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[HOMÉLIE] À chacun son parcours dans sa rencontre avec Jésus

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Domaine public

Ecce Agnus Dei, Giovanni di Paulo, 1455/1460

Gaëtan de Bodard - publié le 13/01/24

Aumônier de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris, le père Gaëtan de Bodard commente l’évangile du 2e dimanche ordinaire. Se faire proche de Dieu, c’est avoir rencontré Jésus, avoir posé le choix personnel et libre de Le suivre.

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Nous voici revenus dans le temps ordinaire. Après le temps de l’Avent en violet, puis ces deux semaines pendant lesquelles se sont concentrées toutes les fêtes de Noël — la Nativité, la Sainte Famille, l’Épiphanie et le Baptême du Seigneur — les célébrants ont retrouvé les ornements verts propres au temps ordinaire de l’Église, ce temps où la grâce divine se donne à nous de façon certes moins spectaculaire, mais de façon tout aussi efficace à qui sait ouvrir son cœur, son âme à Dieu.

Et c’est bien de cela qu’il s’agit ce dimanche : se mettre à l’écoute de Dieu, Le fréquenter avec assiduité, persévérance, se faire tout proche de Lui. C’est l’expérience du tout jeune Samuel qui, dans le temple de Silo, dans le silence de la nuit, va rencontrer le Très-Haut qui l’a choisi, lui, pour transmettre un message au vieux prêtre Éli. C’est l’expérience aussi des deux disciples de Jean-le-Baptiste, André et Jean qui, par discrétion, par humilité, ne se nomment pas : quelques heures vécues dans l’intimité de Jésus, à Le voir vivre, prier, mais aussi, très prosaïquement, préparer son repas et le partager avec eux, à L’écouter transmettre Ses premiers enseignements. Le Baptiste, qui est le maître qu’ils ont choisi de suivre, en qui ils ont confiance, leur a désigné ce Jésus qu’il a baptisé la veille, sous cette annonce mystérieuse : « Voici l’Agneau de Dieu » (Jn 1, 36). 

Tout un programme dans cette phrase sibylline : l’agneau, c’est l’animal du sacrifice par excellence, celui dont le sang est répandu dans le temple pour expier les péchés des hommes. Mais cet Agneau-là, celui que montre Jean à ses deux disciples les plus proches, les plus assidus, Il est « de Dieu ». Comment comprendre cette précision ? « L’Agneau de Dieu » : ce Jésus vient de Dieu, Il appartient à Dieu, Il a reçu une mission de Dieu. Est-ce que les auditeurs du Baptiste vont plus loin dans leurs recherches, nous n’en savons rien. Mais les événements à venir — et nous, nous les connaissons déjà — montreront que cet agneau s’offrira bien à Dieu en sacrifice d’expiation, pour racheter tous les péchés des hommes, depuis celui d’Adam et Ève aux jardin des origines jusqu’à ceux du dernier homme à la fin des temps. Il est donc cet Agneau envoyé directement par Dieu pour cette mission de rachat : la Rédemption. 

Chacun son parcours

À cette heure-là, rien ne laisse supposer cette mission unique, si particulière. Jésus s’est glissé dans la foule des nombreux badauds venus écouter les exhortations vigoureuses du Baptiste et s’associer à son rite d’ablution, de plongeon dans les eaux du Jourdain. Il « va et vient », remarque l’évangéliste : rien de très marquant, rien de transcendant… Mais, sur les conseils de Jean-Baptiste, ils vont L’aborder et accepter Son invitation.

Certains, comme ce petit Samuel, ont rencontré le Christ de façon spectaculaire et, tout naturellement, se sont mis à Sa suite : comment résister à une telle puissance, une telle force d’attraction ? Mais pour la plupart d’entre nous, cette amitié avec Dieu, cette proximité avec Lui s’est formalisée petit à petit, comme Simon-Pierre lors de ce premier contact organisé par André au lendemain de ces quelques heures passées avec Jésus. Une première rencontre, puis la guérison de la belle-mère de Pierre (Lc 4, 38 ss), la pêche miraculeuse (Lc 5, 1-11) et la décision de suivre Jésus (Lc 5, 11 ou Mc 1, 14-20).

Ce qui est sûr, c’est que pour adhérer au Christ, à l’Église, à Son enseignement exigeant, il faut avoir rencontré Jésus, avoir posé le choix personnel et libre de Le suivre.

Et pour nous ? Un baptême tout petit bébé dont nous ne gardons aucun souvenir sinon quelques photos et vidéos, l’initiation à la prière à la maison sur les genoux de nos parents, des années de catéchisme — pas forcément folichonnes — en paroisse ou à l’école, la première communion, la profession de foi, la confirmation. Et puis les premiers choix à la fin de l’adolescence : paresser au lit le dimanche matin ou accompagner les parents à la messe, rejoindre le groupe de l’aumônerie ou la troupe scoute ou préférer traîner au bar en face du lycée, s’engager dans le soutien scolaire avec le Secours catholique ou des maraudes avec les jeunes pro’ de la paroisse ou buller devant sa Playstation. Parfois aussi s’éloigner, prendre du large, notamment pendant les années d’études, pour revenir plus tard et reprendre sa place. Chacun a un parcours unique, original, personnel et la présentation succincte que je viens de faire vous semble peut-être banale ou convenue. Ce qui est sûr, c’est que pour adhérer au Christ, à l’Église, à Son enseignement exigeant, il faut avoir rencontré Jésus, avoir posé le choix personnel et libre de Le suivre. C’est le refrain du psaume de ce dimanche : « Me voici, Seigneur, je viens faire Ta volonté » (Ps 39).

Approfondir notre proximité

Que ce temps ordinaire, dans sa simplicité, nous donne d’approfondir notre lien, notre proximité avec Dieu par la messe dominicale, évidemment, mais aussi la confession régulière, par la prière quotidienne, la fréquentation assidue des saintes Écritures, et le don de nous-mêmes par le service et l’engagement auprès des autres. Et si vous souhaitez du plus « pêchu », du plus « extraordinaire », un peu de patience : dans un mois pile-poil, commencera le carême. Et là, vous pourrez vous donner à fond ! Mais d’ici-là, vivons ce temps ordinaire, ce temps en vert, comme un temps pour grandir, pour progresser, pour avancer dans notre amour de Dieu, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.

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