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Le miracle des 19 fleurs blanches des martyrs de Gorkum

MARTYRS GORCUM

World History Archive / Aurimages

Anne Bernet - Publié le 08/07/21

Ils refusèrent d’abjurer et subirent le plus atroce des supplices le 9 juillet 1572. Voici le récit du martyre des prêtres catholiques de la ville de Gorkum aux Pays-Bas, et du miracle étonnant qui attesta leur sainteté.

En ce début du XVIIe siècle, après des décennies de luttes inexpiables où querelles religieuses entre protestants et catholiques se mêlent aux revendications indépendantistes des Pays-Bas, désireux de se débarrasser de la tutelle espagnole, une trêve fragile s’instaure pour quelques années entre les États indépendants du Stathouder de Hollande et les provinces restées fidèles à la couronne d’Espagne. Les haines s’apaisent un peu, et le fanatisme. Quelques fidèles catholiques de la ville de La Brille osent alors ouvertement se rendre au couvent Sainte-Élisabeth, dans les faubourgs, qui appartenaient jadis aux chanoines réguliers de Saint Augustin. Il ne reste rien, ou presque, de l’ensemble monastique, brûlé par les réformés quarante ans plus tôt, hormis un grenier qui achève de s’écrouler.

C’est à ses deux maîtresses poutres que, dans la nuit du 9 juillet 1572, le comte de La Marck, qui occupe La Brille, a fait pendre, avec des raffinements de cruauté, 19 prêtres et religieux catholiques. Ce qui reste des corps, atrocement mutilés, est abandonné aux bêtes mais, parce qu’il fait chaud, les Gueux, comme se surnomment les insurgés, ont préféré finalement les enterrer à la va-vite, sur le lieu même de leur supplice. Aucune croix, aucun monument ne marque la tombe de ces martyrs mais bien des gens se souviennent des circonstances du drame et de l’identité des victimes.

Nulle pitié à attendre

En ce début des années 1570, la guerre fait rage dans le Plat Pays entre partisans de l’indépendance et tenants de la fidélité aux Habsbourg. Les uns ont basculé dans le protestantisme, les autres sont restés catholiques, et cette dimension religieuse a exacerbé les haines, tout comme la cruauté des deux camps. Guillaume de La Marck, qui tient la région pour Guillaume d’Orange et la Réforme, s’illustre par sa férocité, qui s’exerce spécialement contre les prêtres catholiques, mais les troupes du duc d’Albe, quand elles entrent dans un village acquis aux Gueux, ne manifestent guère, elles non plus, de charité évangélique… Traîtrises, meurtres et massacres se répondent. Les suppliciés crient vengeance, leurs amis veillent à les satisfaire… Il n’y a nulle pitié à attendre de l’ennemi. Tout le monde le sait.

Fin juin 1572, les troupes espagnoles doivent se replier, abandonnant la prospère petite ville de Gorkum ou Gorinchen, sur la Meuse. L’on conseille au clergé catholique, cible favorite des Gueux, et surtout aux frères du couvent capucin, de s’en aller. Tous refusent unanimement à l’exemple du Père Gardien, le supérieur capucin, Nicolas Pik, qui, mis en garde contre le danger et les atrocités des Gueux, répond : « Tout cela est affreux et ma faiblesse naturelle en frémit ; je croirais certes tenter Dieu si je courais de moi-même au-devant de semblables maux, mais je me dois et je dois à mes frères de ne les point fuir et de me confier au Tout Puissant. S’Il m’envoie l’épreuve, Il m’enverra le courage de la supporter. Avez-vous songé à la déplorable impression que produirait la nouvelle de notre fuite ? On en conclurait immédiatement que les catholiques n’ont plus la confiance de pouvoir se défendre et l’audace des uns, l’abattement des autres s’en trouveraient augmentées. » Et il reste, comme ses frères, conscient que seule leur constance peut donner aux fidèles le courage de tenir ferme dans la foi catholique et de ne pas apostasier pour sauver leur vie. Tout juste a-t-il accepté de gagner l’abri de la forteresse, que l’on pense capable de résister jusqu’à l’arrivée des secours espagnols.

