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"Marcher dans la nuit noire, dans une longue procession de torches, avec des moments de silence et d'obscurité, et des rencontres et discussions au fil de la nuit, c’est une expérience incroyable à vivre." Pour Alice, 19 ans, qui a participé l’année dernière à la première édition de la Rando Saint Jo, une marche de nuit de Lyon à Ars, participer à un événement sportif et spirituel est l’occasion de se sentir “entière”, en vivant sa Foi et en entretenant sa forme physique. Elle participe de nouveau à la prochaine édition ce vendredi 28 mars. Même son de cloche pour Sophie, 30 ans, qui a participé à une course à Paris pendant les Holy Games et compte bien de nouveau courir au Paris Églises Tour le 18 mai prochain. "Pour moi, sport et foi sont liés. Quand je cours, je récite le chapelet, et j’avance pour les malades et ceux pour qui je prie."

Matchs de foot, courses à pied d’une église à l’autre, marche sous les étoiles, pélé VTT organisés par des patronages, partout en France, ils sont de plus en plus nombreux ces événements sportifs et chrétiens et rencontrent toujours plus de succès, avec un nombre toujours croissant de participants. Pour Mgr Gobilliard, évêque de Digne et délégué à la pastorale du sport de la Conférence des évêques de France (CEF) depuis 2019, ce succès est sans doute dû, dans un premier temps, à "une bien meilleure communication avec notamment le développement des réseaux sociaux". Les événements sont mieux connus, les inscriptions plus faciles en ligne, et si certains existent déjà depuis longtemps, d’autres initiatives sont plus nouvelles et attirent notamment les jeunes générations qui aiment et pratiquent le sport. L'évêque aime d’ailleurs rappeler que cela a du sens que l'Église soit présente dans le milieu du sport. "L’église doit être là où sont les gens, or plus de 80% des Français pratiquent ou sont proches du sport, il est normal que nous soyons aussi sur le terrain."
La dimension fraternelle du sport
Si la lumière a particulièrement été mise sur le sport ces derniers temps, c’est aussi que lors des Jeux Olympiques à Paris, l'Église a assuré une présence quotidienne avec les Holy Games. "Près de 1.400 athlètes ont fréquenté l'aumônerie pendant les JO, et parmi nos belles initiatives, nous nous sommes tournés vers les publics fragiles, les emmenant aux compétitions ou organisant des rencontres et des animations", reprend l'évêque de Digne qui rappelle encore que le sport, c’est participer mais c’est aussi le regarder ensemble ! Responsable des Holy Games, Isabelle de Chatelus, qui est désormais en pleine organisation du 10 km Paris églises Tour et dont Aleteia est partenaire, aime à rappeler la dimension fraternelle du sport. Ce que confirment les coureurs. "Courir ensemble, avec des amis, pour une bonne cause et en profiter pour découvrir faire du tourisme en découvrant des églises dans la ville, franchement, c’est top", confiaient ainsi Stéphanie et ses enfants lors du dernier Run in Spirit qui a eu lieu à Lyon le 22 mars dernier, rassemblant près de 600 personnes.
Humilité et dépassement de soi
On le sait, les Français aiment le sport, et les jeunes aiment le vivre en collectif, tout comme leur vie chrétienne. "La vie en plein air, la simplicité, le désir de se dépasser entrent aussi en ligne de compte, sans oublier les réponses qui sont données à la soif de spiritualité des jeunes", explique ainsi un organisateur de pélé VTT pour expliquer le succès rencontré par cette formule proposée l’été, dans de plus en plus de diocèses.

Et puis, "les valeurs sportives sont en adéquation avec les valeurs chrétiennes", appuie Isabelle de Chatellus, "respect de l’autre, humilité, dépassement de soi.". Elle qui se souvient encore avec émotion de la période des JO à Paris, vécue comme “un avant-goût du ciel”. "Pendant un mois et demi, toutes les nations y étaient réunies, dans la joie, le partage et la rencontre." C’est aussi avec ces fruits d’Holy Games vécue par Sylvie, une parisienne de 52 ans, que celle-ci, coureuse depuis une quinzaine d’années, s’est inscrite au Paris Églises Tour 2025. "La course a beaucoup de bienfaits, elle permet de se détendre, de se vider la tête, et elle est facile à pratiquer. Mais la faire lors d’un événement organisé par Holy Games, c’est aussi pour moi l’occasion d’être dans un esprit de communauté, courir pour des valeurs qui nous font vivre au quotidien, de mettre en valeur notre foi, notre fraternité, notre joie d’être ensemble."
Fort de l'expérience des JO, mais aussi du succès grandissant de toutes ces manifestations sportives organisées par des paroisses, des laïcs ou des associations, l'Église n’en finit donc plus de penser à de nouvelles possibilités pour être toujours présente et associée, notamment lors des grands rassemblements. Par exemple, pour le Tour de France 2025, la pastorale du sport de la CEF est en pleine réflexion pour inviter les paroisses traversées par les coureurs, et donc les nombreux supporters, à ouvrir leurs églises et à proposer des rencontres. "Il s’agit du troisième événement le plus médiatisé au monde, et les gens viennent de loin pour voir 5 minutes de course mais aussi quelques jours de tourisme dans la région. “Combien de gens pourraient être touchés en entrant dans une église ?”", conclut le délégué de la pastorale du sport, convaincu que la place de l’Église est d’être toujours au plus près des gens, et que les chrétiens n’ont pas fini de transpirer !
