Augustin est peut-être atteint paraskevidékatriaphobie, nom barbare pour désigner la peur du vendredi 13 et qui relève de la superstition. Si c’est le cas, la journée d’hier l’aura guéri. En effet, alors qu’il prend comme tous les matins le tramway, ses yeux s’illuminent à la vue d’un billet de 50 euros sur le siège à côté de lui. Espoir vite douché : comme d’autres, il se sera fait berner par une initiative de la CLC, maison d’édition évangélique.
Sa boutique en ligne permet en effet d’acheter des billets de 50 "héros", et non euros, 100 pour le prix de 5 euros. Au recto, une imitation du véritable billet avec la mention "Stop à l’arnaque, Jésus est la seule vraie valeur." Au verso, un texte plus consistant qui étaye la première affirmation. Avec fermeté, les auteurs appellent à la conversion : "Dieu ne peut rien laisser d’imparfait entrer au ciel […]. Si nous avons enfreint ne serait-ce qu’une seule des lois de Dieu […] alors notre âme devient imparfaite et ne peut aller au ciel."
Prosélytisme ?
La librairie, qui veut par son travail que "chacun accède à la foi et à la maturité dans le Seigneur Jésus-Christ" a ainsi trouvé un nouvel outil pour annoncer le Sauveur. Une méthode qui rappelle le souci très présent chez les évangéliques d’annoncer la Bonne nouvelle à temps et à contre-temps, au risque d’être accusé de prosélytisme. Augustin, sûrement déçu, aura (re)découvert que "ce billet est sans valeur, comme tant de choses de notre vie."