C’est là le problème : on les aime

Le 26 juin, les Gueux entrent dans Gorkum par la Meuse, sans coup férir, la population ayant choisi de ne pas résister, prête à se rallier à la Réforme pourvu qu’il ne lui arrivât rien de fâcheux. Quelques heures plus tard, l’imprenable forteresse se rend à son tour. À l’intérieur, Marin Brand, commandant des Gueux, découvre l’élite de la bourgeoisie catholique, dont il fait aussitôt pendre le principal représentant, et les ecclésiastiques. Il y a là les curés de Gorkum, les abbés Godefroy Van Duynen, Léonard Wichel et Nicolas Poppel, l’aumônier d’un couvent de la ville, le père Thierry Emden, et la communauté des Capucins réunie autour de son Gardien, Nicolas Pik, qui se compose entre autres des frères Corneille de Wick, que l’Ordre tient pour « modèle d’obéissance » car on l’a vu, par esprit de pénitence, accepter sans broncher des ordres en apparence absurdes, Jérôme de Werden, qui a longuement vécu en Terre Sainte, Nicaise Johnson, prédicateur apprécié, Willald, chassé par la Réforme de son couvent danois alors qu’il a près de 90 ans, Godefroy de Merville, Antoine de Werden, Antoine de Hornaer, François de Roye, tout jeune et récemment ordonné, et un frère lai, Pierre d’Assche.

Ces hommes, tout le monde le sait à Gorkum, sont inoffensifs et même, à plusieurs reprises, on les a vus intercéder en faveur de prisonniers réformés, les sauvant de la potence, ou favorisant leur évasion. En fait, on les respecte et on les aime unanimement, mais c’est là le problème : pour amener les populations à renier le « papisme », il convient au préalable de supprimer ceux qui en donnent une image trop favorable. Aussi la mort des ecclésiastiques est-elle d’avance programmée et le bourreau convoqué. On s’en doute en ville et les plus courageux cherchent des moyens de les faire libérer. De riches familles catholiques offrent de larges rançons mais, si elles obtiennent la délivrance des captifs laïques, Marin Brand refuse de relâcher les prêtres, excepté leur doyen, l’abbé Van Duynen, qui lui paraît sénile. Le vieillard est déjà sur le seuil de la prison quand un fanatique, le voyant sortir, s’écrie : « Ce fou a bien encore assez sa tête pour fabriquer son Dieu », ce qui signifie, et c’est exact, que Godefroy Van Duynen, tout chenu qu’il est, célèbre encore chaque jour avec piété sa messe. Or, les Gueux se montrent enragés contre l’Eucharistie et la Présence réelle. On remet aussitôt le vieillard au cachot.

Pendant qu’on le torture…

Dans la prison, les vainqueurs sont déjà passés aux choses sérieuses : ils torturent les captifs pour leur faire avouer où sont cachés les trésors que l’on suppose à l’Église et les hosties consacrées. De richesses, ces hommes n’en possèdent pas d’autres que les vases sacrés, qu’ils ont emportés avec eux et sur lesquels les Gueux ont déjà fait main basse ; quant aux saintes espèces, informés des profanations protestantes, ils préfèrent mourir plutôt que les livrer… Afin d’intimider ses confrères, l’abbé Poppel est soumis à de multiples simulacres de pendaison. On lui passe la corde au cou, on le suspend, on le laisse s’étrangler un moment puis on le dépend avant l’asphyxie fatale. On ne tire cependant rien de lui. Pas davantage du père Pik et de ses frères qui répètent qu’ils appartiennent à un ordre mendiant et ne posséent aucune richesse. C’est vrai mais on refuse de les croire. Alors, on s’amuse à brûler le Père Gardien à petit feu, lui grillant la barbe, les sourcils, les cils, lui enfonçant un cierge allumé dans la bouche, lui brûlant la langue et le palais, puis dans les narines, « pour voir s’il était possible de lui incendier le cerveau »… Enfin, alors qu’il défaille de douleur, on le pend à son tour jusqu’à la syncope, puis on coupe la corde et on le laisse pour mort, ce dont le malheureux a tout l’air. Il reprend pourtant conscience un moment après et soupire seulement : « C’eût été acheter le Ciel trop bon marché… »

Pendant qu’on le torture ainsi, d’autres s’acharnent sur ses frères, et surtout sur le vieux père Willald, le Danois nonagénaire. D’anciens catholiques ont trouvé drôle de singer le sacrement de pénitence et feignent de se confesser au prisonnier, lui cornant aux oreilles des insanités, des blasphèmes et la liste triomphale de leurs crimes. À chaque péché ainsi avoué, ils le giflent à la volée sans lui arracher une plainte. À la fin, le vieil homme dévisage son faux pénitent et lui dit d’une voix douce : « Hélas mon fils, je ne puis vous absoudre car la contrition vous manque mais je prierai pour vous. » Ce qui lui valut un redoublement de coups.

