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Le puissant message de Noël du patriarche de Jérusalem

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HAZEM BADER | AFP

Le patriarche Pierbattista Pizzaballa.

Bérengère de Portzamparc - publié le 26/12/23

Le patriarche latin de Jérusalem, le cardinal Pierbattista Pizzaballa, a prononcé une très belle homélie à l’occasion de la messe de Noël, s’adressant aux chrétiens, au monde et à la communauté de Gaza à laquelle il réaffirme toute son affection.

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C’est par une puissante homélie que le patriarche de Jérusalem, le cardinal Pierbattista Pizzaballa, a adressé un message fort aux chrétiens du monde entier, pour tenter de vivre dans l’esprit Noël malgré la guerre et de mettre fin aux conflits des hommes en Terre sainte. Âgé de 58 ans et parlant parfaitement hébreux, le cardinal Pizzaballa médite ainsi dans cette homélie de Noël autour de cette phrase de l’Évangile : « Parce qu’il n’y avait pas de place pour eux » (Lc 2, 7), rappelant comme il est triste et douloureux aujourd’hui « qu’il n’y ait pas de place, cette année, pour la joie et la paix en cette nuit sainte, à quelques mètres d’ici ».

« Mes pensées vont à tous, sans distinction, Palestiniens et Israéliens, à tous ceux qui sont touchés par cette guerre, à tous ceux qui sont en deuil, qui pleurent et qui attendent un signe de proximité et de chaleur », a-t-il affirmé avec force. « Ce soir, je me souviens des otages enlevés à leurs familles. Je me souviens de ceux qui croupissent dans les prisons sans procès ».

Une violence incompréhensible

Le cardinal ajoute que ses pensées « vont en particulier à Gaza et à ses deux millions d’habitants », car « en vérité, « il n’y avait pas de place pour eux » exprime bien leur situation, désormais connue de tous et dont la souffrance ne cesse d’être criée au monde entier. Ils n’ont plus d’endroit sûr, de maison, de toit, ils sont privés de tout ce qui est essentiel à la vie, ils meurent de faim et plus encore, ils sont exposés à une violence incompréhensible. Il semble qu’il n’y ait pas de place pour eux, non seulement physiquement, mais aussi dans l’esprit de ceux qui décident du sort des peuples ». Le patriarche de Jérusalem adresse ici un puissant message pour le peuple palestinien, regrettant encore que « la haine, le ressentiment et l’esprit de vengeance occupent tout l’espace du cœur et ne laissent pas de place à la présence de l’autre », alors que « Noël, c’est justement cela, c’est Dieu qui se rend humainement présent et qui ouvre nos cœurs à un nouveau regard sur le monde ».

Dire Oui au Bien, Oui à la Paix

Le franciscain italien poursuit son homélie, se demandant quelle est la place de Noël aujourd’hui ? « Celui qui ne sait pas appeler son prochain « frère » ne peut pas appeler Dieu « Père ». « Alors, si nous voulons que ce soit Noël, même en temps de guerre, nous devons tous multiplier les gestes de fraternité, de paix, d’accueil, de pardon, de réconciliation. Je dirai même plus : nous devons tous nous engager, à commencer par moi et ceux qui, comme moi, ont des responsabilités de guide et d’orientation sociale, politique et religieuse, pour créer une « mentalité du oui » contre la « stratégie du non ». Dire oui au bien, oui à la paix, oui au dialogue, oui à l’autre ne doit pas être une simple rhétorique mais un engagement responsable, une volonté de faire de l’espace et non de l’occuper, de trouver une place pour l’autre et non de la nier ».

Etre des bergers de Noël

En s’adressant à son diocèse et à toute sa communauté – la juridiction du patriarcat de Jérusalem s’étend sur les catholiques latins vivant en Israël, dans les Territoires palestiniens, en Jordanie et à Chypre – il ajoute, « nous sommes ici et nous entendons continuer à être les bergers de Noël. C’est-à-dire ceux qui, bien que dans des conditions pauvres et fragiles, ont trouvé l’Enfant, ont fait l’expérience de sa grâce et de sa consolation, et veulent proclamer à tous que Noël est, aujourd’hui comme hier, vrai et réel ». Les derniers mots de son homélie s’adressent directement à la communauté des chrétiens de Gaza, dont il a plusieurs fois confié qu’il l’aimait particulièrement, l’estimant « la plus petite, la plus pauvre mais celle qui ne se plaint jamais ». « Que le Christ naisse aussi dans notre petite communauté de Gaza. J’avais l’habitude de passer quelques jours avec vous, qui m’êtes si chers, avant Noël. Cette année, cela n’a pas été possible, mais nous ne vous abandonnons pas. Vous êtes dans nos cœurs, et toute la communauté chrétienne de Terre Sainte et du monde est rassemblée autour de vous, puissiez-vous sentir le plus possible la chaleur de notre proximité et de notre affection ».

Homme de confiance du Pape, le cardinal Pizzaballa connaît parfaitement cette terre et sa complexité pour avoir notamment été à la tête de la Custodie de Terre sainte de 2004 à 2016. Nommé Patriarche de Jérusalem en 2020, il a été créé cardinal le 30 septembre dernier. Voix du Saint-Siège en Terre sainte, le cardinal doit jouer les diplomates notamment avec Israël, qui depuis les massacres du 7 octobre dernier, est en pleine opération à Gaza.

Samedi 23 décembre, le cardinal Pizzaballa a par ailleurs pu échanger avec Emmanuel Macron lors d’un entretien téléphonique. Le président français a évoqué « sa vive préoccupation face à la situation dramatique de la paroisse latine de Gaza », où « des centaines de civils de toutes confessions (…) vivent sous les bombes et les balles depuis plus de deux mois tandis que les fidèles et les sœurs y prennent soin de personnes malades, âgées ou handicapées ». Dans la perspective de Noël, Emmanuel Macron a demandé au patriarche latin « d’adresser un message de paix et de solidarité à tous les chrétiens de Terre sainte, et de les assurer que la France se tient à leurs côtés ». Il a également tenu a réaffirmer « la fidélité de la France à ses engagements, et notamment au rôle particulier de protection d’un certain nombre de communautés chrétiennes, exercé à travers le consulat général de France à Jérusalem ».

Tags:
gazaJérusalemNoëlTerre sainte
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