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« Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » (Mt 17, 4). Il est incontestable que Pierre a été ébloui par la vue de la Transfiguration de son Maître, doublée de la joie de voir Moïse et Elie. Cette joie, cette bonté, est heureuse parce qu’elle ne fait que préfigurer le bonheur de voir Jésus dans la Gloire au moment de la parousie. Mais son intention de garder pour lui cette présence, de sortir du réel et figer sous une tente ce moment d’éternité rend compte à la fois de son sens de l’à-propos et de sa prétention à gouverner le divin. Gardons qu’expérimenter la présence de Jésus est un véritable trésor. Bonheur de goûter à cette présence dans l’oraison, dans ces rares moments, parfois fugitifs, de l’oraison unitive, contemplative, de communion sensible au Seigneur. Grâce de Marie de Béthanie aux pieds du Seigneur ayant « choisi la meilleure part » (Lc 10, 42). Goûter à la Présence réelle dans l’adoration, quand on sait que des personnes peuvent donner leur vie entière pour cela, comme les moines, dans leur bonheur d’être « seul à seul ». Il est bon de goûter les instants donnés, surtout après le silence, la sécheresse, mais sans les rechercher. L’action de grâces est gratuite.
Pourquoi Pierre veut-il arrêter le temps et faire sa tente ? Parce qu’elle représente le bonheur des temps messianiques, la tente du désert, tente de la Rencontre où le peuple de Dieu a fait cette expérience d’être parfaitement uni à Dieu. Le bonheur sera toujours fragile sur terre, parce que nous n’y sommes que des étrangers de passage, pèlerins dans l’aridité du désert, mais le cœur en Dieu. La fête des Tentes dans le judaïsme rappelle la précarité mais aussi la joie de la présence divine, souvenir et promesse du bonheur éternel. Dans ce bonheur, il y a la tentation de s’y réfugier, et d’oublier le monde. Pourtant Dieu y a planté sa tente pour notre plus grande joie !