Une potence est dressée

Ce qui se passe dans la geôle commence à se savoir en ville et à indigner la population. Inquiet d’un possible soulèvement destiné à sauver les captifs, Marin Brand préfère se décharger d’eux sur son supérieur, Guillaume de La Marck et, dans la nuit du 5 au 6 juillet, les transfère par la Meuse jusqu’à La Brille où se trouve le quartier général des Gueux. Le bateau fait escale à Dordrecht dans la matinée, et la population est autorisée, contre argent, à monter à bord pour insulter les prisonniers. Puis la sinistre croisière reprend. Il fait frais et pluvieux. Peu vêtus, privés de nourriture, les captifs ont froid et faim. Cela n’apitoie personne. Surtout pas La Marck qui leur réserve un accueil à sa façon. « Dix-neuf robes noires ou grises de moins ! », selon ses propres mots, est une bonne affaire mais le chef protestant espére mieux que quelques suppliciés supplémentaires. Il en compte tant déjà à son actif ! Les pousser à l’apostasie sera beaucoup plus efficace et on lui a signalé qu’il y a parmi eux trois ou quatre jeunes cagots que la crainte de la mort et des tortures ébranle… 

En guise d’eau bénite, on les asperge avec le contenu des pots de chambre.

Une potence est dressée sur la place principale. On y conduit les prêtres en une parodie de procession sacrilège, puis on les fait tourner autour interminablement. Des églises pillées, on a sorti les bannières, les croix, les statues des saints et les reliquaires que l’on exhibe parmi les quolibets. L’on contraint les prisonniers à se mêler à cette mascarade et à chanter le Salve Regina puis le Te Deum, les litanies des saints et tout ce qui passe par l’esprit des tortionnaires, car, disent-ils, c’est la dernière fois qu’on entend ici les mômeries papistes. Quand ils ne chantent pas assez fort, on les frappe à coups redoublés. On leur fait aussi entonner l’Asperges me du début de la messe et, en guise d’eau bénite, on les asperge avec le contenu des pots de chambre.

La puanteur est intenable

Bizarrement, au lieu de les épuiser, cette déambulation paraît redonner de la vigueur aux confesseurs qui, maintenant, chantent à pleins poumons et avec une incontestable ferveur, ce qui commence à troubler certains spectateurs. On préfère les conduire en prison. Quatre autres prêtres s’y trouvent déjà détenus. Il s’agit du curé de Maesdam et de celui d’Haenort, l’abbé André Walter, ainsi que de deux prémontrés de l’abbaye zélandaise de Middelberg, le frère Adrien Jansen, et son vicaire, Jacques Lacoupe, desservants de la paroisse de Munster. Le parcours du frère Jacques Lacoupe le désigne à la haine des réformés car, quelques années plus tôt, très jeune, il a abandonné son abbaye pour rallier les Gueux et se faire protestant, avant, saisi de remords, de réintégrer l’ordre de Prémontré où on l’a reçu et réconcilié. C’est le genre de détail qui ne se pardonne pas… En attendant, et pour mieux affaiblir leur résistance, on les enferme dans un cachot souterrain, le plus bas de la prison, dans lequel s’écoulent les latrines de tout le bâtiment. Pour échapper à ce flot pestilentiel, il leur faut rester debout dans l’obscurité sur une étroite plate-forme. La puanteur est intenable. On les tire de ce cloaque en fin de journée pour les soumettre à des interrogatoires puis opposer les sept théologiens du groupe à des pasteurs protestants mais cette confrontation tourne à la déconfiture des réformés qui se trouvent pris à leurs propres questions. On abrège donc le débat.

