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Une BD passionnante sur les énigmes du Linceul de Turin

brunor linceul

© Les indices pensables

Sylvain Dorient - Publié le 30/09/21

Dans "L’Empreinte transfigurée", Brunor s’attaque à une pièce de lin de quatre mètres de long sur laquelle est imprimée l’une des images les plus célèbres de l’Histoire : le Linceul de Turin. Un vaste sujet pour un album de 56 planches.

Dans ses deux derniers albums, Brunor s’interrogeait sur la nature du Christ, mêlant histoire et théologie lors d’une randonnée imaginaire dans les sables mouvants de la Baie du Mont-Saint-Michel. À présent, il confronte le visage imprimé sur le Linceul de Turin aux sciences dures. Le visage du Christ y est-il effectivement dessiné ? 

L’auteur, sans surprise, tend nettement vers le oui, et pourtant il n’ignore rien des controverses qui entourent l’image de Turin. Pas question, en particulier, de passer à la trappe la fameuse expertise au Carbone 14 réalisée en 1988, qui concluait que le Linceul n’est qu’un « faux médiéval ». « En 1988, je m’intéressais déjà de longue date au Linceul, mais j’avoue que l’expertise m’a ébranlé. Pourtant, dans les années qui ont suivi, les indices en faveur de son authenticité ont continué à s’accumuler », témoigne-t-il. 

Une image en relief

Car enfin, si l’on s’en tient au verdict des professeurs E. Hall et R. Hedges, à savoir que le Linceul aurait été tissé entre « 1260-1390 ! » (sic), ce serait l’œuvre d’un faussaire médiéval génial. Inspiré, même, puisqu’il connaissait en détail la crucifixion telle qu’elle était pratiquée dans l’Empire romain. Or beaucoup de ces détails n’ont été découverts que récemment par les archéologues. Ainsi, la position des clous dans les poignets du condamné -et non dans la paume des mains- représentée sur le Suaire contredit toutes les représentations médiévales. Elle est pourtant juste. Ce faussaire aurait dû aussi disposer d’une pièce de lin pur, sans trace de fibres animales, tissée au Moyen-Orient à l’aide d’une plante indigène gossypium herbaceum, que l’on ne trouve pas en Occident. Il faudrait surtout, qu’il ait eu l’idée de réaliser son image sans pigment, dont il n’y a pas de trace sur le linceul. Il faudrait encore qu’il ait été assez visionnaire pour réaliser une empreinte qui permette de donner une image en relief. Une image dont la complexité et la précision ne sont appréciables que par des chercheurs contemporains, équipés d’instruments de pointe. 

Encore Brunor ne cite-t-il qu’une partie des indices qui l’ont poussé à revoir son jugement. Mais il reste l’inexplicable datation au Carbone 14. Beaucoup d’arguments ont été énoncés contre elle : possibilité d’une « reprise » du tissu, contamination par les incendies auxquels le Linceul a été exposé… Mais un seul semble tout à fait imparable à Brunor.  Le père Jean-Baptiste Rinaudo le formule ainsi : « Tant que nous ignorons la nature de l’empreinte (qui n’est ni une peinture ni une teinture), nous ne pouvons pas considérer les conclusions du C14 comme définitives. Car le phénomène inconnu qui a produit cette empreinte pourrait avoir perturbé la quantité de C14, faussant les résultats obtenus par cette technique. » 

Fort de cette conviction, Brunor invite ses lecteurs à contempler d’un œil neuf cet incomparable Linceul et surtout le visage si magnétique qui y est imprimé. « Ce visage a probablement changé la façon dont nous nous représentons le Christ », constate Brunor. Jusqu’au IVe siècle, les premiers chrétiens représentaient le Christ sous les traits d’un jeune berger, imberbe. Mais ensuite, le visage du Christ a pris les traits de ce Jésus barbu, aux cheveux longs, qui semble directement copié sur le Linceul de Turin. 

Le supplice de Jésus sous le microscope

Mais les études sur le Linceul ont aussi convaincu Brunor de l’importance des recherches scientifiques sur les origines du christianisme. Non seulement la foi n’a rien à y perdre, mais elle peut y gagner en profondeur et en compréhension. Les études sur le Linceul ont permis de démontrer, par exemple, que Jésus crucifié n’était pas hissé haut au-dessus de ceux qui assistaient à son supplice. Il était plus probablement à hauteur d’homme, et ceux qui avaient le droit de venir jusqu’à lui ont effectivement pu rapporter les dernières paroles retranscrites par les évangélistes. Non seulement les indices relevés sur le Linceul concordent avec les Évangiles, mais ils les éclairent et permettent de les appréhender plus concrètement, conclut l’auteur de la série des « Indices Pensables ».

Brunor

L’empreinte transfigurée : 20 énigmes du Linceul de Turin, par Brunor, Les indices pensables, septembre 2021.

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