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« Heureux qui craint le Seigneur et marche selon ses voies ! » (Ps 127, 1) Comment la crainte peut-elle être source de bonheur ? Sont-ils masochistes ces chrétiens qui seraient heureux en craignant leur Maître ? Cela doit dater d’avant le Moyen-Âge ! Quiproquo classique et malheur que ces mots à plusieurs sens. Le grec phobos, qui a donné phobie, veut dire aussi respect. Le français “craindre” contient aussi ces deux sens de redouter (trembler, du latin temere, étymologie de craindre) ou respecter, révérer. Notre bonheur vient donc, non de la peur ou de la crainte servile, mais de la révérence faite au Seigneur, de la confiance vécue sur son chemin, en voulant coller à sa volonté et aimer celui qui nous conduit.
« Heureux qui craint le Seigneur, qui aime entièrement sa volonté » (Ps 111, 1). La crainte est l’attitude filiale, la liberté donnée et retrouvée dans la voie du Seigneur. Il craint celui qui se laisse rejoindre : « Heureux l’homme qui reste vulnérable ! Qui endurcit son cœur tombera dans le malheur ! » (Pr 28, 14). Il faut vivre cette contradiction apparente de se savoir vulnérable et être heureux, car « lorsque je suis faible c’est alors que je suis fort » (2 Co 12, 10). Pour Nietzsche et Marx, le christianisme est une religion de la crainte qui s’oppose à la grandeur de l’homme. Alors que son bonheur, c’est de savoir qu’il dépend d’un Dieu amoureux de lui et qu’il lui en vaut révérence. « Même si un pécheur commet cent fois le mal et continue de vivre, je sais, moi, que le bonheur sera pour ceux qui craignent Dieu, car ils craignent devant sa face » (Qo 8, 12). Même pas simplement d’être dans la grâce, mais aussi dans la confiance du pécheur en la miséricorde de son Dieu. « La crainte du Seigneur est gloire et fierté, joie et couronne d’allégresse » (Si 1, 11). « Mais le Seigneur se plaît avec ceux qui le craignent, avec ceux qui espèrent son amour » (Ps 146, 11). Toute l’Ecriture ne parle que de cela : l’amour bannit la crainte (au premier sens) et fait grandir le respect (au deuxième sens de crainte). Au point que l’Esprit Saint nous fait un cadeau particulier pour vivre ce si bel amour de Dieu et ce bonheur : le don de Crainte.

