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Ne pas confondre panthéonisations et canonisations

8 min de lecture
Jean Duchesne

Crédit : Aleteia

L’État imite l’Église quand il offre à ses grands hommes une apothéose laïque. La portée reste plus limitée, mais l’effet fédérateur est appréciable… quand l’incohérence politique ne s’en mêle pas, souligne l’essayiste Jean Duchesne.

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On apprend que le Panthéon à Paris va recevoir, après les cendres de Missak et Mélinée Manouchian ce 21 février, celles de Robert Badinter. Ce sont des événements qui ne sont pas sans intérêt, parce qu’ils ressemblent fort à des béatifications ou des canonisations : des personnalités qui ont eu et gardent un certain rayonnement sont officiellement reconnues et honorées, et leur histoire est censée inspirer les générations actuelles et futures. 

On pourrait dire que l’État se comporte là un peu comme l’Église, voire prend sa place. S’agit-il donc d’un pas de plus dans la sécularisation, ou bien est-ce un signe qu’aucune société humaine ne se passe de "sacré" et se bricole des ersatz quand elle exclut la piété de l’espace public ?