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Le saumon immortel de saint Corentin

Savez-vous pourquoi le premier évêque de Quimper, ville qui longtemps s’est appelée en sa mémoire Quimper-Corentin, est représenté avec un poisson, devenu son emblème ? L’explication a longtemps fait ricaner les historiens, faute d’en saisir le sens profond…

6 min de lecture

Source: Thesupermat, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Statue de saint Corentin (cathédrale Saint-Corentin, Quimper).

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Nous sommes, vraisemblablement, au tout début du Ve siècle, ou un peu avant. Le fait est que, l’époque étant agitée, les sources sûres nous manquent. Depuis quelques années, l’île de Bretagne, la Grande-Bretagne actuelle, vit des temps difficiles. Venus des rivages de la Mer du Nord et de la Baltique, des barbares, Angles et Saxons, ont pris la fâcheuse habitude d’organiser chaque été des raids sur les côtes britanniques. À peine débarqués, ils pillent, brûlent, violent, détruisent, et repartent chez eux encombrés de butin et de captifs. Comme si cela ne suffisait pas, les voisins s’avisent d’en faire autant : les Pictes d’abord, des Celtes, comme les Bretons, habitants de l’Écosse moderne, que les Romains, faute de les conquérir, découragés par le climat local, ont parqués derrière le Mur d’Hadrien, forteresse longtemps jugée infranchissable, puis les Scotts, qui, comme leur nom ne l’indique pas, sont en réalité les Irlandais d’aujourd’hui. Même s’ils sont du même sang et parlent des langues proches, les Bretons, romanisés et catholiques, n’ont plus aucune affinité avec ces cousins demeurés libres, hors du joug romain, mais païens. Aussi leurs incursions ne leur semblent-elles pas moins catastrophiques que celles des Germains. 

Les Bretons émigrent