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Existe-t-il un fondamentalisme catholique ?

Massimo Introvigne, sociologue italien, fondateur du Centre pour l'étude des nouvelles religions © DR
Massimo Introvigne, direttore Centro Studi Nuove Religioni, autore de “Preti pedofili. La vergogna, il dolore e la verità sull’attacco a Benedetto XVI”
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Entretien avec le sociologue Massimo Introvigne.

Le professeur Massimo Introvigne, sociologue, ancien représentant auprès de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) pour la lutte contre la discrimination religieuse, a consacré plusieurs essais à l’étude du phénomène religieux. Si son dernier ouvrage analyse la question du fondamentalisme islamique, l’auteur y pose aussi un regard très intéressant sur le fondamentalisme chrétien en général et catholique en particulier.

Aleteia : Les Églises protestantes, régies par l’axiome « sola scriptura », y voient une lecture rigoureuse de la Bible, le catholicisme, un risque d’interprétation « figée » de la Tradition. Pouvez-vous nous éclairer ?

Professeur Massimo Introvigne : Ainsi que le pape François l’a rappelé à la Messe d’ouverture du Synode, la Tradition dans l’Église est « vivante », elle n’est ni un code réglementaire figé, ni un manuel définissant les comportements orthodoxes ou non, y compris chez le Saint Père. On ne trouve en librairie aucun ouvrage intitulé La Tradition, on peut pourtant y acheter le Catéchisme de l’Église catholique. La Tradition est un dépôt vivant, dont le magistère nous donne les clés de lecture. Le fondamentalisme catholique assimile, en revanche, la Tradition à un ensemble hermétique de textes permettant de juger le Pape et au besoin, de le faire tomber dans l’hétérodoxie. N’ayant aucun livre sur lequel se fonder, le fondamentalisme se bâtit sa propre Tradition et se substitue dès lors au Pape, dans sa définition.

Quelle définition donneriez-vous du fondamentalisme ?
La métaphore de saint Jean Paul II, en préambule de la lettre encyclique « Fides et Ratio » fait également écho chez les sociologues. La foi et la raison sont bien les deux ailes indispensables au vol de l’avion. Si l’aile de la foi s’hypertrophie et dévore la raison, l’avion s’écrasera : voilà la définition du fondamentalisme. Si l’hypertrophie de l’aile de la raison avale la foi, nous sommes sur le terrain du laïcisme et, dans ce cas aussi, l’avion s’écrasera.

Aujourd’hui, face à l’expansion des réseaux sociaux s’assortissant de la propagation d’une « opinion publique » catholique plus transparente, mais aussi plus chaotique, les attaques portées au souverain pontife se font très virulentes, « le Pape n’est pas catholique », entend-on. Est-ce là l’œuvre de minorités bruyantes, d’arrière-gardes « figées » ou doit-on y voir un autre phénomène ?

Il s’agit là, selon moi, de la manifestation abrupte et sans faux-semblant du fondamentalisme catholique, déjà peu avare de critiques à l’égard de Jean Paul II et Benoît XVI, mais qui avançait masquée. Aujourd’hui, en revanche, elle s’exprime ouvertement. Le Magistère nous éclaire parfaitement sur le fondamentalisme, qu’il définit de perversion de la religion et de la foi. Techniquement parlant, il est également séditieux, puisqu’il renverse le fonctionnement, établi par les lois divines, de l’autorité de l’Église, en soustrayant au Pape son autorité au prétexte que celle-ci appartient à la Tradition.

Le fondamentalisme se caractérise notamment par ce recours à la violence physique, juridique ou simplement impunie, si répandue malheureusement dans de nombreux pays. Aujourd’hui, cette violence est bien moins forte dans le christianisme le plus « rigoriste » et pratiquement inexistante dans le catholicisme. Est-ce là une simplification ou un fait ?
C’est un fait bien réel. Le catholicisme porte en lui les anticorps de la violence. On peut dire tout le mal que l’on pense des fondamentalistes catholiques, mais jamais les accuser de violence.

Comment se libérer des fondamentalismes ? Une approche unitaire ou le devoir de chaque religion ?
Jean Paul II indiquait la voie de l’unité, par ailleurs trait dominant du Magistère de Benoît XVI : ni séparation, ni confusion, mais une collaboration de la foi et de la raison. Chaque religion possède néanmoins ses spécificités et doit trouver des voies propres pour extirper de l’intérieur le fondamentalisme.

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