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JMJ Rio : les Européens à l’école de la joie

n.d.
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Pour beaucoup de Jmjistes venus du « Vieux Continent », les Journées mondiales de la jeunesse furent une découverte de la foi dans la joie. Florilège de témoignages.

Le carnet de voyage d’un Jmjiste qui revient du Brésil c’est souvent : « Super ambiance », « Rio, c’est beau… »…le tout accompagné de photos tout sourire et de t-shirts colorés. Mais sous le verni de ces commentaires aussi basiques qu’enthousiastes, on découvre une jeunesse atypique, sympathique, prête à écouter et acclamer un pape qui n’a pas un profil de star mais star malgré lui.

En effet, pourquoi partir aux JMJ ? Pour vivre un voyage extrême pendant lequel « on ne mange pas, on ne dort pas… Kho Lanta, à côté, c’est le Club Med », comme le suggérait malicieusement lecathologue ? Pour voir le pape – peut-être –, mais moins bien qu’à la télé ?

Les vétérans des JMJ de Madrid répondent tout simplement qu’ils voulaient revivre l’expérience, comme le breton Corentin Ogier, 17 ans : « Pour moi, faire le voyage au Brésil était une évidence, car je mourais d’envie de revivre des moments comme ceux que j’avais déjà passés aux JMJ de Madrid, en août 2011. » (1)

Et c’est encore plus simple pour d’autres, tout feu, tout flamme, comme l’italienne Michela, avant même son départ : « J’ai envie de partir. J’ai envie de rencontrer de nouvelles personnes venues de lieux différents. J’ai envie de parler avec les gestes et de rire quand on ne se comprendra pas… »

S’approprier l’héritage

En parcourant les témoignages, on découvre aussi beaucoup de jeunes « au milieu du gué », qui s’interrogent. « Je suis partie avec peu de certitudes sur ma foi » confie Eléonore, originaire d’Orléans « et aucun discours rhétorique n’aurait pu m’apporter une aussi bonne réponse que l’expérience de vie des personnes que j’ai rencontrées » ajoute-t-elle. (2)

Beaucoup se jettent dans les JMJ sans a priori : « Je suis parti sans savoir à quoi m’attendre » se souvient David… Même impression pour Charlotte qui décrit son état d’esprit : « Tu ne sais pas dans quoi tu t’engages mais tu y vas car tu as cette petite lueur au fond qui te rassure… »

Si l’on voulait dégager un profil type du JMJiste, ce serait un jeune adulte, élevé dans la foi catholique qui cherche à s’approprier cet héritage, à l’intérioriser. Globalement, et on peut le regretter, la théologie n’est pas leur tasse de thé : plus attentifs aux témoignages, ils insistent sur l’importance des rencontres.

Prier à la brésilienne

La découverte de la prière à la brésilienne les étonne et les passionne : « Les Brésiliens sont beaucoup plus démonstratifs et bien moins peureux que nous dans l’expression de leur foi. Par exemple, le chemin de croix sur la plage de Copacabana, le vendredi soir, était mimé et plus expressif que ceux que nous pouvons vivre en France. Après un moment de surprise, je suis vraiment rentrée dans cette atmosphère», assure Pauline de la paroisse de Brignais (près de Lyon).
Même son de cloche pour Marion L., originaire d’Orléans : « Les Brésiliens ont une manière incroyable de vivre leur foi, qui est pleine d’espérance et de joie. »

Génération Francisco

A la spontanéité des Brésiliens répond celle du pape François, qui a touché la jeunesse au cœur. « Je n’ai ni or ni argent, je vous apporte Jésus-Christ ! », leur a-t-il dit en arrivant à Rio . Avec ses formules chocs et sa façon de parler directe, qui respire la sympathie, il a passé l’épreuve.  Il a même réussi à tourner à son avantage les carences de l’organisation. Le détour non prévu de sa voiture, lors de son arrivée, qui a favorisé un contact non programmé avec des Brésiliens venus l’accueillir, a révélé sa bonhommie.

 Rodolfo Rodríguez de Cordoue (Espagne) se souvient : « J’ai été impressionné par l’enthousiasme des gens venus saluer le Pape. Ils arrivaient de partout, ils courraient, on avait l’impression qu’ils jaillissaient du sol. »

Pauline Berthouzoz de Erde, en Suisse, raconte sa rencontre avec le Pape comme une groupie : « C’est une sensation indescriptible ! Je ne m’étais pas rendue compte que j’allais vraiment le voir jusqu’à ce que je le voie ! Je tremblais, c’était vraiment émouvant : j’en ai même eu les larmes aux yeux. Lorsqu’on le regarde, on voit que la Foi est forte ! Il montre l’humilité et la fraternité. On voit que l’amour de Dieu est très fort au travers de lui. » 

Même impression d’assister à l’arrivée d’une star du rock pour Marie Mort qui écrit dans lacroix.com : « Nous y sommes ! La nuit commence à tomber, la voiture de sécurité passe, les nombreux hélicoptères au-dessus de nos têtes veillent au grain. Des murmures, des cris, des hurlements, plus de doute, le Souverain pontife n’est plus loin ! La papamobile s’approche lentement, laissant le temps à un Pape tout sourire de saluer la foule et serrer de nombreuses mains. Nous aimerions faire un arrêt sur image car ce moment tant attendu passe bien trop vite. »

