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Catherine Jarrige, Marcel Callo… ils ont encore besoin d’un miracle pour devenir saint

MARCEL-CALLO

Affiche de ""Marcel’s Get involved" lors des JMJ de Lisbonne en 2023.

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Valdemar de Vaux - publié le 16/02/25
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Pour être canonisés, les saints catholiques doivent être à l’origine de deux miracles. Mais comment peuvent-ils intervenir si personne ne les prie ? Petite liste de bienheureux français en attente de miracles… et de fidèles qui leur en demandent.

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Récemment, le pape François a "canonisé" les bienheureuses Carmélites de Compiègne grâce à la technique dite de l’équipollence. En d’autres termes, les martyres de la Révolution française ne sont pas passées par la case du deuxième miracle. Normalement, cependant, une fois bienheureux, celui ou celle qui est présentée au Dicastère pour la cause des saints, à Rome, pour être canonisé, doit normalement être responsable d’un second miracle.

Pour cela, il faut cependant que les fidèles connaissent les bienheureux en attente de miracles et les prient, aidés par les diocèses ou les communautés qui soutiennent leur "poulain". Ainsi Charles de Foucauld a-t-il été canonisé en 2022 grâce à une neuvaine de la paroisse de Saumur (Maine-et-Loire) pour demander un miracle. On connaît la suite, et la guérison inexpliquée de Charle, qui travaillait justement sur une charpente d’une église de la ville quand il a fait une chute mortelle.

Les bienheureux français en attente d'un miracle sont nombreux, de toute époque et de tout charisme. En voici une sélection subjective, dont l’objet est de faire redécouvrir leur vie et d’encourager à les prier pour offrir à l’Église tout entière de nouveaux exemples d’une vie sainte et de nouveaux intercesseurs.

1Rosalie Rendu (1786-1856)

ROSALIE
Rosalie Rendu

Fille de la charité, Rosalie Rendu est une figure du catholicisme social qui a marqué la France du XIXe siècle. Au cœur des conflits sociaux de son temps, en particulier lors de l'année 1848, elle s'occupe des pauvres de la capitale sans compter, faisant d’eux ses "maîtres" selon le mot de saint Vincent de Paul. Plus encore, elle fut un exemple pour les jeunes chrétiens, notamment bourgeois, qui, à son école, se mirent au service des indigents, en particulier Ozanam (cf. ci-dessous). Béatifiée par Jean Paul II en 2003, elle est fêtée localement le 7 février.

2Frédéric Ozanam (1810-1853)

BLESSED ANTOINE FREDERIC OZANAM
Frédéric Ozanam

Intellectuel autant qu’homme d’action, le Lyonnais Frédéric Ozanam a marqué son temps par ses écrits et son travail d’érudition (il était professeur de littérature comparée), par son amour de l’Église et par le soin des pauvres. Avec quelques camarades, il fonda les Conférences de charité (devenues plus tard Conférences Saint-Vincent-de-Paul) présentes aujourd’hui dans le monde entier, pour que les jeunes de son âge visitent les vieillards, les pauvres, les personnes isolées. L’exemple de la bienheureuse Rosalie Rendu (cf. ci-dessus) fut déterminant dans la naissance de cette œuvre. Béatifié dans la cathédrale Notre-Dame de Paris à l’occasion des JMJ de 1997 par Jean-Paul II, il est fêté localement le 8 septembre, jour de sa mort précoce après une longue maladie.

3Louise de Savoie (1462-1503)

Comme sainte Claire d’Assise, dont elle suivit l’exemple en entrant chez les Clarisses en 1490, Louise est issue d’une grande famille, celle des ducs de Savoie, alliée à toutes les monarchies européennes. Elle est aussi la nièce du roi de France Louis XI, qui la marie avec Hugues de Chalon. Sa naissance ne l’empêche pas de s’occuper assidûment des pauvres, et de leur consacrer totalement sa vie une fois devenue veuve. Enterrées à Turin dans la chapelle royale des Savoie, des reliques ont aussi été déposées à Orbe (canton de Vaud, en Suisse) où elle était religieuse. C’est le pape Grégoire XVI qui l’a béatifiée en 1839. Elle est fêtée localement le 24 juillet.

4Henri Planchat (1823-1871)

Père Henri Planchat

Fêté localement le 26 mai, Henri Planchat est l’un des cinq prêtres assassinés sous la Commune de Paris, en 1871, à avoir été béatifié en 2023 sous le titre des "martyrs de la rue Haxo", près de l’actuelle église Notre-Dame des Otages. Élève du collège Stanislas, Henri devient avocat pour satisfaire son père magistrat. Il rentre cependant au séminaire, fréquente les Conférences de charité de Frédéric Ozanam (cf. ci-dessus) et devient le disciple de Jean-Léon Le Prévost, fondateur des frères de Saint-Vincent-de-Paul. Il est ordonné prêtre en 1850 et rentre dans la société, devenant éducateur, soucieux des enfants et des jeunes, aumônier de patronage et évangélisateur dans un Paris populaire souvent anticlérical.

