Le 29 juin 1951, Joseph Ratzinger était ordonné prêtre dans la cathédrale de Freising, en même temps que son frère Georg. Reconnu par ses pairs comme un des plus grands penseurs chrétiens du XXe siècle, le natif de Marktl est resté fidèle à sa vocation théologique toute sa vie, malgré ses missions à la tête de l’Église. Quelques rappels du parcours théologique de l'ancien pape émérite, mort le samedi 31 décembre 2022.
Joseph Ratzinger a souvent confié, au moment de sa nomination comme archevêque de Munich en 1977, comme préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi en 1981 ou, finalement, comme évêque de Rome en avril 2005, le grand sacrifice qu’il lui fallait faire en renonçant à la vocation d’enseignant et de théologien. Si le pape émérite estime avec modestie n’avoir pas eu le temps de « développer une œuvre propre » comme ses aînés en théologie, notamment Henri de Lubac et Hans Urs von Balthasar, il aura participé à sa façon aux grandes discussions spirituelles de son temps.
Ratzinger admirait la conversion du jeune saint Augustin et son désir de quitter « la tour d’ivoire d’une haute intellectualité » pour se faire homme parmi les hommes, serviteur parmi les serviteurs de Dieu. On peut d’ailleurs lire le renoncement de Ratzinger à une carrière théologique à l’aune du choix de l’évêque d’Hippone. Une comparaison qui montre que, loin de le perdre, l’Église a gagné un théologien unique en faisant du Bavarois le 265e successeur de Pierre.












