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Sens Commun : un manifeste pour redonner une âme à la droite

Paul Malo / Aleteia

sen commun

Judikael Hirel - Publié le 02/05/14

En dévoilant son manifeste "La droite que nous voulons", les jeunes anciens de la Manif pour Tous entendent bien changer de l'intérieur la ligne politique de l'UMP. Compte-rendu.

02/05/14

"On est très nombreux et il y a encore beaucoup de monde dehors ; je propose aux plus jeunes et aux plus souples de s’asseoir dans les contre-allées ou de s’accroupir." Madeleine Bazin de Jessey donne le ton d’emblée, lundi 29 avril au soir, devant une salle plus que bondée au siège parisien de l’UMP. Alors que le meeting de présentation de Sens Commun doit commencer, la salle est comble et la moyenne d’âge plutôt jeune (25 à 40 ans pour la plupart des présents). "Je suis épuisée, je rentre tout juste de Rome après 24 h de bus", confie une jeune femme à sa voisine. "Ça change des jeunes pop, on sent que c’est plus charpenté. Je pense que dans les étages de l’UMP, il y en a qui doivent tousser. Ça rappelle les mouvements de l’année dernière", confie un autre au téléphone.

"Il faudrait être socialiste pour penser la société"
Tous les fondateurs de Sens Commun sont là : Sébastien Pilard, Arnaud Bouthéon, Marie- Fatima Hutin, Madeleine de Jessey, ainsi que le plus politique de l’équipe, Faraj Camurat, membre de l’UMP depuis sa création. Au premier rang, le sénateur Bruno Retailleau discute avec le président du conseil de surveillance de Bayard, Ghislain Lafont, qui interviendra un peu plus tard (lire notre article à ce sujet), tandis qu’arrivent le député Philippe Gosselin et François-Xavier Bellamy, le jeune maire adjoint de Versailles. "Nous étions six il y a quelques mois, nous sommes bien 600 ce soir, se réjouit d’emblée Arnaud Bouthéon en lançant le meeting, avant que Marie Fatima Hutin ne se lance dans la présentation du projet défendu par Sens Commun : "Du côté de la gauche morale, il faudrait être socialiste pour penser la société. Et pendant longtemps, tous ceux qui n’étaient pas de gauche n’ont pas voulu ou su comment répondre. C’est un discours qui détourne l’égalité républicaine pour détruire les fondements sociétaux que les siècles nous ont légués. On a pensé que cela ne prêterait pas à conséquence. Mais dès que la gauche est arrivée au pouvoir, elle a mis en oeuvre ses idées, car c’était le plus facile. Pour garder la face, il ne restait plus au président que les mesures sociétales, pour faire plaisir aux lobbies, lui qui était censé être le garant de l’intérêt général. Nous avons manifesté, écrit, tracté et même veillé, mais nous sommes arrivés trop tard. Nous avons perdu politiquement." (…) "Il faut rappeler que la famille est le berceau de la société. La droite que nous ne voulons plus est celle qui renonce à parler, qui se réveille trop tard pour tout changer, qui, revenue au pouvoir, n’aurait aucun espoir, aucun but, aucun destin à proposer."

"La France ne sait plus d’où elle vient"
Pour Arnaud Bouthéon, qui lui succède à la tribune, "la France ne sait plus d’ou elle vient. Il y a urgence à revenir aux sources de l’identité française et de notre laïcité, de promouvoir une laicité apaisée, au sens d’intrinsèquement enracinée dans le christianisme. La séparation entre pouvoir temporel et spirituel est une idée chrétienne. Comme l’a dit Jean-Pierre Mignard, l’ami du Président, le catholicisme est consubstantiel à la France. La religion doit continuer à inspirer les lois civiles et humaines. (…) C’est au nom de la laïcité que devons assumer l’héritage judéo chrétien de la France et de l’Europe. (…) L’adversité est positive. Les années à venir seront un révélateur pour notre identité française. Nous voulons porter un message d’espérance pour notre pays : aimons notre France, ne la dénigrons pas. La société dans sa morosité actuelle nous attend. Elle attend des personnes qui brûlent d’un carburant différent. Nous prouverons que nous pourrons bouger les lignes, patiemment, subtilement. La France mérite notre persévérance, la France attend notre espérance."

Reconstruire le système éducatif français
Pour le jeune et talentueux maire adjoint de Versailles, François-Xavier Bellamy l’éducation constitue le plus grand défi à relever.

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