« Jésus nous offre bien plus que la Coupe du monde »

Le pape François marque les foules par ses formules… Au pays du football, son : « Jésus nous offre bien plus que la Coupe du monde… Mais il veut que nous payions l’entrée ! » a ravi l’auditoire ! Outre les jeunes du monde entier, les Brésiliens ont adopté ce pape, malgré son origine argentine. En effet, pour des raisons historiques et de concurrence, lors des championnats de football, une sévère animosité oppose les Brésiliens et les Argentins…

 Le Padre Jorjão brésilien et prêtre à Rio de Janeiro, constate que ses paroissiens sont prêts à « faire une exception pour Francisco ». Il confie même qu’il attend beaucoup de fruits  de la visite de ce pape charismatique : « J’espère qu’il amènera à ma ville un renouvellement de sa population, des jeunes qui ne vieilliront pas quand ils arriveront à mon âge. Car on reste toujours jeune une fois qu’on a trouvé le secret de la vraie jeunesse. L’homme est toujours à la recherche de l’éternelle jeunesse mais la jeunesse n’est qu’un moment de la vie. Si l’on conserve en soi son idéal, on reste jeune pour toujours. Les JMJ seront l’occasion pour ces jeunes de rencontrer le secret de l’éternelle jeunesse, qui se trouve en Dieu. »

La joyeuse pagaille qui a prévalu lors des JMJ n’a pas déparé la fête. Sans évoquer le cas dramatique de Sophie Morinière, la jeune française tuée sur la route des JMJ, dans un accident de car en Guyane, les jeunes ont connu des aventures variées…  «Le 23 juillet dernier, j’étais dans le métro qui a eu du retard au début des JMJ Nous étions serrés comme des sardines. Il y aurait pu y avoir un accident. Hier encore (NDLR: mercredi), après la messe, nous étions un million de jeunes à se ruer vers les stations. C’était le chaos», raconte Damien, 17 ans.

Autre déconvenue : le soleil ne brille pas toujours sur le Brésil, surtout en juillet/août. « Effectivement, il pleut. Beaucoup. Le sol se transforme en boue. Normal, c’est la saison des pluies. Les moustiques prospèrent joyeusement dans cette ambiance humide et les jambes des Européens fleurissent de piqûres rouges. Ici, la plupart des insectes ont une taille impressionnante. Les fourmis et les blattes semblent avoir été passées à la loupe d’un dieu farceur » raconte Marie-Lucille Kubacki pour La Vie.
 
Woodstock catholique et révolution intérieure

Malgré ces conditions, la grande messe de Copabana a un tel succès que le journal Libération la compare à un Woodstock catholique (5).

Alexis Piraux, jeune Belge, se trouve sur la plage de Copabana lors de la messe qui fait disparaître le sable sous la marée humaine. « Un mouvement de foule se produit sur ma droite : une vague plus grosse que les autres a forcé les gens à s’éloigner précipitamment de la mer. Je ne peux m’empêcher de m’imaginer que cette mer agitée symbolise le diable furieux de voir la jeunesse du Pape et de l’Eglise ainsi rassemblée. Mais ses rugissements étaient vains face à la ferveur des jeunes : quand vint le moment de la liturgie eucharistique, tous les cœurs étaient tournés vers le Seigneur. »

Parmi la foule, un ancien Garde Suisse, François Perroset, 30 ans, de Fribroug : « Je dois bien dire que je sens que l’assermentation continue de nous tenir liés au souverain pontife (même si c’était du temps de Jean-Paul II). Du coup, il reste toujours une émotion car il reste toujours une fidélité ». (6)
Les superlatifs pour décrire l’émotion ressentie lors de Copacabana sont légion, mais que restera-t-il de ces moments intenses ? Beaucoup, si l’on en croit un jeune français qui témoigne sur Agoravox : « Alors qu’en France certains s’acharnent encore à déconstruire l’humain pour tenter de trouver le bonheur (euthanasie, enfants réduits à des biens de consommation), le Pape indique un autre chemin : la révolution intérieure dans la confiance avec le Christ. Pour cela, selon ses propres mots il faut «  mettre la foi, mettre l’espérance, mettre l’amour » dans son cœur et dans sa vie. Non pas attendre, non pas demander, mais mettre ! » (7)

« Engagez-vous, ne restez pas au balcon de la vie ! »

D’un point de vue hexagonal, les JMJ interviennent dans un contexte difficile, marqué par des débats de sociétés houleux. C’est l’occasion de réaffirmer les convictions catholiques, de redonner le cap, d’où l’initiative de la fondation Jérôme Lejeune qui a distribué 2 millions d’exemplaires du Manuel de bioéthique pour les jeunes, intitulé « Clés pour la bioéthique » (Keys to Bioethics).

Le Pape a été on ne peut plus clair sur la nécessité pour ces jeunes de faire entendre leur voix : « Engagez-vous dans l’œuvre pour un monde meilleur, ne restez pas au balcon de la vie, Jésus n’est pas resté au balcon, il s’est plongé dans la vie, plongez-vous dans la vie ! »

 Nul doute qu’on verra fleurir le T-shirt « JMJ Rio » dans les rangs des  Veilleurs !

Cet article est publié en partenariat avec "L’Eglise dans le monde", la revue de AED (Aide à l’Eglise en Détresse)..