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Un chat mignon s’est glissé dans ce tableau de l’Annonciation !

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Tableau représentant l'Annonciation réalisé par Philippe de Champaigne.

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Sophie Roubertie - publié le 24/03/25
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Peinte pour une chapelle disparue, cette Annonciation signée Philippe de Champaigne, a connu bien des péripéties avant d’être accrochée dans l’église Saint-Jean-Baptiste de Montrésor (Indre-et-Loire). Un petit détail la rend particulièrement attachante.

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Un tableau peint pour les futurs jésuites. Au début du XVIIe siècles, la Compagnie de Jésus construit à Paris un noviciat pour les jeunes jésuites en formation, non loin de la place Saint Sulpice, quasiment à l’endroit où se trouve actuellement la librairie La Procure. Plusieurs tableaux sont commandés à des peintres renommés pour le décor de la chapelle. Parmi eux, Philippe de Champaigne se voit confier en 1642 la réalisation d’une Annonciation. Ce n’est pas la première fois qu’il aborde ce thème, qu’il affectionne tout particulièrement. Songez qu’il le traitera au moins huit fois au cours de sa riche carrière.

La Compagnie de Jésus étant dissoute en 1773 par le pape Clément XIV, les jésuites sont expulsés du noviciat et la chapelle définitivement fermée. Si les bâtiments sont laissés à l’abandon, et finissent par disparaître complètement, les œuvres d’art qui garnissaient cet ensemble ont été épargnées et ont ensuite vécu au gré de leurs changements de propriétaires.

Une collection exceptionnelle

L’Annonciation qui nous intéresse est achetée, avec d’autres œuvres, par le cardinal Fesch en septembre 1800. Primat des Gaules, ambassadeur à Rome auprès du Saint-Siège et oncle de Napoléon Ier, c’est le cardinal Fesch qui négocie la venue de Pie VII pour le sacre de son neveu, le 2 décembre 1804. C’est lui qui célébrera par ailleurs, discrètement, le mariage religieux du futur empereur avec Joséphine, la veille du sacre. Dire que le cardinal est féru d’art est un euphémisme. Fort de sa position, il constitue à cette époque ce qui est considéré comme la plus importante collection de tableaux jamais réunie : plus de 16.000 œuvres dit-on ! Sans compter les 17.626 objets d'art, précisément inventoriés au moment de sa mort.

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Détail du tableau de Philippe de Champaigne.

Parmi ces nombreux chefs-d’œuvre, environ 1.500 sont légués à la Corse au décès du cardinal, permettant la création du musée Fesch d’Ajaccio. Les autres tableaux et objets seront dispersés au cours de plusieurs ventes, dont les plus notables ont lieu à Rome en 1841 et 1845. Le catalogue de la vente de 1841 comporte ainsi cette présentation de l’Annonciation : "Admirable composition en figures presque de grandeur naturelle : l'effet général est très beau, ou l'exécution d'un admirable fini, et les draperies d'un faire large et plein de noblesse. Ce beau tableau est peint par Philippe de Champagne."

Une scène familière

Cette Annonciation sera achetée par le prince de Canino, un neveu de Bonaparte. C’est ensuite le comte Xavier Branicki qui s’en porte acquéreur. Ce réfugié politique descend d’une grande famille polonaise, une des plus riches d’Europe. Arrivé à Paris en 1848, il achète le château de Montrésor (Indre-et-Loire), l’un des "plus beaux villages de France" pour y vivre son exil. C’est là qu’il expose ses tableaux provenant des ventes du cardinal Fesch. Il fait aussi don de cinq toiles à la collégiale Saint-Jean-Baptiste de Montrésor. L’Annonciation de Philippe de Champaigne est l’une d’elles. Elle est toujours visible dans l’église de ce village.

Observons-le. Marie, à genoux, les mains croisées sur la poitrine, se retourne à l’arrivée de l’ange. L’Esprit saint est présent sous la forme d’une colombe. Si l’on s’approche, un détail plus inhabituel apparaît : en arrière-plan, un chat se réchauffe au feu allumé dans la cheminée, renforçant le caractère familier de la scène.

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