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Guillaume-Joseph Chaminade, le prêtre qui s’allia avec la Vierge Marie pour rechristianiser la France

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DR / Eglise catholique en France

Anne Bernet - publié le 21/01/24

Fondateur des marianistes, le bienheureux Guillaume-Joseph Chaminade fit "alliance avec Marie" pour rechristianiser la France après la Révolution. Prêtre enseignant, il est à l’origine de nombreuses innovations éducatives et missionnaires. Béatifié en 2000 par le pape Jean Paul II, l’Église le fête le 22 janvier.

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Printemps 1794 : l’exercice de toute religion est interdit en France sous peine de mort. Pourtant, des centaines de prêtres réfractaires, qui ont refusé de prêter serment à la constitution civile du clergé, tenue pour schismatique par Rome, continuent au péril de leur vie d’assurer dans la clandestinité le culte catholique. Parmi eux, un religieux de 33 ans, Guillaume-Joseph Chaminade, de la Congrégation Saint-Charles, ordre enseignant expulsé, comme tous les autres, en 1791, de son établissement de Mussidan, en Dordogne.

Une patrouille républicaine

Installé dans un faubourg de Bordeaux, Chaminade s’y prétend marchand forain et se montre en compagnie d’une femme qui passe pour son épouse, en fait une riche célibataire de l’aristocratie, Marie-Thérèse de Lamourous, à la vocation carmélitaine contrariée toute dévouée aux prêtres en péril et dont il est le directeur de conscience. Cela suffit-il à déjouer les soupçons ? Non, les autorités ont Chaminade à l’œil. Elles savent qu’il se rend souvent dans un village voisin voir ses parents âgés. Ont-elles identifié ce couple de vitriers natif de Périgueux, qui a eu quinze enfants, en a perdu neuf et, donné quatre des survivants à Dieu ? Probablement… Seul d’entre eux à n’avoir pas cherché refuge à l’étranger, Guillaume est une figure de la résistance catholique et son arrestation ferait bon effet. 

À combats nouveaux, nouveaux moyens !

Un après-midi, alors qu’il vient d’arriver chez ses parents, une patrouille républicaine débarque et entreprend de fouiller la maison. Chaminade devra son salut au sang-froid de la domestique qui a le réflexe de le cacher sous le cuveau servant à aux lessives puis, pour détourner les soupçons, invite les soldats à trinquer sur cette table improvisée sous laquelle se cache celui qu’ils cherchent. Cette situation inconfortable s’éternise car, après avoir bu, les hôtes malvenus vont taper le carton. Recroquevillé dans sa cachette incommode, Chaminade n’a plus qu’à se recommander à la Providence et à la Sainte Vierge pour laquelle il a une vénération particulière depuis qu’en son adolescence, blessé gravement à la cheville, il a guéri très vite après avoir promis, s’il se remettait, de se rendre à pied au sanctuaire de Notre-Dame de Verdelais. Une fois encore, la protection mariale ne lui fait pas défaut et il se tire sain et sauf de sa mésaventure.

Une congrégation vouée à l’éducation

Curieusement, Chaminade, qui a traversé sans mal la Terreur, est contraint à l’exil en 1797, comme émigré rentré. Ne voulant pas compromettre ceux qui l’ont aidé dans la clandestinité et donc prouver n’avoir jamais quitté la France, il se réfugie à Saragosse, où l’un de ses frères, Louis, s’est installé en 1792. Il attendra l’arrivée de Bonaparte au pouvoir et ses mesures d’apaisement vis-à-vis du catholicisme pour regagner Bordeaux en 1800. Cette période d’éloignement n’est pas stérile. La capitale aragonaise abrite le plus grand sanctuaire marial espagnol, celui de la Vierge du Pilar. Les prêtres émigrés français n’ayant pas le droit d’exercer un ministère, Chaminade, quand il ne fabrique pas des fleurs artificielles pour gagner sa vie, a tout loisir de passer de longues heures en prière dans la basilique. 

C’est là, dira-t-il, qu’il « reçoit une inspiration venue d’une vision intérieure » lui indiquant un moyen de rechristianiser la France : fonder une congrégation vouée à l’éducation chrétienne de la jeunesse. Au vrai, ils sont nombreux, à la même époque, celles et ceux qui, laïcs ou clercs, nourrissent les mêmes espoirs sous divers aspects, et Chaminade a déjà eu l’occasion d’en discuter avec d’autres exilés. L’entreprise ne se fera pas en un jour.

Faire alliance avec Marie

Débutée par la fondation d’un mouvement de jeunes mixte, la Congrégation de l’Immaculée, qui veut transmettre la foi « par des moyens attrayants » et demande à ses membres de se consacrer à Marie, l’œuvre se poursuit par celle des Filles de Marie Immaculée dont la fondatrice, Adèle de Batz de Trenquelleon, s’est placée sous la direction spirituelle du père Chaminade. Ce sera en 1808 à Agen. Mais il faut attendre 1817, époque à laquelle certains des premiers congréganistes, devenus adultes, décident de s’engager dans l’entreprise, pour que naisse la Société de Marie, ou Marianistes qui se dévouera à refaire une jeunesse catholique. 

Chaminade l’affirme : « À combats nouveaux, nouveaux moyens ! » Ainsi se permet-il des audaces : ne pas imposer d’habit religieux afin d’aller plus facilement au peuple, traiter sur le même pied dans la Société prêtres et simples frères. L’inspiration est mariale : faire alliance avec Marie et, tel Jean l’évangéliste, la prendre chez soi, donner beaucoup de temps à l’oraison, et, selon le conseil de saint François de Sales, d’autant plus que l’on a plus de travail et d’obligations extérieures.

Le rôle des laïcs

Une autre innovation, qui fera tenir Chaminade pour un inspirateur de la future Action catholique, c’est le rôle qu’il reconnaît aux laïcs, souvenir de ses années de clandestinité et de l’efficace soutien qu’ils lui ont alors donné. Malgré les restrictions apportées au développement de l’éducation catholique, les marianistes vont prospérer. Quand il meurt à Bordeaux, le 22 janvier 1850, Guillaume Chaminade a réalisé la mission que lui avait confiée Notre-Dame un demi-siècle plus tôt. Jean-Paul II l’a béatifié en l’an 2000.

Tags:
Béatification et canonisationlaicsRévolution françaiseSaints
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