Il fait un froid atroce en ce début décembre 1870. À un long été caniculaire qui a grillé les récoltes, succède un hiver prématuré et glacial. Mi-novembre, le thermomètre chute à moins vingt degrés ; le gel prend sur les récentes chutes de neige, couvrant pour près de trois mois les campagnes d’un manteau blanc. Ces frimas intenses ajoutent considérablement aux souffrances de ce qui subsiste des armées françaises…
Déclarée mi-juillet, la guerre contre la Prusse a tout de suite tourné au désastre. Le Second Empire s’est effondré en quelques jours, la république a été proclamée le 4 septembre et, malgré l’immensité de la catastrophe militaire, irréparable, le nouveau gouvernement a refusé de demander un armistice. Les provinces de l’Est et du Nord, la Normandie, la région parisienne sont occupées ; depuis le 16 septembre, Paris est assiégé et, les vivres manquant pour les foules de réfugiés qui ont afflué vers la capitale, on ne tardera pas à y mourir de faim…












