nos âmes.

Le Synode s’achève sur une ouverture significative en direction des divorcés remariés et de leur accès aux sacrements, puisque le paragraphe traitant ce sujet, le plus controversé d’entre tous, a été approuvé par 178 voix pour, 80 contre et 7 abstentions : la majorité des deux tiers requise arrachée de justesse et à une voix seulement. Le document final a, quant à lui, obtenu une large majorité qualifiée.

Durant les deux derniers jours de débat, certains évêques, piliers de la minorité « rigoriste », n’avaient pas tari d’éloges sur le document final, déclarant ouvertement que celui-ci ne contenait pas de « changements doctrinaux » et pouvait dès lors recueillir un généreux consensus. En réalité, ils s’apprêtaient à le torpiller lors du vote secret. Une minorité qui appelait donc de ses vœux un rejet du paragraphe sur la question de l’éventuelle admission aux sacrements des divorcés remariés à travers un « discernement » au cas par cas.

Ceux qui voient dans la moindre virgule d’ouverture un « cheval de Troie » venant broyer la famille et le mariage chrétien ont du se rendre à l’évidence des mutations de la société occidentale, où tant le mariage que la famille sont déjà réduits en bouillie. Voilà pourquoi ce Synode, tout comme celui d’octobre 2014, y a consacré une bonne part de sa réflexion.

L’approfondissement inédit du texte final approuvé par les évêques reste en réalité très ancré dans la Tradition. Il rappelle en effet que « l’imputabilité et la responsabilité d’un acte peuvent être minimisées, voire annulées ». Ainsi « juger une situation objective », celle, par exemple, des divorcés remariés, «ne doit pas porter à juger l’imputabilité subjective ». Dans certaines circonstances, «les personnes peuvent difficilement agir autrement ». Dès lors, « les responsabilités face à certains actes ou décisions ne sont pas identiques dans tous les cas, tout comme les conséquences des actes ne le sont pas toujours non plus dans tous les cas, des situations que le discernement pastoral doit prendre en compte ».

La voie du discernement, fondée sur des critères établis par l’évêque, ne doit en aucun cas être assimilée à une « mise en liquidation » de la doctrine catholique sur l’indissolubilité du mariage. Ni à l’intention d’instaurer une forme quelconque d’automatisme pour tous les divorcés remariés souhaitant une admission aux sacrements. Si l’eucharistie n’est pas un droit qui se revendique, elle n’est pas, non plus, un prix que l’on octroie aux bons élèves.

Au demeurant, le paragraphe 85 du document final du synode n’insiste pas sur la codification d’un parcours de pénitence pour les divorcés remariés, ce qui aurait laissé entendre que ce cheminement devait forcément aboutir aux sacrements. En revanche, en parlant de « discernement » au cas par cas, d’appréciation objective et subjective de situations, de conscience, de relation avec le confesseur, le texte respecte et reflète profondément les critères de la doctrine classique, chers à la réflexion de saint Thomas d’Aquin, qui expliquait que plus on abordait le particulier, plus le discernement prudentiel était indispensable, parce que les histoires, les drames, les vies des gens ne sont pas toutes identiques, qu’elles ne peuvent être cataloguées, définies et passées au seul crible des « grilles doctrinales ».

Aujourd’hui, tant les médias qui, jusqu’au bout, ont cru en l’invalidation de ce paragraphe pour refermer une fenêtre qui s’entrouvrait, que les commentateurs « ouverturistes », déçus des avancées trop prudentes du synode en la matière, minimisent la portée de ce texte. Si bien qu’une fois encore dans le (court) circuit médiatique, les extrêmes se touchent et au fond s’accordent. Incapables, les uns et les autres, d’entreprendre ce « chemin ensemble » du Synode, de saisir ce regard authentiquement évangélique d’une Église qui, fidèle à l’enseignement du Seigneur, recherche toutes les voies pour rapprocher, accueillir, réintégrer, embrasser, pardonner, inclure. Consciente que défendre la doctrine, signifie en défendre l’esprit et non la lettre. Et surtout consciente que jamais le christianisme ne pourra se réduire en un pur système doctrinal, une théorie ou pire encore une idéologie.

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