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Haut-Karabakh : “Les Arméniens doivent cohabiter avec un voisin qui souhaite leur anéantissement”

10 min de lecture
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Crédit : AFP

Un village en flammes lors du conflit au Haut-Karabakh, novembre 2020.

Un an après la signature de l’accord de cessez-le-feu au Haut-Karabakh entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, la situation demeure extrêmement instable. "Les Arméniens ont vécu le plus grave traumatisme depuis le génocide de 1915", explique à Aleteia Tigrane Yégavian, chercheur au Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R). Entretien.

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C’était il y a un an. Il a fallu trois tentatives de trêves pour qu’un cessez-le-feu soit conclu entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, dans la nuit du 9 au 10 novembre 2020, après près d’un mois et demi de conflit dans l’enclave du Haut-Karabakh, peuplée et défendue par les Arméniens. "Les Arméniens ont perdu 5.000 jeunes militaires de la classe d’âge 18-25 ans, il y a plusieurs dizaines de milliers de blessés graves et le territoire qu’ils contrôlaient en Artsakh a été amputé de 75% environ", détaille auprès d’Aleteia Tigrane Yégavian, chercheur au Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R) et auteur de l’ouvrage Minorités d’Orient, les oubliés de l’Histoire. "Ils doivent aujourd’hui s’habituer à cohabiter avec un voisin qui souhaite leur anéantissement."

Aleteia : Un an après la signature de l’accord de cessez-le-feu entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, quelle est la situation au Haut-Karabakh ?
Tigrane Yégavian : Un an après le déclenchement de l’agression azérie, rien n’est réglé et la situation demeure extrêmement tendue sur le terrain. Certes l’Azerbaïdjan a remporté une victoire militaire sur le terrain en reprenant le contrôle sur les sept districts qui entouraient l’enclave arménienne, ainsi que la province de Hadrout et la ville ultra symbolique de Chuchi, l’ancienne capitale du Karabagh et réputée forteresse imprenable. En cela la République autoproclamée de l’Artsakh s’est retrouvée réduite à sa portion congrue. Mais elle continue d’exister grâce au concours de la Russie qui y déploie 2.000 soldats de maintien de la paix.