5Martyrs des Carmes (1792)

191. Lors des massacres de septembre, à partir du 2 de ce mois, en 1792, ce sont 191 personnes emprisonnées dans l’ancien couvent des Carmes de la rue de Vaugirard (aujourd’hui Institut catholique de Paris) qui sont sommairement mises à mort par des révolutionnaires avides du sang de prétendus "traîtres". Parmi les 3 000 victimes de ces massacres, 191 ont donc été béatifiées pour leur mort "en haine de la foi" par Pie XI le 17 octobre 1926 et sont fêtées localement le 2 septembre. Ce sont trois évêques, 127 prêtres séculiers, 56 religieux et cinq laïcs.

6Catherine Jarrige (1754-1836)

BLESSED CATHERINE JARRIGE
Catherine Jarrige

Surnommée Catinon Menette (en dialecte local, une "menette" est une religieuse), Catherine Jarrige est une Cantalouse issue du milieu paysan et placée comme domestique à l’âge de neuf ans. Devenue dentellière après la mort de sa mère, elle s’occupe des pauvres de la ville de Mauriac. Inspirée par sa sainte patronne, Catherine de Sienne, elle devient tertiaire dominicaine, laïque vivant à l’école des intuitions de saint Dominique. Dans le monde, elle se donne corps et âme aux nécessiteux. Pendant la Révolution, arrêtée pour son soutien aux prêtres réfractaires, elle est relâchée par peur de la foule qui l’apprécie. Elle est enterrée à Mauriac, où elle a vécu jusqu’à sa mort. Béatifiée en 1996, elle est fêtée localement le 4 juillet.

7Daniel Brottier (1876-1936)

La chapelle Sainte-Thérèse, Paris 16, et son fondateur, le père Daniel Brottier.

De santé fragile, Daniel Brottier devient prêtre en 1899 après avoir eu l’idée de cette vocation dès la première communion. Aumônier au collège de Pontlevoy (non loin de Blois), il entre par intérêt missionnaire dans la congrégation du Saint-Esprit (spiritains). Envoyé au Sénégal, il doit rentrer en France définitivement en 1911 pour des raisons médicales. Malgré son exemption, il s’engage comme aumônier militaire pendant la guerre, est blessé, et attribue à sainte Thérèse de Lisieux sa guérison après que l’évêque de Dakar, dont il dépend, lui dit l’avoir confié à celle qui devient alors la sainte des tranchées. Sa dévotion pour la carmélite de Lisieux le conduit, une fois à la tête des Apprentis d’Auteuil (Paris), à mettre l'œuvre et les enfants dont elle prend soin, sous sa protection, en construisant une chapelle en son honneur, la première. Béatifié en 1984, il est fêté localement le 28 février.

8Alain de Solminhac (1593-1659)

En 2018, le diocèse de Cahors ressuscite une figure peu connue des contemporains : Alain de Solminhac, évêque malgré lui dudit diocèse à partir de 1636 ordonné prêtre 400 ans plus tôt. Images pieuses, prières, lettre pastorale de Mgr Camiade… Il s'agit pour cette église locale de raviver la dévotion au bienheureux Alain pour obtenir un miracle et, peut-être, permettre sa canonisation. Solminhac est effectivement considéré comme le Charles Borromée français. Comme l’évêque réformateur de Milan quelques années avant lui, celui de Cahors multiplie les visites pastorales, forme son clergé et crée un séminaire, évangélise sur un vaste territoire grâce à des missions paroissiales. Il a été béatifié par le pape Jean-Paul II en 1981 et est fêté localement le 31 décembre.

9Marcel Callo (1921-1945)

Marcel Callo

À Lisbonne, lors des JMJ de 2023, le spectacle retraçant l'existence de Marcel Callo a fait sensation. Le projet fait partie des initiatives du diocèse de Rennes pour faire connaître cette figure contemporaine de la sainteté, exemple pour les jeunes, et travailler par la prière à sa canonisation. Il a, effectivement, été béatifié en 1987, il est fêté localement le 19 avril, date de son arrestation par la Gestapo. Celle-ci reproche au Breton ses activités d’Action catholique dans le camp de travail de Zella-Mehlis où il a été emmené en 1943, à peine fiancé, dans le cadre du STO. Là, il se comporte comme un missionnaire parmi ses frères, les encourageant à prier et à vivre avec le Christ ce temps d’épreuve. Marcel crée ainsi une JOC (Jeunesse ouvrière chrétienne) clandestine, fidèle à son engagement plus tôt dans le Mouvement eucharistique des jeunes et chez les Scouts de France.

10 Gabriel Longueville (1931-1976)

Gabriel Longueville

Peu connu en France, même si une paroisse d’Ardèche est placée sous son patronage, Gabriel Longueville a été béatifié en Argentine en 2019. C’est là, effectivement, qu’il a accompli la fin de son ministère presbytéral. Le prêtre a pourtant été ordonné dans son diocèse d’origine, Viviers (Ardèche). Mais il part en 1969 à La Rioja (Argentine) comme prêtre fidei donum. Curé d’une paroisse rurale, il est une figure de la résistance à la dictature militaire de ce pays d’Amérique latine (1976-1983). Son service des paysans pauvres le fit devenir suspect. Séquestré et torturé, il est assassiné et considéré comme martyr de la foi.

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