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Jean Paul II, dix ans au Ciel, et la révolution de l’Amour en marche sur terre

© YOSHIKAZU MIKAMI / AFP

Virginie Tellenne - Publié le 03/04/15

Virginie Tellenne, parodiste dans le groupe Jalons sous le nom de Frigide Barjot, et présidente de L’Avenir pour tous, partage pour Aleteia son souvenir de Jean Paul II.

La première fois que Jean Paul II, l’athlète de Dieu, m’a mise groggy, c’est en 1980, alors que j’étais en train de réviser mon bac à Lyon. J’étais comme toutes les jeunes filles en quête de sensations fortes, d’amour et de beau garçon : j’ai été servie en voyant à la télévision l’arrivée au Parc des Princes, non pas d’un footballeur ou d’une rockstar, mais du nouveau Pape polonais bronzé et tout de blanc vêtu, qui escaladait les barrières sous les holas de 50 000 jeunes déchaînés. Et pour quelle raison cette enthousiasme de folie ? Pour s’entendre dire : « La permissivité morale ne rend pas les hommes heureux, la société de consommation ne rend pas les hommes heureux ! ». À contre-courant de tout ce que l’on entendait à la télévision et dans les stades à l’époque, devant une foule  gigantesque inédite – même si tous les deux ans, les records vont être régulièrement battus –, ces paroles, plutôt attendues dans les homélies place Saint-Pierre qu’au milieu d’une pelouse piétinée par des jeunes « hooligans », m’ont bouleversée.

C’est pourquoi, quand le Pape iconoclaste est venu entre Saône et Rhône, j’ai couru avec ma mère en 1986 à Eurexpo à Lyon. Et cette fois-ci, c’est le jeune homme riche incapable de laisser sa fortune pour suivre Jésus qui nous a retournées – enfin surtout ma mère bien-aimée et bien aisée. Comme beaucoup de ses congénères, elle ne pouvait laisser toute sa fortune pour Jésus, fulminant devant une religion chrétienne  trop « radicale », en matière sexuelle certes, mais surtout en matière matérielle. Ce qui ne l’a jamais empêchée de croire jusqu’à son dernier battement d’âme, et de laisser à ses enfants de quoi suivre le Christ, jusqu’à tout Lui donner. Pour m’y préparer, en avril 2005, il a fallu que j’aille dire merci à Rome à ce saint vénéré par toute la terre. Oui c’est bien avec le saint pape Jean Paul II que j’ai nourri ma conversion, afin d’effectuer ce à quoi Dieu me destinait depuis quelques années.

Ma conversion avec Jean Paul  II, Pape de la vie et de la famille

« France qu’as-tu fait des promesses de ton baptême ? » Voilà ce qui a guidé cette conversion en me poussant à m’engager chrétiennement dans le débat public. Car comment, à partir de sa mort, laisser plus longtemps notre foi chrétienne continuer de disparaître de l’espace médiatique et public ? Et petit à petit de tout notre système de normes juridiques, avec la fin de la notion d’égalité et d’altérité sexuelle ? À partir de 2005, je n’ai eu de cesse avec ces jeunes rencontrés par l’intercession du pape Jean Paul et du Saint Esprit, de chercher à contrecarrer la disparition des chrétiens de l’espace politique. Comme la loi de l’humain disparaît petit à petit au profit de la loi du marché, qui est mondialisé et prêt à tout, jusqu’à « dévorer » l’humain pour étendre son profit. Cette réalité m’est, petit à petit, devenue insupportable. Mais il fallait le courage d’ y arriver, et là encore, c’est Karol Wojtyla, le tombeur du bloc de l’Est soviétique, qui va nous le transmettre : « N’ayez pas peur d’ouvrir vos portes au Christ ! ». Il aura fallu son successeur, le pape Benoît, et les attaques inadmissibles dont il a été victime, pour que, sous l’intercession de Jean Paul II, je n’aie plus peur de me lancer dans la seule vraie bataille qui compte : celle de Dieu et de la civilisation de l’amour.

Après le discours du champ de Mars de 1997 où Jean Paul II appelait à nous élever dans la modestie pour sauver l’humanité, c’est sur ce même champ de Mars que le 13 janvier 2013 nous avons fait mentir le « sens obligatoire » de l’Histoire, en rassemblant, nous aussi avec Arnaud, Ludovine, Albéric et tant d’autres, plus d’un million de personnes pour défendre la dignité de la personne humaine, homme et femme. Que le saint intercède encore et toujours pour que la France se souvienne de son baptême et aboutisse prochainement, à la faveur des présidentielles préparées par une Année Sainte de la Miséricorde Divine, à ce qui semble impossible ici bas, sans l’aide de Dieu : rassembler à nouveau une majorité des consciences pour que l’humain reste premier dans nos démocraties sécularisées.

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Pape Jean Paul II
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