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"Je n’ai pas été courageuse. C’est juste que je n’avais pas le choix", répond Caroline lorsque nous l’interrogeons sur la manière dont elle a traversé cette épreuve. Mariée et mère de cinq enfants, Caroline a fait un AVC en 2017 alors que sa dernière fille avait 5 mois. Des mois de rééducation s’en sont suivis pour apprendre à remarcher et reparler. Aujourd’hui, elle est psychologue au sein de l’association Voisins & Soins spécialisée dans les soins palliatifs à domicile, dans les Yvelines. Elle confie à Aleteia son douloureux parcours, qui à aucun moment ne lui a fait douter de la présence de Dieu à ses côtés.
Le 13 octobre 2017, sans le savoir, Caroline fait un accident ischémique transitoire (AIT), une obstruction artérielle transitoire. En visitant avec son mari, Bruno, la maison d’un couple d’amis, elle s’entend dire puis répéter : "cet escalier, vous allez le détroire ?" Sur le moment, elle se dit qu’elle doit être fatiguée. Une semaine plus tard, après avoir passé la soirée chez des amis, elle ressent "quelque chose dans la tête" vers une heure ou 2 heures du matin. Vers 5 heures et demie, elle se réveille de nouveau, avec la sensation d’être "bloquée dans son corps". Elle ne peut ni parler, ni bouger. Pensant à sa fille de cinq mois, elle cherche un moyen pour réveiller à tout prix son mari qui dort à ses côtés. Dans un ultime effort, elle se laisse tomber du lit sur le parquet. Le bruit réveille Bruno, qui appelle alors les pompiers. Ces derniers diagnostiquent un AVC et l’emmènent en urgence à l’hôpital. "J’étais consciente de tout, mais je ne pouvais pas parler, pas bouger, j’étais enfermée dans mon corps, j’ai cru que j’allais mourir", se souvient-elle, non sans émotion.
Chaque progrès est célébré comme une réussite
À l’hôpital, elle subit une thrombolyse et une thrombectomie, avant que le caillot ne se résorbe. Après une dizaine de jours dans le service de chirurgie vasculaire, elle est admise à l’hôpital de Garches. Sa rééducation dure cinq mois. "Je me suis demandé ce que je faisais là mais c’était vraiment super. C’est grâce aux auxiliaires de vie rencontrées là-bas que je vis aujourd’hui", reconnait-elle. Chaque progrès est célébré comme une réussite. Son corps, entièrement paralysé à son arrivée, se réveille et arrive à se mouvoir progressivement. Elle n’a jamais ressenti un quelconque sentiment d’injustice ou de révolte. Elle ne s’est jamais dit : "pourquoi moi ?". Elle s’est battue pour progresser, jusqu’à pouvoir, enfin, retrouver les siens et en particulier sa petite fille. La séparation avec son bébé a été l’une des choses les plus difficiles à vivre à cette époque, et en même temps un moteur pour avancer.
"Je me suis sentie dans la main de Dieu à partir du moment où j’ai compris que je devais me battre pour y arriver et pour m’occuper de mon bébé", confie-t-elle. Quelque temps après son retour chez elle, Caroline et Bruno décident de partir un an en famille pour faire le tour du monde. "Cela correspondait à un changement professionnel pour Bruno et j’avais envie d’organiser ce voyage depuis mon mariage. Cela ne s’était jamais fait parce qu’il y avait toujours des choses plus importantes, les enfants, les expatriations… Mais là, l’envie de se retrouver en famille et de resserrer les liens, notamment entre ma fille et moi, était la plus forte." Ils partent donc presqu’un an faire le tour du monde, quelque peu écourté par la pandémie de Covid.
Des séquelles mais avant tout, la joie de vivre

Sept ans après, Caroline a encore des séquelles de son AVC. Son bras droit et sa main droite sont paralysés. Elle boîte légèrement, fatigue vite, mais cela ne l’empêche pas de s’investir auprès de sa famille et des autres. Avec son mari, ils ont été pendant trois ans chefs d’un groupe scout des Yvelines. "On a adoré !", s’exclame Caroline, en se remémorant les soirées passées avec les jeunes chefs et la responsabilité de veiller à la progression des enfants et adolescents qui leur étaient confiés. Et depuis un an et demi, elle accompagne des patients en fin de vie en tant que psychologue. "J’ai réappris à conduire, à faire du vélo, je peins de nouveau, j’essaie d’apporter un soutien psychologique à mes patients…", souligne Caroline, qui demeure reconnaissante envers toutes les personnes qui l’ont accompagnée dans sa traversée, et heureuse d’apporter à son tour son soutien à ceux qui ont en besoin.