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Ce geste rempli d’humanité qui a fait de deux ennemis des frères

FRANZ STIGLER AND CHARLIE BROWN

Public Domain

Charlie Brown et Franz Stigler.

Theresa Civantos Barber - Aline Iaschine - publié le 19/12/23

Les destins d’un pilote allemand et d’un pilote américain se sont entrelacés en décembre 1943. Alors que la vie de Charles Brown était suspendue à un fil, le geste empreint d'humanité de Franz Stigler l’a épargné, lui et ses hommes.

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C’est l’histoire vraie de Charles Brown et de Franz Stigler, le premier pilote d’un bombardier américain et le second pilote allemand pendant la Seconde Guerre mondiale. Quelques jours avant Noël 1943, Charles Brown, jeune homme de 21 ans, effectuait sa première mission, et rien ne se passait comme prévu. Son avion volait seul au-dessus de l’Allemagne, les tirs ennemis avaient criblé son bombardier et l’avaient quasiment détruit. La moitié de son équipage était grièvement blessé et le soldat mitrailleur gisait mort sur le sol. 

Soudain, Charles Brown aperçut la seule chose susceptible d’aggraver encore la situation : un chasseur Messerchmitt allemand à un mètre de l’aile de son avion. La situation semblait désespérée et sans issue : Brown pensa que c’était la fin.

Un tournant inattendu

À un moment donné, les yeux des deux pilotes se sont croisés, puis le pilote allemand fit un signe de tête à Brown, et contre toute attente il se mit à voler sous l’avion américain pour que les artilleurs anti-aériens allemands, au sol, n’abattent pas le bombardier lent et sans défense. Le pilote allemand escorta le bombardier au-dessus de la mer du Nord, hors de la frontière allemande et loin du danger. Il jetta un dernier regard au pilote américain et retourna en Allemagne.

« Bonne chance, vous êtes entre les mains de Dieu », se dit Franz Stigler, le pilote allemand. Cet homme venait en réalité d’une famille antinazie et avait étudié pour devenir prêtre avant la guerre. Au début, il refusa de rejoindre l’armée et s’inscrit uniquement pour former d’autres pilotes. Cependant, après la mort de son frère August, également pilote pendant la guerre, Stigler accepta finalement d’aller au front, motivé par la colère et la vengeance.  

Il y a des choses pires que la mort, et l’une de ces choses est de perdre complètement son humanité.

Cependant, ce jour-là, quelque chose de plus profond surgit en lui. Lorsqu’il vit les yeux terrifiés du pilote américain et qu’il comprit qu’il ne pouvait pas se défendre, il sut qu’il n’abattrait pas son avion : « Pour moi c’était comme s’ils étaient dans un parachute. Je les ai vus et je n’ai pas pu les abattre », a-t-il expliqué plus tard à propos de cet événement. « Il y a des choses pires que la mort, et l’une de ces choses est de perdre complètement son humanité ».  

En touchant le chapelet qu’il gardait dans sa poche, Stigler élabora alors un autre plan, au détriment de ses propres intérêts. Stigler n’était pas n’importe quel pilote de chasse : c’était un pilote d’élite et il ne lui manquait plus qu’une victoire pour obtenir la Croix de Chevalier, la plus haute distinction allemande. De plus, dans l’Allemagne nazie, si quelqu’un l’avait dénoncé, il aurait été exécuté. C’est pourquoi il n’en parla à personne pendant de très nombreuses années.  

À la recherche du pilote allemand

Après la guerre, les deux hommes ont quitté l’armée, se sont mariés et ont fondé une famille. Cependant, cet épisode survenu des années auparavant était resté gravé dans leur mémoire. Charles Brown continuait à en faire des cauchemars et, des décennies plus tard, il décida de chercher cet homme allemand qui lui avait sauvé la vie et celle des membres de son équipage.

Après de longues recherches dans les archives militaires, Brown mit une annonce dans un bulletin d’information allemand destiné aux anciens pilotes de la Luftwaffe, demandant si quelqu’un connaissait le pilote.

Le 18 janvier 1990, Charles Brown reçut finalement une lettre :  

Cher Charles, pendant toutes ces années, je me suis demandé ce qui était arrivé au B-17. Avait-il survécu ou non ?

50 ans après cet événement qui a changé leur vie, Franz Stigler et Charles Brown se sont rencontrés en Floride. 

Comme deux frères

Les deux hommes sont devenus des amis proches : ils se rendaient souvent visite, ils ont fait des voyages ensemble, des sorties à la pêche… Leurs épouses également sont devenues amies. Ils prenaient régulièrement des nouvelles et se parlaient plus d’une fois par semaine. Ils ont même raconté leur histoire dans des écoles et lors de réunions d’anciens combattants. 

Un jour, Charles Brown a voulu montrer à son ami l’étendue de sa gratitude et a organisé une réunion avec ses anciens membres d’équipage survivants, ainsi qu’avec leurs familles élargies, et a convié Stigler comme invité d’honneur. 

Leur profonde amitié a duré 18 ans, jusqu’à leur mort à quelques mois d’intervalle en 2008. Leur histoire s’est largement répandue aux États-Unis. Dans la bibliothèque de Charles Brown, une dédicace de Franz Stigler a été retrouvée dans un livre sur les avions de combat allemands. Il avait écrit :

En 1940, j’ai perdu mon frère unique alors qu’il combattait la nuit. Le 20 décembre, quatre jours avant Noël, j’ai eu la chance de sauver un B-17, un avion si gravement endommagé que c’était étonnant qu’il volât encore.

Le pilote, Charlie Brown, est devenu pour moi aussi précieux que l’était mon frère.

Merci Charlie.

Ton frère, 

Franz.

La Seconde Guerre mondiale a pris le frère de Stigler, mais elle lui a donné un autre frère, cinquante ans plus tard, d’une manière que personne n’aurait pu imaginer.

Tags:
Seconde Guerre mondiale
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