Pendant ce temps, les interventions se multiplient en faveur des captifs. Les pétitions des habitants de Gorkum s’accumulent, au point que Marin Brand, contrarié, se croit obligé de les transmettre, en les appuyant, à Guillaume d’Orange, lequel écrit à La Marck pour lui ordonner d’épargner les religieux. Loin de les sauver, cette démarche allait accélérer leur mort. Le comte de La Marck aime les tortures qu’il inflige et la peur qu’il inspire. Bon chef de guerre, il sait ce que les Gueux lui doivent et ne tolère pas de recevoir des ordres. Comme il le dit, il n’a pas rompu son serment de fidélité au roi d’Espagne pour obéir à Guillaume d’Orange. Non seulement il ignore ses consignes, mais prend un malin plaisir à les enfreindre. Il était 1h du matin le 9 juillet quand, ivre mort ou peu s’en faut, il donne l’ordre d’exécuter immédiatement les prisonniers.

« Comme de vaillants soldats du Christ ! » 

Nicolas Pik, le Gardien des Capucins, est alors en compagnie de plusieurs de ses parents qui tentent de le convaincre d’accepter d’abjurer pour avoir la vie sauve. Il répond à toutes leurs sollicitations : « Mieux vaux mourir maintenant et aller au Ciel que plus tard et tomber en enfer. » Et il suit les bourreaux qui viennent le chercher. Il faut que La Marck soit bien saoul, ou qu’il ait bien peur de perdre ses prisonniers, pour bâcler de la sorte les choses et renoncer à une exécution publique. On conduit les prisonniers en dehors de la ville. On leur adjoint un dominicain, Jean de Cologne, curé de Hornaert, qu’on vient d’arrêter en train de baptiser un enfant selon le rit catholique. Le groupe parvient ainsi jusqu’aux ruines du couvent Sainte-Élisabeth, qui abritait jadis la communauté de l’un d’entre eux, le père Jean d’Osterwick, chanoine régulier de Saint Augustin. Les poutres de la vaste grange se prêtent à une exécution collective. 

Tandis qu’on lui passe la corde au cou, le capucin se tourne vers ses frères et s’écrie joyeusement : « Suivez-moi au chemin du Ciel comme de vaillants soldats du Christ ! »

Arrivés sur les lieux du supplice, les prêtres se donnent mutuellement l’absolution puis se laissent dépouiller de leurs vêtements car, pour ajouter à l’humiliation, ordre a été donné de les pendre nus. La Marck avait aussi exigé de tuer en premier Nicolas Pik, qu’il tient pour le chef du groupe. Tandis qu’on lui passe la corde au cou, le capucin se tourne vers ses frères et s’écrie joyeusement : « Suivez-moi au chemin du Ciel comme de vaillants soldats du Christ ! » Ce furent ses derniers mots. Il avait 38 ans. Ses deux assistants, les pères Jérôme de Werden et Nicaise Johnson, prennent alors la relève et exhortent leurs compagnons, dont certains faiblissent, à demeurer fermes dans la foi jusqu’au bout, répétant à ceux qui veulent les convaincre d’abjurer : « Vous perdez votre temps. Nous sommes tous papistes jusqu’à la mort. » Néanmoins, le plus jeune du groupe, un novice capucin nommé Henri, saisi de panique, cède aux instances du pasteur protestant qui prétend assister les suppliciés et, en signe de son abandon du catholicisme, répète après lui les blasphèmes qu’il profère contre Notre-Dame. Alors, quoique ligoté, le père Jérôme, qui ne supporte pas d’entendre ainsi insulter sa Reine, trouve moyen de décocher à l’hérétique un coup de pied qui le fit durablement taire. « C’est toi, ministre de Satan, qui répondra devant Dieu de la perte éternelle de cet enfant ! » s’écrie le frère. Au lieu de le pendre, on le massacra à l’arme blanche, lentement, avec des raffinements de cruauté. Tandis qu’on le découpe vivant, cet ancien de Terre Sainte prie pour ses bourreaux, et pour le Salut du novice qui, en effet, plus tard, revint à la foi catholique et put raconter la mort de ses frères. Le frère Nicaise et l’abbé Poppel sont pendus ensuite. 

