Certains saints obtiennent tout de Dieu parce qu’en retour, ils lui ont tout donné. Tel est le cas de Théophane Vénard qui ne demanda jamais qu’une grâce : celle du martyre et qui l’obtint. Jean Théophane Vénard est né à Saint-Loup-sur-Thouet, dans les Deux-Sèvres, le 21 novembre 1829, jour de la fête de la Présentation de Notre-Dame au Temple. Même si Saint-Loup se targue d’être la lointaine patrie de Voltaire, puisque c’est là que s’enracinait jadis la famille Arouët, on y est pieux et le curé, l’abbé Moineau, distribue les Annales de la Propagation de la foi, bulletin relatant les progrès de l’évangélisation à travers le monde, mais aussi ce qu’il en coûte de souffrances et de sang aux missionnaires d’apporter le message du Christ dans ces contrées lointaines.
Les Missions d’Extrême-Orient, en particulier, constituent souvent un aller simple pour le martyre. Là-bas, l’espérance de vie des jeunes prêtres des Missions étrangères de Paris n’excède pas cinq ans : le climat, les maladies tropicales, les conditions de vie, la méfiance envers « les diables étrangers », la clandestinité, les persécutions vouent ces garçons à une mort prématurée, parfois sanglante et glorieuse, mais plus souvent lente, pénible, obscure et solitaire. De quoi dégoûter de risquer l’aventure. Pourtant, c’est le contraire qui se produit et le trépas de chacun de ces jeunes prêtres, dans le mystère de la communion des saints, fait naître dix vocations.



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