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Les deux auteurs de l'agression du prêtre de la paroisse Saint-Eusèbe d'Auxerre (Yonne) ont été condamnés à dix mois de prison ferme. Samedi 22 février, l'abbé Champenois avait été victime d'une violente agression alors qu'il ouvrait l'église. Les deux auteurs des faits, des frères jumeaux originaires de Tonnerre et âgés de 31 ans, ont été condamnés ce vendredi 31 mars à dix mois de prison ferme assortis, pour chacun, de plusieurs mois de sursis probatoire et d'une obligation de soins, rapporte France Bleu.
D'après Valeurs Actuelles, un homme logeant manifestement l'appartement situé en face de l'édifice s'est plaint du bruit généré par l'église en l'insultant. Alors que le prêtre s'est défendu en lui adressant un "ça va pas ?" indigné, deux individus s'en sont pris à lui. "Je viens me défouler sur toi", lui aurait dit l'un des deux, avant de le pousser au sol et de le rouer de coups pendant que son acolyte maintenait le prêtre au sol. Ce dernier, "en état de choc", a été pris en charge par les pompiers avant d'être transféré à l'hôpital. Les coups de pieds et de poings qui lui ont été infligés lui ont valu cinq jours d'ITT.
Deux récidivistes
Les deux hommes, Anthony et Mickaël, déjà connus de la justice, ont évoqué à la barre leur enfance chaotique, "avec une mère bipolaire et un père absent", relate France Bleu. Tous deux ont subi des violences et ont été placés par l'aide sociale à l'enfance lorsqu'ils avaient six ans. L'un des frères a assumé une fragilité psychologique mais aussi une consommation excessive de cannabis, tout en soutenant que les coups qu'il a portés aux prêtres étaient "en réponse" à une agression préalable du prêtre. "Le premier contact physique, c'est lui", a-t-il affirmé sans convaincre. "J'ai eu peur pour la vie du monsieur"; a quant à lui témoigné son frère qui assure ne pas avoir participé directement aux violences, version contredite par le substitut du procureur.
Gênés par les cloches
Alors que des insultes comme "religion de merde" ou "connard" ont été proférées à l'égard du prêtre, le procureur de la République d'Auxerre, Hugues de Phily, avait assuré à Valeurs Actuelles qu'aucun mobile ethnique ou religieux ne pouvait être retenu à l'heure actuelle : "Les mobiles sont obscurs, probablement tendus par une hostilité envers l’Église". "Nous n’avons aucune raison toutefois de conclure à un mobile ethnique ou religieux en l’état. La victime est très choquée mais a pu sortir de l’hôpital le jour même", ajoutait-il, assurant que "ces faits inqualifiables seront poursuivis avec fermeté sitôt les auteurs interpellés."
Lors de l'audience, les deux frères ont nié la motivation religieuse de leur agression. Pour, quelques minutes plus tard, reconnaître que les cloches de l'église Saint-Eusèbe les dérangeaient depuis un certain temps. "Oui c'est vrai, je lui ai demandé pourquoi les cloches sonnaient plus souvent en ville qu'à la campagne... Ça nous empêche de dormir" a assuré Anthony. "Habiter à côté d'une église, c'est compliqué" a renchéri son frère. "Pensez-vous avoir été agressé à cause de votre religion ? " a demandé le président du tribunal au prêtre, qui ne s'est pas constitué partie civile. "Je l'ai ressenti comme tel mais je ne veux par entrer dans la polémique. J'ai refusé de répondre aux journalistes, je ne veux pas mettre d'huile sur le feu. Mais oui, il y avait un aspect haineux. Je ne veux pas les enfoncer, mais je pense que la justice doit passer".
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