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Le prénom Charlotte est répandu, et pourtant, aucune Charlotte - ni même une Carla ou une Carlotta ! – n’avait encore été canonisée avant que le pape François n’approuve le 18 décembre dernier la canonisation équipollente de la bienheureuse Charlotte de la Résurrection et des 15 autres carmélites de Compiègne guillotinées sous la Révolution. Sainte Charlotte de la Résurrection offre donc la toute première sainte patronne aux Charlotte. Et quelle sainte !
Anne-Marie-Madeleine-Françoise Thouret est née en 1715 à Mouy, dans le diocèse de Beauvais. Elle entre au Carmel de Compiègne à l’âge de 21 ans. Lorsque la Révolution française éclate, elle a 74 ans, ce qui fait d'elle la doyenne des 21 religieuses que compte le Carmel à cette époque. 16 monteront sur l'échafaud. En 1790, conformément au décret du 13 février de la même année qui supprime les Ordres religieux contemplatifs, chaque carmélite doit déclarer son intention de sortir ou non de son monastère. Avec toutes les autres carmélites, sœur Charlotte de la Résurrection affirme "vouloir vivre et mourir dans cette sainte maison." En 1792, la Mère prieure leur propose "un acte de consécration par lequel la communauté s'offrirait en sacrifice pour que la paix divine, que le Fils de Dieu était venu apporter au monde, fut rendue à l'Église et à l'État." Le 14 septembre 1792, elles sont expulsées de leur couvent. Chaque jour, les carmélites prononcent l'acte d'offrande. Le 23 juin 1794, elles sont arrêtées. Jugées et condamnées à mort le 17 juillet, elles sont guillotinées le soir même, place de Nation à Paris. Sur le trajet les menant à l’échafaud, et alors qu’elles montent les unes après les autres les marches vers la guillotine, elles chantent des psaumes et entonnent le Veni creator, imposant, par leur courage et leur dignité, le silence à la foule. Sainte Charlotte, tout comme les autres carmélites de Compiègne, est fêtée le 17 juillet, date de sa mort.
Un Jubilé des Charlotte à Compiègne
Afin de rendre grâce pour la canonisation des carmélites de Compiègne et l’avènement d’une nouvelle sainte patronne pour les Charlotte, les personnes prénommées Charlotte (mais aussi Constance, Caroline…) sont invitées par la paroisse de Compiègne le 8 mai prochain pour un "Jubilé des Charlotte". "Une canonisation est un don pour l’Eglise, et cette journée permet à toutes celles qui ont l’une des carmélites de Compiègne comme sainte patronne de rendre grâce pour sa canonisation", souligne le père Yann Deswarte, vicaire de la paroisse. "C’est aussi l’occasion de prendre conscience du rayonnement des carmélites, qui s’étend bien au-delà de Compiègne", explique le vicaire qui a d’ailleurs prévu d’inviter l’évêque de Charlotte, un diocèse américain en Caroline du Nord. "Notre paroisse vit de très belles choses et je suis convaincu que le sang des martyrs donne de nombreuses grâces. Les carmélites portent notre paroisse au Ciel en quelque sorte", assure encore le prêtre. Un évènement qui promet de nombreux fruits, à commencer par une cuvée spéciale de bière baptisée "sainte Charlotte" produite par la brasserie Saint Médard, une brasserie artisanale solidaire.