Le dernier supplicié

Puis la cadence s’accélère, et, comme les bourreaux sont pressés d’en finir, et qu’ils ne se soucient pas d’abréger les souffrances des martyrs, ils pendent n’importe comment, se bornant à accrocher les suppliciés par le cou à la poutre, de sorte qu’ils n’ont pas la nuque rompue et étouffent lentement dans une agonie atroce et interminable. Celle du frère Nicaise se prolonge jusqu’au lever du soleil, soit près de quatre heures… Ce spectacle a de quoi épouvanter et l’un des capucins, le frère Guillaume, quand vient son tour, tombe à genoux en suppliant qu’on l’épargne, reniant tous les dogmes romains ; on lui fait grâce. Le dernier supplicié est le vieil abbé Van Duynen, que l’on a voulu faire passer pour gâteux et qui, craignant un mouvement de pitié de la part des persécuteurs, se précipite vers la corde en disant : « Hâtez-vous de m’associer à mes frères, je vois le Ciel ouvert ! »

Ils s’acharnent sur les cadavres, les éventrent, les mutilent, les dépècent, en arrachent cœurs, foies, entrailles, qu’ils vont vendre, avec d’autres morceaux, au marché de Gorkum sous l’appellation de « viande de moines…

Ainsi périssent Nicolas Pik, Corneille de Wick, Jérôme de Werden, Nicaise Johnson, Willald, Godefroy de Merville, Antoine de Werden, Antoine de Hornaer, François de Roye, Pierre d’Assche, Adrien Jansen, Jacques Lacoupe, Jean de Cologne, Jean d’Oosterweck, Godefroy Vand Duynen, Thierry Emden, Léonard Wichel, Nicolas Poppel et André Walter. Les tortures et la lente agonie infligées à leurs victimes n’ont pas encore satisfait les Gueux. Ils s’acharnent sur les cadavres, les éventrent, les mutilent, les dépècent, en arrachent cœurs, foies, entrailles, qu’ils vont vendre, avec d’autres morceaux, au marché de Gorkum sous l’appellation de « viande de moines » ; il y eut des acheteurs. Pendant ce temps, les gens de La Brille sont autorisés, contre entrée payante, à défiler dans la grange où pendent, comme à des crocs de boucher, les restes des dépouilles. On les jette enfin à la fosse commune parce qu’il se met à faire chaud.

Une surprise attend

Voilà ce dont bien des gens se souviennent encore en cette année 1615, pour l’avoir entendu raconter, ou pour en avoir été témoins. Profitant de l’apaisement des esprits, les catholiques obtiennent le droit d’aller récupérer ce qui reste de ceux que l’on appelle à mi-voix « les martyrs de Gorkum », quoique plusieurs des suppliciés ne sont originaires de cette ville. Le but est de recueillir des reliques qui sont transférées à Bruxelles, en vue de l’ouverture d’une enquête sur la réalité du martyre et le début d’une procédure de béatification. Or une surprise attend les premiers à se recueillir sur la tombe : la fosse est entièrement recouverte d’une multitude de petites fleurs blanches d’une rare beauté qui répandent un parfum délicieux. Nul n’en a jamais vu de semblables dans la région, ni d’ailleurs, comme les botanistes ne tardent pas à l’affirmer, en d’autres régions d’Europe ou du monde. Saisis de stupeur, les pèlerins qui se pressaient toujours plus nombreux se mettent à cueillir ces fleurs miraculeuses à foison ; mais au lieu de disparaître, elles fleurissent de plus belle, croissant et multipliant sur la tombe.

Un curé d’Utrecht, l’abbé de Oorschat, qui vient se recueillir sur la tombe, en rapporte une branche de fleurs blanches, trois ou quatre au plus, qu’il place dans une boite en souvenir, mais, au lieu de sécher, les fleurs restent fraîches et parfumées comme à l’instant de leur cueillette. Plus surprenant encore, alors qu’il les a oubliées dans un placard depuis des mois, le prêtre a la surprise, en rouvrant le coffret, de trouver à la place de la brindille qu’il s’attend à découvrir fanée tout un bouquet de fleurs épanouies, brillantes de rosée, dégageant un parfum exquis. Il compte les corolles et reste stupéfait : il y en avait dix-neuf, autant que de martyrs. Ce miracle hâta l’avancée de la cause. Le procès de béatification, entamée en 1628, aboutit le 24 novembre 1675 à la béatification des martyrs de Gorkum. On leur attribue trente-deux miracles de guérison. Ils sont canonisés le 29 juin 1867.

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